Citation de Pablo Neruda

mardi 21 janvier 2014

LUIGI NONO, EPITAFFIO N°1 - LA GUERRA (PABLO NERUDA)

LUIGI NONO ‎– COMO UNA OLA DE FUERZA Y LUZ 

« LA GUERRA -  EPITAFFIO N°1 - TEXTE PABLO NERUD, MUSIQUE DE LUIGI NONO », 
DANS  ROSWITHA TREXLER, SOPRANO ET RÉCITANTE / WERNER HASELEU, BARYTON 
ET RÉCITANT / RUNDFUNKCHOR LEIPZIG / RUNDFUNK-SINFONIE-ORCHESTER LEIPZIG 
/ DIR. HORST NEUMANN.  .  
 DURÉE : 00:04:24 



« EPITAFFIO N° 1 : ESPAÑA EN EL CORAZÓN (1952/53) : STUDI PER SOPRANO SOLO, BARITONO SOLO, CORO PARLATO E STRUMENTI, SU TESTI DI FEDERICO GARCÍA LORCA E PABLO NERUDA / LUIGI NONO ; FEDERICO GARCÍA LORCA ; PABLO NERUDA» (L'ESPAGNE AU CŒUR : ETUDE POUR SOPRANO ET BARYTON SOLOS, CHŒUR PARLÉ ET INSTRUMENTS, SUR DES TEXTES DE F. GARCÍA LORCA ET PABLO NERUDA.)

LA GUERRA (1936)

España, envuelta en sueño, despertando 
como una cabellera con espigas, 
te vi nacer, tal vez entre las breñas 
y las tinieblas, labradora, 
levantarte entre las encinas y los montes 
y recorrer el aire con las venas abiertas. 

Pero te vi atacada en las esquinas 
por los antiguos bandoleros. Iban 
enmascarados, con sus cruces hechas 
de víboras, con los pies metidos 
en el glacial pantano de los muertos. 

Entonces vi tu cuerpo desprendido 
de matorrales, roto
sobre la arena encarnizada, abierto, 
sin mundo, aguijoneado en la agonía. 

Hasta hoy corre el agua de tus peñas 
entre los calabozos, y sostienes 
tu corona de púas en silencio, 
a ver quién puede más, si tus dolores 
o los rostros que cruzan sin mirarte. 

Yo viví con tu aurora de fusiles, 
y quiero que de nuevo pueblo y pòlvora 
sacudan los ramajes deshonrados 
hasta que tiemble el sueño y se reúnan 
los frutos divididos en la tierra.

LUIGI NONO (29 JANVIER 1924 - 8 MAI 1990, VENISE, ITALIE). PABLO NERUDA, NOM DE PLUME DE NEFTALÍ RICARDO REYES BASOALTO, EST UN POÈTE CHILIEN, NÉ LE 12 JUILLET 1904 À PARRAL (PROVINCE DE LINARES, CHILI), MORT LE 23 SEPTEMBRE 1973 À SANTIAGO DU CHILI.

mercredi 15 janvier 2014

PAGES ARRACHÉES AUX DISCOURS DE RÉCEPTION DES PRIX NOBEL DE LITTÉRATURE



FICTIONS / LE FEUILLETON CHEZ FRANCE CULTURE L'ÉMISSION DU
   4 DÉCEMBRE 2013  « PAGES ARRACHÉES AUX DISCOURS DE RÉCEPTION
 DES PRIX NOBEL DE LITTÉRATURE », PABLO NERUDA .  
 DURÉE : 00:24:59 



PABLO NERUDA EN 1966.
PHOTO FRED STEIN 

De 1901 à 2013, le prix Nobel de littérature a récompensé 110 écrivains et honoré 25 langues dans lesquelles ils ont bâti leur œuvre. Tous les ans, dans  les premiers jours de décembre, les lauréats se sont succédé sous les ors de l’Académie de Stockholm. Les discours qu’ils prononcent alors ne sont en rien complaisants ou académiques ; ce sont des textes inspirés, puissants et souvent surprenants, sur la création littéraire, sur l’enjeu vital et affectif qu’elle représente.

Certains écrivains affirment l’engagement politique lié à l’acte d’écrire et de publier, d’autres convoquent de lointains et intimes souvenirs, rendent hommage aux personnages – le plus souvent obscurs et parfois illettrés-, au pays, à la langue, auxquels ils doivent leur honneur présent. D’autres encore saluent les écrivains dont la lecture a initié et accompagne leur travail. 
COUVERTURE  RÉCEPTION DES ÉCRIVAINS AYANT REÇUS LE PRIX NOBEL DE LITTÉRATURE DEPUIS 1901.
AUTEUR(S)    : EGLAL ERRERA
THÈME            : ESSAIS LITTÉRAIRES ET REVUES
COLLECTION : FLAMMARION DOCUMENTS ET ESSAIS
PARUTION     : 23/10/2013
FORMAT         : 14X20X5.5 CM
PRIX               : 25,00 €

EAN                 : 9782081307278

Ces discours ont enfin été réunis dans une anthologie publiée par les éditions Flammarion en partenariat avec France Culture et nous avons demandé à Eglal Errera – qui a dirigé et présenté cette anthologie - de choisir onze écrivains dont les discours lui semblaient indispensables, pour les donner à entendre aux auditeurs de France Culture. Du norvégien Bjørnstjerne Bjørnson (1903) au péruvien-espagnol Mario Vargas LLosa (2010), en passant par le français Albert Camus (1957), le russe Soljenitsyne (1970) ou le hongrois Imre Kertész (2002), autant de réflexions uniques sur l’écriture livrées ici à la méditation de chacun.


lundi 6 janvier 2014

LE « COUSIN » DE LA PRÉSIDENTE

S’il est Bisontin de longue date, l’ancien président et actuel vice-président de l’ADDSEA (association départementale du Doubs de sauvegarde de l’enfant à l’adulte) a toutes les racines de son arbre généalogique implantées en terre bourguignonnes. Dont une bonne partie à Chassagne-Montrachet, en Côte-d’Or, d’où un certain Louis-Joseph Bachelet est parti pour le Chili en 1869, emportant avec lui des plans de pinot et de chardonnay.

Or, celui qui devait être l’arrière-arrière-grand-père de l’actuelle présidente du Chili Michelle Bachelet n’était autre qu’un descendant de Pierre Bachelet, lui-même frère de Philibert, ancêtre lointain (nous sommes en 1668) d’Hubert Moreau.

Qui plus est – et plus proche – l’arrière-grand-père de celui-ci, Nicolas-Joseph Moreau (1825-1890) avait épousé en 1861 Anne-Marie Bachelet.

« J ’ai la chance d’avoir eu un grand-père qui était passionné de généalogie et un cousin germain féru d’histoire qui a repris le flambeau », explique Hubert Moreau en feuilletant « Le livre des Moreau », précis et précieux ouvrage où sont consignées les notices biographiques de ses aïeux, dont la plupart vécurent entre Beaune, Pommard, Volnay et Chalon-sur-Saône.

« Ça fait partie de la tradition orale familiale »

Le cousinage avec Michelle Bachelet ? « Je crois que je l’ai toujours su. Ça fait partie de la tradition orale familiale. Et puis, comme beaucoup de gens de mon époque, je sais ce que je faisais et où je me trouvais le 11 septembre 1973 (NDLR. jour du coup d’État militaire au Chili). C’est une date qui nous a beaucoup marqués. D’autant que par la suite nous avons été au courant du sort de la famille Bachelet, Alberto le père de Michelle, étant mort l’année suivante après avoir été torturé par la dictature de Pinochet, tandis que sa femme et sa fille étaient également incarcérées et torturées à Santiago avant d’être libérées en 1975. »

A-t-il déjà rencontré sa célèbre cousine ? « Oui, une fois, en 2009, lors de son premier mandat de présidente. Elle était venue en Bourgogne sur la terre de nos ancêtres communs et, comme je savais qu’elle avait fait ses études de médecine en Allemagne, je l’ai apostrophée en allemand en l’appelant ’’Hé cousine !’’ au milieu de tous ceux qui lui lançaient du ‘’Présidente, présidente !’’ Ça l’a surprise, elle est venue vers mois et nous avons discuté en tête à tête quelques minutes. » S’il ne désespère pas de faire un jour le voyage au Chili, il attend pour l’heure de suivre la cérémonie d’investiture de Michelle Bachelet le 11 mars prochain. « Être réélue à la tête d’un pays, ça a de la gueule non ? On en connaît ici qui en rêvent ! »

Pierre LAURENT

dimanche 5 janvier 2014

LES CANDIDATS AU PRIX NOBEL DE LITTÉRATURE DE 1963

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GEORGES SÉFÉRIS, NOM DE PLUME DU POÈTE GREC 
YÓRGOS SEFERIÁDIS (ΓΙΏΡΓΟΣ ΣΕΦΕΡΙΆΔΗΣ), 
LAURÉAT DU PRIX NOBEL DE LITTÉRATURE EN 1963.
Sur les quatre-vingt personnes proposées pour le Prix Nobel de Littérature de l’année 1963, vingt-deux étaient de nouveaux candidats. Parmi eux se trouvait notamment le président français Charles de Gaulle alors président de la République, ainsi que la poétesse juive allemande Nelly Sachs, qui l’a reçu en 1966. 

Le Comité du Nobel délivra une « short-list » de six noms, considérés comme les plus pertinents de cette année: 

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WYSTAN HUGH AUDEN 
Le poète grec Giorgos Séféris; le poète anglo-américain WH Auden et le poète chilien Pablo Neruda; l’irlandais Samuel Beckett; le romancier japonais, poète et dramaturge Yukio Mishima et l'écrivain danois Aksel Sandemose.

Trois candidats furent retenus pour le Prix Nobel de littérature de 1963: 1. Giorgos Séféris, 2. WH Auden 3. Pablo Neruda.

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ANDERS ÖSTERLING. 
PHOTO SVERIGES TELEVISIO
N, SVT 
Le journal conservateur suédois Svenska Dagbladet, qui a consulté les archives du prix, révèle que l'académie avait refusé d’octroyer le prix Nobel pour des raisons extra-littéraires à Mikhail Cholokhov, Vladimir Nabokov, Samuel Beckett et Pablo Neruda.


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VLADIMIR NABOKOV
À ROME, ITALIE  1959. 
« Le Quotidien suédois » affirme que le secrétaire perpétuel de l'Académie suédoise, Anders Österling, jugeait l'auteur de Lolita, Vladimir Nabokov, d’«immoral». L'œuvre de Beckett, quant à elle, fut jugée trop «négative, nihiliste et à bien des égards déprimante». 




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SAMUEL BECKETT EN 1964.
PHOTO STEVE SCHAPIRO
Si ces deux candidats n’ ont pas répondu aux intentions morales du Nobel, ce serait plutôt la question politique qui aurait porté préjudice à l’élection de l’écrivain soviétique Mikhail Cholokhov et du poète communiste Pablo Neruda. Österling -un ancien du Svenska Dagbladet- apprécie Neruda en tant que poète, mais « il est sceptique quant à son activisme politique, de la propagande et des hommages à Staline: La question est ici de savoir si la tendance communiste de plus en plus dominante dans sa poésie est conforme à l'objectif du Prix Nobel.»

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MIKHAÏL CHOLOKHOV EN 1967. 
PHOTO RIA NOVOSTI 

Le Prix Nobel fut finalement décerné cette année-là au poète grec Giorgo Séféris







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ARTUR LUNDKVIST ET SA
FEMME MARIA WINE EN 1963.

PHOTO GUNNAR SODERGREN
Artur Lundkvist écrivain, poète et traducteur suédois qui introduit en Suède les littératures africaines et latino-américaine dès 1930, fut élu à l'Académie suédoise en 1968. Il y succède, en tant qu’un des 18 membres, à Gunnar Ekelöf. Lundkvist a soutenu avec succès la candidature du chilien Neruda qui a obtenu le Prix Nobel en 1971.

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GUNNAR HAGGLOFF ET PABLO NERUDA À PARIS, EN OCTOBRE 1971. PHOTO EFE
Mikhail Cholokhov reçut le Prix Nobel en 1965 et Samuel Beckett, en 1969.

Ainsi, la puissance créatrice  et la richesse des univers littéraires parvint à forcer à plusieurs reprises les cadres rigides et conservateurs établis par certains membres de l’Académie Suédoise...

samedi 30 novembre 2013

LE RÊVEUR DE PAM MUÑOZ RYAN: MEILLEUR LIVRE JEUNESSE 2013

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RICARDO ELIECER NEFTALÍ REYES BASOALTO ENFANT 
À partir de quelques épisodes biographiques connus, la romancière s'est approchée de la vie du Prix Nobel. Une santé fragile, une belle-mère protectrice et un père tyrannique font que le jeune Neftali quitte peu la chambre, rêvassant, collectionnant les scarabées et griffonnant dans ses cahiers. Au grand dam du maître de maison! Grâce à son oncle, directeur d'un journal local, il publiera quelques articles faisant naître en lui l'homme de lettres engagé autant qu'il déclenchera les foudres paternelles. Etudiant, il prendra un pseudonyme pour vivre pleinement sa passion. 

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COUVERTURE DE « THE DREAMER » DE
PAM MUÑOZ RYAN, CHEZ  SCHOLASTIC PRESS, NEW YORK
Ponctué de courts textes issus du Livre des questions, ce roman enchante car il prouve que rien n'arrête une vocation. « Je suis la poésie sillonnant le grand bleu [...] je cherche un cœur sans méfiance. Regarde. Regarde-moi ». Plus qu'un fil tissé vers l'univers de Neruda, Le Rêveur constitue une passerelle où poser le pied pour entrer en Poésie. 

Le Rêveur, par Pam Muñoz Ryan. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Pascale Houssin, ill. Peter Sís (Bayard).  

mardi 12 novembre 2013

neruda pez

PAS DE TRACES DE POISONS DANS LES RESTES DE PABLO NERUDA

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LE PHOTOGRAPHE BRÉSILIEN EVANDRO TEIXEIRA A COUVERT SECRÈTEMENT LA MORT DE NERUDA. IL A PU S'INTRODUIRE À LA CLINIQUE « SANTA MARIA », EN CACHANT SON APPAREIL PHOTO « LEICA » SOUS SA CHEMISE.  PHOTO EVANDRO TEIXEIRA
Les analyses des ossements ont été réalisées par un groupe interdisciplinaire de scientifiques, comptant 13 experts et trois observateurs. Ils ont été effectués au Chili, en Espagne et aux États-Unis. Les tests ont tenté de déceler des traces de poisons y compris le thallium ou l'arsenic - mais ce sont en tout plus de 2000 agents chimiques qui ont été passés au crible. 

Or, le seul élément détecté est un dérivé du dipyrone, médicament utilisé dans les années 70 pour lutter contre... le cancer de la prostate. « Nos résultats signifient qu'il n'existe aucune preuve médico-légale impliquant une mort non naturelle », a expliqué Francisco Etxeberria, anthropologue de l'université du Pays Baque en Espagne, et membre de la commission scientifique d'analyse. 

Ce qui est en revanche flagrant, c'est que les rayons X attestent d'une multitude de métastases, issues du cancer à la prostate dont été victime le poète. « Diverses techniques complémentaires ont confirmé la présence de métastases dans divers segments du squelette en correspondance avec la maladie pour laquelle était traité M. Pablo Neruda », indique pour sa part Patricio Bustos, directeur du Service Médico-légal (SML) du Chili, cité par l'AFP.

De nouveaux examens en perspective

La thèse de l'assassinat n'est pour autant pas écartée: en effet, l'équipe de Etxebarria explique que l'absence de preuve scientifique tient plutôt à ce que les traces résiduelles de poisons dans l'organisme se sont estompées depuis le temps. Un agent comme le gaz sarin ne serait présent qu'à des niveaux absolument indétectables.

Le juge Mario Carroza, a ajouté que de nouveaux tests pourraient être nécessaires et demandés, notamment pour s'assurer que les restes exhumés de la tombe, dans la maison de campagne de Isla Negra, au Chili... sont bien ceux du poète. 

À l'origine de cette demande de tests, l'ancien chauffeur de Neruda, Manuel Araya. Ce dernier avait affirmé que le Nobel de littérature avait reçu une injection suspecte, lors de son arrivée à la clinique de Santiago. En regard des accointances avec le parti communiste, dont il était un membre éminent, mais également ses amitiés avec le leader socialiste, Salvador Allende, la mort de Neruda pouvait avoir du sens, pour le futur dictateur de de droite, Pinochet. 

Pour Rodolfo Reyes, neveu de Neruda, cette nouvelle n'apporte rien de plus qu'un besoin d'approfondir l'enquête. « Nous devons continuer à enquêter. Cela ne fait que commencer », assure-t-il. Surtout que les tribunaux chiliens sont actuellement en train d'étudier la mort de l'ancien président Eduardo Frei, décédé dans la même clinique que Neruda. Un autre politicien, arrivé pour un problème de hernie, serait décédé dans d'étranges conditions, en 1982, après qu'une infection lui a été détectée...

vendredi 8 novembre 2013

MORT DE PABLO NERUDA «AUCUN AGENT CHIMIQUE N’A ÉTÉ DÉTECTÉ», POUR LA JUSTICE CHILIENNE

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PABLO NERUDA. AGENCE DE PRESSE XINHUA, CHINE

Le juge Mario Carroza ne boucle cependant pas
LE MÉDECIN GUILLERMO REPETTO  
l’affaire. L’avocat de la famille demandera d’autres analyses de substances cette fois biologiques pouvant conclure à un assassinat. Une cause de décès que les experts internationaux n’écartent pas non plus, comme l'explique le toxicologue espagnol Guillermo Repetto.

« Il existe des substances qui disparaissent très rapidement des restes osseux, nous n’écartons pas la possibilité qu’elles aient pu exister. Ce que nous disons, c’est que nous n’avons pas détecté de substance qui indique qu’il faille écarter la mort naturelle. »

Parmi ces substances volatiles, il y a le gaz sarin, un gaz utilisé par la dictature. Si le doute persiste, l’hypothèse de la mort naturelle tout de même s’impose chaque fois plus.

CHILI : LE PRIX NOBEL PABLO NERUDA NE SERAIT PAS MORT D'EMPOISONNEMENT

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« PABLO A VOULU ÊTRE TRANSPORTÉ CHEZ LUI. NOUS NE L’EMMÈNERONT NULLE PART AILLEURS», A PRÉVENU MATILDE. CERCUEIL DE PABLO NERUDA. PHOTOGRAPHIE D'EVANDRO TEIXEIRA
PABLO NERUDA
« Diverses techniques complémentaires ont confirmé la présence de métastases dans divers segments du squelette en correspondance avec la maladie pour laquelle était traité M. Pablo Neruda », a-t-il précisé lors d'une conférence de presse.

Les examens réalisés par des universités espagnoles et américaines n'ont « pas permis de trouver l'étiologie de causes non naturelles dans la mort de Pablo Neruda » , a ajouté l'expert.

Cette enquête visait à déterminer si Pablo Neruda était bien mort d'un cancer de la prostate le 23 septembre 1973, comme l'affirme son certificat de décès, ou s'il a succombé à une mystérieuse injection faite la veille de son départ pour le Mexique où il envisageait de s'exiler pour y diriger l'opposition au général Pinochet, comme l'affirme celui qui était à l'époque son chauffeur, Manuel Araya.


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UNE DE L'HUMANITÉ DU 27 SEPTEMBRE 1973  CONSACRÉ AUX LES OBSÈQUES DU POÈTE PABLO NERUDA 

Après une longue bataille judiciaire, l'exhumation des restes de Pablo Neruda a été réalisée en avril dernier à Isla Negra, sur la côte centrale du Chili, lieu de résidence du poète où il était enterré.

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LE CERCUEIL AVEC LA CADAVRE DE PABLO NERUDA
EST POSÉ À MÊME LE SOL. PHOTO EVANDRO TEIXEIRA

Selon la version officielle du régime militaire, Pablo Neruda est mort d'un cancer de la prostate le 23 septembre 1973, 12 jours après le putsch du général Pinochet contre le président socialiste Salvador Allende, grand ami du poète.

lundi 21 octobre 2013

LE PRIX NOBEL EN 1971

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PABLO NERUDA REÇOIT LE PRIX NOBEL DE LITTERATURE 1971 DES MAINS DU ROI DE SUEDE  

Finalement, comme on le sait, on m'attribua le Prix Nobel. En 1971, je venais d'arriver à Paris comme ambassadeur du Chili, quand on vit mon nom à nouveau cité dans les journaux. Mathilde et moi fronçâmes les sourcils. Habitués à la déception annuelle, nos peaux s'étaient durcies à la nouvelle. Un soir d'octobre, Jorge Edwards, écrivain et conseiller de notre ambassade, entra dans la salle à manger. Avec la parcimonie qui le caractérise, il me proposa un pari très simple. Si on me décernait cette année le Prix, je l'inviterais lui et sa femme dans le meilleur restaurant de Paris. Dans le cas contraire, il paierait mon repas et celui de Mathilde. 

- D'accord! lui dis-je. Nous allons manger merveilleusement et à tes frais! 

Une partie du secret de Jorge Edwards et de son hasardeux pari s'éclaircit le lendemain. J'appris qu'une de ses amies, journaliste et écrivain, lui avait téléphoné de Stockholm pour lui dire que Pablo Neruda avait cette fois toutes les chances d'obtenir le Prix Nobel. 

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PABLO NERUDA AVEC LES LAUREATS DU PRIX NOBEL 12 DECEMBRE 1971 A STOCKHOLM PHOTO BETTMANN-CORBIS

Les journalistes commencèrent à m'appeler de très loin, de Buenos Aires, de Mexico, et surtout d'Espagne. 

En Espagne, c'était un fait acquis. Naturellement, je me refusai à toute déclaration, mais mes doutes réapparurent. 

Ce soir-là, Arthur Lundkvist, le seul ami écrivain que j'eusse en Suède, vint me rendre visite. Lundkvist était académicien depuis trois ou quatre ans. Il arrivait de Son pays et se rendait dans le midi de la France. Au café, je lui fis part de mes difficultés pour répondre aux journalistes qui, sur des téléphones internationaux, m'interrogeaient à propos du prix qu'ils m'attribuaient sans plus attendre.

 - Je voudrais te demander une chose, Arthur, lui dis-je. Si c'est la vérité, j'aimerais beaucoup le savoir avant la presse. Je voudrais l'annoncer en priorité à Salvador Allende, avec qui j'ai tant lutté. Il sera très heureux d'être le premier à recevoir la nouvelle. 


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PABLO NERUDA ET SON PRIX NOBEL DE LITTERATURE 1971

Les yeux suédois du poète académicien Lundkvist me regardèrent gravement, très gravement: 

- Je ne peux rien te dire. S'il y a du nouveau, le roi de Suède ou notre ambassadeur à Paris te le communiqueront par un télégramme. 

Ceci se passait le 19 ou le 20 octobre. Le 21, au matin, les salons de l'ambassade commencèrent à se remplir de journalistes. Les opérateurs des télévisions suédoises, allemandes, françaises et latino-américaines montraient une impatience qui menaçait de se transformer en émeute devant mon mutisme, dû simplement au manque d'information. À onze heures et demie, l'ambassadeur de Suède m'appela pour me demander de le recevoir, sans autres précisions, ce qui ne contribua pas à calmer les esprits, puisque notre entrevue devait avoir lieu deux heures plus tard. Les téléphones, eux, continuaient de sonner hystériquement. 

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PABLO NERUDA REÇOIT LE PRIX NOBEL DE LITTERATURE 1971 DES MAINS DU ROI DE SUEDE  

Au même instant, une radio de Paris lança un flash, une nouvelle de dernière minute annonçant que le Prix Nobel 1971 venait d'être décerné « au poète chilien Pablo Neruda ». Je descendis aussitôt affronter la tumultueuse assemblée des organismes d'information. 

Heureusement, je vis apparaître alors mes vieux amis Jean Marcenac et Aragon. Marcenac, grand poète et qui est comme mon frère en France, poussait des cris de joie. Aragon, de son côté, paraissait plus heureux que moi de la nouvelle. Tous deux m'aidèrent dans cette difficile corrida avec les journalistes. 

Je venais d'être opéré, j'étais encore très faible et marchais avec peine, j'avais assez peu envie de me mouvoir.

Extrait de J'avoue que j'ai vécu de Pablo Neruda. Traduit par Claude Couffon. Éditions Gallimard, collection "Folio" pages 451 et 452

mardi 24 septembre 2013

CHILI : 40 ANS APRÈS LA MORT DE PABLO NERUDA

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LE PHOTOGRAPHE BRÉSILIEN EVANDRO TEIXEIRA A COUVERT SECRÈTEMENT LA MORT DE NERUDA. IL A PU S'INTRODUIRE À LA CLINIQUE « SANTA MARIA », EN CACHANT SON APPAREIL PHOTO « LEICA » SOUS SA CHEMISE.  PHOTO EVANDRO TEIXEIRA

À l’époque, une version officielle fut fournie très vite aux medias : le poète est décédé de mort naturelle, emporté par le cancer. Mais tout aussi vite, certains amis de l'artiste ont démenti cette version.
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LA MISE EN BIÈRE DE PABLO NERUDA EN
SEPTEMBRE 1973, DANS UN COULOIR DE LA
MORGUE À LA CLINIQUE « 
SANTA MARIA »
À SANTIAGO. PHOTO EVANDRO TEXEIRA
Deux témoignages sortent du lot. D'abord celui de Manuel Araya, ancien chauffeur et assistant du Nobel chilien qui conteste la version officielle et dénonce une « mort induite ».  Selon lui, le poète a été hospitalisé quelques heures avant sa mort et a reçu une injection dissimulée, autrement dit, il a été  empoisonné. Un deuxième témoignage, celui de l'ambassadeur du Mexique au Chili, Gonzalo Martinez, qui a vu Neruda juste avant sa mort, va dans le même sens. Il confirme que le poète était malade, mais sûrement pas à l'agonie. L'ambassadeur Martinez avait préparé la sortie du Chili de Neruda. Le président mexicain de l'époque, Luis Echeverria, avait mis à sa disposition un avion, pour permettre au poète de quitter plus aisément le pays pour Mexico, le 24 septembre 1973. Neruda est mort quelques heures avant ce voyage. 


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L’EXHUMATION DES RESTES DU POÈTE PABLO NERUDA A COMMENCÉ LUNDI 8 AVRIL 2013 À ISLA NEGRA, SUR LA CÔTE CENTRALE DU CHILI. LA JUSTICE VEUT DÉTERMINER SI LE POÈTE, DÉCÉDÉ EN 1973 PEU APRÈS LE COUP D'ETAT DE PINOCHET, EST BIEN MORT D'UN CANCER COMME LE VEUT LA VERSION OFFICIELLE, OU S'IL A ÉTÉ ASSASSINÉ.

L’hypothèse de l’assassinat fut démentie par la Fondation Neruda, et par certains de ses anciens amis, « On peut tuer un moribond, mais politiquement ce n'est pas intéressant » soutenait Jorge Edwards, il y a quelques jours à la radio. La version a néanmoins incité le Parti communiste chilien, dont le poète fut membre, à porter plainte en 2011.

La dépouille de l'écrivain, enterrée à Isla Negra, a été exhumée en présence d'une équipe de médecins légistes et d'experts internationaux. Les prélèvements seront ensuite analysés dans des laboratoires de trois pays et les résultats devraient être connus dans plusieurs mois.

lundi 23 septembre 2013

« PABLO NERUDA ÉTAIT UN SYMBOLE À ABATTRE »

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LE PHOTOGRAPHE BRÉSILIEN EVANDRO TEIXEIRA A COUVERT SECRÈTEMENT LA MORT DE NERUDA. IL A PU S'INTRODUIRE À LA CLINIQUE « SANTA MARIA », EN CACHANT SON APPAREIL PHOTO « LEICA » SOUS SA CHEMISE.  PHOTO EVANDRO TEIXEIRA
Nous, nous craignions pour sa vie car on le savait en danger. L’ambassadeur du Mexique voulait le faire sortir du pays. Il devait d’ailleurs s’y rendre le 24 septembre 1973. Le 22, Neruda me dit d’aller à Isla Negra pour faire ses valises et lui ramener douze livres. Lorsque nous partons avec Matilde, il va bien. Puis, dans l’après-midi, nous recevons un appel pour nous informer qu’on lui a fait une piqûre. Lorsque nous revenons à la clinique, Neruda est rouge, il me dit que tout son corps le brûle. C’est très étrange, mais on m’envoie acheter un médicament. Pourquoi, alors que nous sommes 
dans un hôpital? En sortant, deux voitures m’arrêtent et m’emmènent au commissariat. Neruda meurt le 23 septembre.

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UNE DE L'HUMANITÉ DU 12 SEPTEMBRE 1973 CONSACRÉ À LA MORT DU PRÉSIDENT SALVADOR ALLENDE   

Aujourd’hui, où en est-on désormais de l’enquête ?



Manuel Araya. Officiellement, il serait mort en état de grande faiblesse. Mais cette version est différente de celle la presse de l’époque qui parle de mort liée à une infection urinaire. Dans les années 1970, le médecin Sergio Draper a dit qu’il avait injecté la fameuse piqûre et que Neruda était mort dans ses bras. Mais, lorsqu’il a dû témoigner, il a dit qu’il n’était pas à l’hôpital. Et puis on a découvert que des médecins exerçaient également à Colonia Dignidad (une secte nazie – NDLR) et que d’autres n’existaient même pas!

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UNE DE L'HUMANITÉ DU 27 SEPTEMBRE 1973  CONSACRÉ AUX LES OBSÈQUES DU POÈTE PABLO NERUDA 


Vous dites que Pablo Neruda était en danger. Pourquoi ?



Manuel Araya. Il était surveillé en permanence. Dès le 12 septembre, un bateau militaire s’est posté au large d’Isla Negra. Des militaires sont venus une première fois dans sa maison pour savoir combien de personnes y travaillaient. Le 14 septembre d’autres militaires sont revenus, puis des marins. Notre objectif était alors d’évacuer Neruda. Il était un symbole à abattre. Il fut sénateur, candidat à la présidence, prix Nobel, communiste. Il était connu, reconnu et apprécié du peuple.


Dans le cadre de l’enquête, les restes de Neruda ont été exhumés en avril dernier pour pratiquer des examens ADN afin d’en savoir plus sur les conditions de sa mort…

Manuel Araya. Je m’en réjouis. Quarante ans après sa mort, c’est une façon de faire justice. C’est une première dans l’histoire du Chili. Mais je me méfie aussi. J’ai des doutes sur les compétences du système médico-légal chilien. Il y a eu d’autres affaires de cas de morts et de disparus qui ont montré son incompétence. Les médecins se sont trompés tant de fois, et de nombreux cas n’ont jamais été résolus.

Qu’est-ce que cela a signifié d’être un des hommes de confiance de Pablo Neruda ?

Manuel Araya. Cela a été un orgueil pour moi que de travailler pour lui à partir de 1972. Militant communiste, je l’avais connu dans les années 1950, lorsqu’il nous donnait des conférences. Puis mon Parti m’a confié la grande responsabilité de me mettre à son service. C’était un homme très agréable, fidèle en amitié. Il venait pourtant de la souffrance : il a perdu sa mère quand il était bébé, et son père a toujours été très dur avec lui. Mais il n’a jamais cessé d’aider les gens, de les écouter. Lorsqu’il se promenait dans Isla Negra, il n’hésitait pas à s’arrêter pour parler avec eux. Je regrette que mon Parti ne m’ait pas prêté attention avant. Matilde non plus ne m’a pas écouté. J’ai pourtant frappé à toutes les portes. La Fondation Pablo-Neruda m’a demandé de renoncer à dénoncer la mort de Neruda. Jamais. C’est usurper son héritage.