Citation de Pablo Neruda

jeudi 7 juillet 2011

Tenéis que oirme


[ Pour écouter, cliquer sur la flèche ]



Neruda Lectura Los ríos acuden 


Los ríos acuden


[ Pour écouter, cliquer sur la flèche ]



Neruda Lectura Los ríos acuden 


Ehremburg

[ Pour écouter, cliquer sur la flèche ]


Neruda Lectura Ehremburg 

lundi 4 juillet 2011

« Picasso » por Pablo Neruda


Ajouter une légende



[ Pour écouter, cliquer sur la flèche ]




En Vallauris en cada casa
tienen un prisionero.
Es el mismo siempre.
Es el humo.
A veces lo vigilan
padres de cejas blancas,
muchachas de color de avena.
Cuando tú pasas
notas que los guardianes
del humo
se han dormido,
y por los techos, entre vasijas rotas,
una conversación azul
entre el cielo y el humo.

Pero en el sitio donde trabaja
en libertad el fuego,
y el humo es una rosa de alquitrán
que ha teñido dé negro las paredes,
allí Picasso,
entre las líneas y el infierno,
con su pan de barro,
cociéndolo,
puliéndolo, rompiéndolo
hasta que el barro se ha vuelto cintura,
pétalo de sirena,
guitarra de oro húmedo.
Y entonces con un pincel lo lame,
y el océano viene
o la vendimia.
El barro entrega su racimo oculto
y al fin inmoviliza su cadera calcárea.
Después Picasso vuelve a su taller.
Los pequeños centauros que lo esperan
crecen, galopan.
El silencio ha nacido
en las ubres
de la cabra de hierro.
Y otra vez Picasso en su gruta
entra o sale dejando
paredes arañadas,
estalactitas rojas
o huellas genitales.

Y durante las horas que siguen
habla con el barbero.

Las uvas y el viento 1950-1953

mercredi 29 juin 2011

DOSSIER CHANT GÉNÉRAL

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

IILLUSTRATION DE L'ARTISTE PEINTRE  MEXICAIN DIEGO RIVERA, POUR L'ÉDITION PRINCEPS DU CHANT GÉNÉRAL 1950
Le Chant Général de Pablo Neruda fut publié premièrement au Mexique le mois d'avril 1950, dans deux versions : une somptueuse édition princeps qui fut sponsorisée par le « Comité Auspiciador », d'Editorial América et une deuxième version fac-similaire d’un format plus réduit, imprimée sous le sceau des Ediciones Océano. 


[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
IILLUSTRATION  LA ARENA TRAICIONADA DE L'ARTISTE PEINTRE 
MEXICAIN DAVID ALFARO SIQUEIROS, POUR L'ÉDITION PRINCEPS 
DU CHANT GÉNÉRAL 1950

Les deux portent des illustrations de deux célèbres peintres et muralistes mexicains qui étaient alors au faîte de leur art, David Alfaro Siqueiros et Diego Rivera. Au Chili, le Parti communiste réalisa -dans des conditions presque invraisemblables- une édition clandestine du Chant Général, illustrée des gravures du plasticien chilien José Venturelli. Ce sont ces gravures que vous pouvez voir plus haut.  


[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

PABLO NERUDA  
PHOTO FUNDACIÓN PABLO NERUDA

SUR LE MÊME SUJET :

lundi 20 juin 2011

Neruda au Théâtre du Châtelet

Mario veut être poète pour ainsi séduire les femmes. Neruda lui récite un de ses poèmes, dont le rythme et les fortes images impressionnent le facteur. Neruda l'encourage à trouver des métaphores dans le monde qui l'entoure.
Le facteur annonce au poète qu'il est amoureux de Béatrice Russo qui travaille dans un bar. Lui décrivant ses sentiments, il demande à Neruda de lui écrire un poème pour Béatrice. Il lui répond qu'il ne peut écrire sur une personne qui lui est inconnue. Sur le bord de la mer, Mario regarde les pêcheurs. Il ouvre son carnet et tente d'écrire, en vain. Il se remémore alors les poèmes du recueil de Neruda et commence à en copier un dans son carnet.

Acte II

Béatrice dit à sa tante Donna Rosa que Mario lui parle par métaphores poétiques. Cette dernière en est scandalisée et promet de tuer Mario si jamais elle le rencontre. Di Cosimo, un politicien en campagne, promet aux insulaires qu'il apportera l'eau courante dans l'île. Donna Rosa, intéressée, rejoint les rangs de ses soutiens.
Neruda enregistre un message sur bande et demande à Mario de dire quelque chose à propos des merveilles de l'île; "Béatrice Russo" est sa seule réponse.Neruda reçoit des nouvelles graves du Chili: le gouvernement a brutalement réprimé une manifestation. Malgré leur tristesse, Neruda et sa femme ont envie de revenir au Chili. Elle met un disque et le couple chante et danse, sous les yeux admiratifs du facteur.
Cette nuit-là, Mario appelle Béatrice sous son balcon.
Elle descend le rejoindre et tous deux s'enfuient. Lorsque Donna Rosa s'en aperçoit, elle tente sans succès de les rattraper. Après le mariage de Mario et Béatrice, les invités se retrouvent au café. Neruda chante pour les mariés quand arrive un télégramme annonçant que Neruda peut rentrer au Chili. Giorgio, le postier, le supplie de ne pas annoncer la nouvelle, qui gâcherait le bonheur de Mario. La célébration continue.

Acte III

Ses amis partis, Mario n'arrive plus à écrire. Au café, Giorgio et Donna Rosa lisent un article où le poète à Paris dit combien la beauté de l'île lui manque. Mais pas un mot sur ses amis. Di Cosimo a gagné les élections. Mario fait état de son scepticisme quand à l'arrivée de l'eau sur l'île, et Di Cosimo le menace en le traitant de communiste. Béatrice annonce à Mario qu'elle est enceinte. Mario est au comble de la joie quand arrive du Chili une lettre, la première. A peine ouverte, il se rend compte que c'est une missive impersonnelle de la secrétaire de Neruda réclamant divers objets que le poète a oublié. Dévasté, Mario retourne chez Neruda. Il retrouve la bande qu'ils avaient enregistrée. Avec l'aide de Giorgio, ils parcourent l'île avec l'appareil pour en enregistrer les sons.
Neruda et Mathilde reviennent finalement sur l'île. Ils se rendent au café où ils rencontrent Béatrice et Pablito, le fils de Mario. Elle dit au poète combien son amitié a inspiré à Mario l'écriture d'une poésie qui chante les pauvres et les laissés pour compte de l'île. Mario a été tué par une violente répression lors d'une réunion communiste. Béatrice donne à Neruda l'enregistrement que Mario avait réalisé pour lui. Neruda écoute la bande, se souvenant de son ami, dont la voix le remercie d'avoir apporté la poésie dans sa vie.

PLACIDO DOMINGO RÊVE DE CHANTER
PLUS SOUVENT À PARIS

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

Placido DOMINGO. - 
Je connaissais les œuvres du compositeur mexicain Daniel Catan et je voulais absolument lui passer une commande pour l'Opéra de Los Angeles, que je dirige. Il a réfléchi pendant un mois, puis il est revenu vers moi avec le projet du Postino… en me proposant par surcroît le rôle de Pablo Neruda ! J'avais adoré le film de Michael Radford, sorti en 1994. J'ai aussitôt accepté de me lancer dans l'aventure. Les créations à Los Angeles, puis à Vienne, au Theater an der Wien, se sont très bien passées. Hélas, Daniel est mort brusquement voici deux mois…


Parlez-nous de sa musique…

J'ai coutume de dire (avec distance, bien entendu) que c'est une sorte de Debussy sud-américain. Il y a un côté très debussyste et ravélien dans cette œuvre. Il Postino est mélodique sans pour autant renier les évolutions de la seconde moitié du XXe siècle, qui le portent parfois vers l'atonalité.


Comment avez-vous abordé le personnage de Pablo Neruda ?

Je suis depuis toujours un amoureux de la poésie. C'est un art qui est aux fondements de la culture mondiale. Mais il semble - hélas !- bien loin des préoccupations de la nouvelle génération. J'ai donc abordé Neruda comme un grand poète, mais surtout comme un être humain. S'il est bien sûr un exilé politique à la très forte conscience sociale, c'est surtout un bon vivant, amoureux fou de sa femme, et qui trouve dans cette passion le socle de sa vie.


Est-il facile de mettre ses pas dans ceux de Philippe Noiret ?

C'était un acteur incommensurable, mais il ne faut pas chercher à faire de comparaison. Un comédien parle avec son propre ton ; un chanteur, en revanche, épouse la musique, qui elle-même décrit l'action, comme les vagues de l'orchestre illustrent les mouvements de la mer face à Neruda.


Pablo Neruda est un rôle qui vient après 136 autres. Pourquoi cette boulimie ?

Je suis toujours en recherche de ce qui peut s'adapter à ma voix à un instant T. J'ai tenté dans ma carrière de marquer systématiquement une rupture dans les genres et les styles. Alterner les répertoires dramatiques et lyriques, le vérisme et le bel canto, Wagner et les grands Russes. Je parviens même maintenant à la musique baroque, avec Tamerlano, de Händel.


Vous chantez également en baryton…

C'était mon timbre d'origine et j'y reviens. J'ai récemment chanté Simon Boccanegra et Rigoletto de Verdi. L'an prochain, je serai Athanaël dans le Thaïs de Massenet. C'est un personnage mystique et surtout sans âge, comme Cyrano. Après cinquante ans de carrière, je ne peux plus chanter Roméo !


Votre longévité est fascinante. Quel est votre secret ?

Je ne peux pas l'expliquer, désolé… ­(Rires.) Je crois juste qu'étant moi-même musicien je me suis toujours préparé seul, face à mon piano. Je ne suis pas l'esclave d'un coach, mais j'étudie quand je veux, tout en prenant le temps de vraiment me reposer. Je crois surtout que j'ai la même passion qu'à mes débuts. Et il y a ma femme, qui reste ma meilleure conseillère : elle seule ose me dire ce qui va… ou ne va pas.


Allez-vous arrêter ?

Je ne chanterai pas un jour de trop, mais jusqu'à ce que mon intuition me dise qu'il est temps de cesser. J'imagine que je me concentrerai alors sur les récitals, mais l'opéra va me manquer : c'est une si belle maladie !


Vous avez eu des problèmes de santé. Comment allez-vous ?
Tout va très, très bien, merci !


Chérissez-vous un rôle entre tous ?

Je suis comme un Espagnol père de dix enfants : je les aime tous ! Si on en préfère un, cela signifie qu'on délaisse les autres. Alors qu'il faut chanter dans Fedora avec la même flamme que dans Parsifal. Toujours y croire. Toujours !


Quel conseil donneriez-vous à un ténor qui voudrait devenir… Placido Domingo ?

Je lui dirais d'abord qu'il doit être lui-même. Je lui expliquerais ensuite qu'il s'avance vers une vie de discipline, de sacrifice. Je lui conseillerais d'être toujours à l'écoute des autres, de garder sa curiosité, d'aller au théâtre. Je lui rappellerais que la chose la plus importante est de tenir ses engagements, même si son agent lui dit qu'il a une meilleure offre ailleurs… J'insiste sur ce point car il est essentiel ! Je lui dirais enfin qu'il lui faut un guide - un proche - en qui il puisse avoir une confiance absolue…


Quand vous entendra-t-on à l'Opéra de Paris ?

Je ne sais pas. J'ai beaucoup de rêves, ici. Je rêve de chanter dans La Walkyrie à Bastille ou dans Iphigénie de Gluck à Garnier. Je rêve aussi de diriger Le Trouvère de Verdi, car c'est le premier opéra que j'aie jamais chanté à Paris. Ce ne sont encore que des rêves, mais j'aime croire que tout est toujours possible.  


Il Postino, au Châtelet, les 20, 24, 27 et 30 juin. Orchestre symphonique de Navarre, sous la direction de Jean-Yves Ossonce, mise en scène de Ron Daniels. Tél. :             01 40 28 28 40      . www.chatelet-theatre.com

vendredi 3 juin 2011

CHILI: LA JUSTICE OUVRE UNE ENQUÊTE SUR
LA MORT DU PRIX NOBEL PABLO NERUDA

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
Pablo Neruda ET Matilde Urrutia à isla negra. 
photo Sara Facio.
Selon la version officielle, l'écrivain et diplomate communiste, prix Nobel de littérature en 1971, est mort d'une aggravation d'un cancer de la prostate le 23 septembre, douze jours après le putsch contre son ami Allende, premier président marxiste du Chili. Mais des témoignages ont récemment remis en cause cette version et évoqué un assassinat.

Selon une source judiciaire, le juge Mario Carroza a "accepté la requête" déposée mardi par le dirigeant du parti communiste chilien Guillermo Teillier qui avait évoqué le devoir moral d'enquêter sur la mort de Neruda.

Début mai, l'ancien secrétaire et chauffeur du poète, Manuel Araya, a affirmé que son patron avait été assassiné pour éviter qu'il ne devienne, depuis l'exil, un opposant de renom à la dictature qui a duré jusqu'en 1990.

Selon M. Araya, Pablo Neruda lui avait confié avoir été alarmé par une mystérieuse piqûre administrée en pleine nuit par un médecin de la clinique où il était hospitalisé.
 [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

Un autre témoignage, celui de l'ancien ambassadeur du Mexique au Chili, Gonzalo Martinez, qui avait rendu visite à Neruda les jours précédant sa mort, a accentué le doute.

Dans un entretien à l'AFP, M. Martinez a confié n'avoir "pas vu une grande différence" entre l'état du poète au cours de ses premiers contacts avec lui et celui de leurs rencontres juste avant sa mort.

Selon ce diplomate, Pablo Neruda, loin d'un état clinique désespéré, "avait pu discuter tranquillement, se déplacer dans sa chambre, échanger des opinions politiques, évoquer les choses qu'il entendait emmener au Mexique", pour lequel il venait d'obtenir un laissez-passer.

Le juge Carroza devrait entendre le témoignage de M. Araya et requérir le certificat de décès de Neruda, selon la presse chilienne.

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

Le président Salvador Allende et le poète Pablo Neruda
Ce magistrat est déjà chargé de l'enquête rouverte sur la mort d'Allende lors du coup d'Etat du 11 septembre 1973 qui avait porté le général Augusto Pinochet au pouvoir.

La dépouille d'Allende a été exhumée il y a dix jours pour savoir s'il a été assassiné, ou s'il s'est suicidé - une thèse soutenue par les proches du président qui avait juré de mourir les armes à la main.

L'autopsie devrait être terminée dans environ trois mois.

La justice chilienne enquête sur deux autres morts suspectes d'opposants de premier plan au général Pinochet.

Elle cherche à savoir si l'ancien président Eduardo Frei Montalva (1964-1970), décédé peu après une opération bénigne en 1982, n'a pas été empoisonné par des agents du régime militaire.

Deux expertises médico-légales ont par ailleurs établi le mois dernier que José Toha, ministre de l'Intérieur puis de la Défense d'Allende, pourrait avoir été assassiné en 1974 et non s'être suicidé comme l'avait affirmé la dictature à l'époque.

En janvier, la justice a rouvert 725 dossiers de crimes contre l'humanité commis sous la dictature qui a fait plus de 3.100 morts ou disparus.

Un peu plus de 700 anciens agents militaires, policiers ou civils de la dictature ont été condamnés ou sont poursuivis pour de tels crimes, mais moins de 70 sont en détention, à la faveur de remises de peine ou d'assouplissements de régime.

jeudi 2 juin 2011

Picasso lu par Pablo Neruda





PICASSO 
À Vallauris dans chaque maison
ils ont un prisonnier.
Il est le même toujours.
C'est la fumée.
Parfois des parents aux blancs sourcils
le surveillent,
des jeunes filles couleur d'avoine.
Quand tu passes
tu remarques que les gardiens
de la fumée
se sont endormis,
et par les toits, entre des pots brisés,
une conversation azuréenne
entre le ciel et la fumée.

Mais à l'endroit où le feu travaille
en liberté,
et la fumée est une rose de goudron
qu'a teint de noir les murs,
là, Picasso,
entre les lignes et l'enfer,
avec son pain de boue,
il le cuit,
le polit, le casse
jusqu'à ce que la boue se soit transformée en taille,
pétale de sirène,
guitare d'or humide.
Et alors avec son pinceau il le polit,
et l'océan arrive
ou bien la vendange.
La boue donne sa grappe occulte
Et, à la fin, immobilise sa hanche calcaire.
Picasso revient à son atelier plus tard.
Les petits centaures qui l'attendent croissent, galopent.
Le silence est né
dans les mamelles
de la chèvre en fer.
Et à nouveau Picasso dans sa grotte entre ou sort en laissant
des murs griffés,
des stalactites rouges
ou des traces génitales.

Et durant les heures qui suivent
il parle avec le barbier.

mercredi 1 juin 2011

UNE PLAINTE DÉPOSÉE POUR UNE ENQUÊTE SUR LA MORT DU POÈTE PABLO NERUDA EN 1973

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
l'ancien ambassadeur du Mexique au Chili Gonzalo Martinez Corbalá.
Photo Carlos Cisneros / La Jornada
La plainte a été déposée par le député et dirigeant du Parti communiste Guillermo Teillier auprès du juge Mario Carroza: ce magistrat est déjà en charge de l'enquête rouverte sur la mort du président Salvador Allende lors du coup d'Etat du 11 septembre 1973, qui a donné le coup d'envoi de la dictature d'Augusto Pinochet.

Selon la version officielle, l'écrivain-diplomate Neruda, ami d'Allende, est décédé peu après le 23 septembre, d'une aggravation d'un cancer de la prostate, dans une clinique de Santiago où il avait été hospitalisé.

Début mai, l'ancien secrétaire et chauffeur de Neruda, Manuel Araya, a affirmé qu'il avait été assassiné pour éviter qu'il ne devienne, depuis l'exil, un opposant de renom à la dictature qui a duré jusqu'en 1990.

Selon Araya, qui était au chevet du poète les derniers jours, Neruda lui avait confié avoir été alarmé par une mystérieuse piqûre administrée en pleine nuit par un médecin de la clinique.



[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
LE CHAGRIN DE TOUT UN PEUPLE LORS DES FUNERAILLES DE
PABLO NERUDA, A SANTIAGO DU CHILI, LE 23 SEPTEMBRE 1973
PHOTO MARCELO MONTECINOS
Un autre témoignage, celui de l'ancien ambassadeur du Mexique au Chili Gonzalo Martinez, qui avait rendu visite à Neruda la veille de sa mort, a accentué le doute, a déclaré l'avocat du PC Eduardo Contreras.

Selon ce diplomate, Neruda, loin d'un état clinique désespéré, "avait pu discuter tranquillement, se déplacer dans sa chambre, échanger des opinions politiques, évoquer les choses qu'il entendait emmener au Mexique", pour lequel il venait d'obtenir un laissez-passer.

"Ces conjectures et témoignages obligent à déposer une plainte, d'un point de vue éthique, moral et juridique", afin de faire la lumière sur la mort du poète, a expliqué Contreras.

Teillier a insisté sur le "devoir moral" d'enquêter sur Neruda, "dans un contexte où commencent à s'éclaircir plusieurs décès", en référence aux procédures ouvertes depuis deux ans sur les morts d'un ministre d'Allende, José Toha (1974), de l'ancien président Eduardo Frei Montalva (1982) et d'Allende lui-même.

mardi 31 mai 2011

PABLO NERUDA AURAIT-IL ÉTÉ ASSASSINÉ ?

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
 le poète Pablo Neruda DANS SA MAISON « MICHOACAN»
Manuel Araya, qui était au chevet du poète quelques heures avant sa mort, assure que celui-ci fut éliminé alors qu'il se trouvait hospitalisé. Cette version a été démentie par la Fondation Neruda, qui a rappelé que l'écrivain est décédé le 23 septembre 1973, à la suite de complications d'un cancer de la prostate.

lundi 30 mai 2011

CHANT GÉNÉRAL - PABLO NERUDA (1950)

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
Canto general / Pablo Neruda. México, Editorial América, 1950, 447 p.
par Claude FELL

Le jour même de la mort de son père, le 7 mai 1938, Pablo Neruda (1904-1973) commence la rédaction du Chant général du Chili, qu'il intitulera plus tard, en raison de sa dimension continentale, Chant général.

CHANT GÉNÉRAL - PABLO NERUDA (1950)
La mort de ses parents semble détacher à jamais Neruda du Chili de son enfance, de ce Temuco de la forêt, de la pluie et des chemins de fer que conduisait son père. C'est un nouveau processus créatif, puissant et profond, qui se met en marche et qui engendrera ce qu'on considère aujourd'hui comme l'œuvre majeure du poète chilien.


Pablo Neruda


Le poète chilien Pablo Neruda (1904-1973). Il est nommé ambassadeur du Chili à Paris en 1970, et reçoit le prix Nobel de littérature en 1971.

Avec Résidence sur la terre (1933-1935), Neruda avait fait la double expérience de l'éloignement géographique - il est alors amené à occuper un poste diplomatique en Asie du Sud-Est - et de la plongée dans son propre enfer personnel, après avoir publié en 1924 Vingt Poèmes d'amour et une chanson désespérée, qui lui confèrent une renommée qui ne se démentira plus. En 1935, en poste en Espagne, il renforce ses liens avec une pléiade de poètes dont certains seront évoqués avec émotion dans le Chant général: Alberti, García Lorca, Aleixandre, Miguel Hernández. La guerre d'Espagne sera pour lui l'épreuve de la solidarité, qui se cristallise dans Espagne au cœur (1937), publié l'année suivante en français avec une préface d'Aragon. C'est une tout autre image de l'Espagne que véhiculera le Chant général: celle d'une puissance colonisatrice, rapace et impitoyable.


De 1940 à 1945 Neruda est en poste au Mexique; en 1942, il publie les premiers extraits du Chant général; en 1943, il fait un voyage au Pérou, où il visite les ruines de Macchu Picchu. Cette visite est à l'origine de «Hauteurs de Macchu Picchu», une des séquences les plus inspirées du Chant général. À la suite de graves divergences politiques avec le nouveau président du Chili, Gabriel González Videla, Neruda entre dans la clandestinité. Il met à profit cette période difficile pour progresser dans la rédaction de son recueil. En février 1949, il réussit à sortir du Chili en traversant la partie australe de la Cordillère des Andes. Il se rend en Union soviétique - il a adhéré au Parti communiste chilien en 1945 - et c'est au Mexique que, en 1950, sera publié le Chant général. Parallèlement, deux éditions clandestines de l'œuvre vont circuler au Chili. La même année, le livre est publié en Chine, aux États-Unis, en Inde, en Syrie, en Roumanie, en Pologne, en Suède et en Union soviétique, dans une édition tirée à 250 000 exemplaires. Neruda ne rentrera au Chili qu'en août 1952.


1. Une poésie engagée


Œuvre monumentale, le Chant général s'élabore sur une période d'environ douze années, avec des phases d'accélération et de ralentissement. Bien entendu, l'engagement politique du poète se fait sentir dans cette fresque où sont condamnés avec vigueur «les avocats du dollar», l'implantation sanglante des grandes compagnies minières et fruitières nord-américaines, la diplomatie du «gros bâton», l'appui aux dictateurs locaux. Mais, plus qu'une vision simpliste de l'histoire qui suivrait les aléas de la guerre froide, le Chant général est avant tout une chaleureuse et vibrante remontée aux sources de l'homme et des paysages américains (Chants I et II), de l'histoire passée et présente du continent (Chants III, IV et V). À partir du Chant VI, la figure du poète prend un relief particulier. Son retour au Chili en 1939 est évoqué (Chant VII), puis sa volonté de chanter le sacrifice des humbles (Chant VIII), son hostilité à la politique des États-Unis (Chant IX), ses aventures dans la clandestinité (Chant X), sa solidarité avec les déshérités (Chant XI), le salut qu'il adresse à ses frères en poésie (Chant XII), son dialogue avec une patrie à la fois généreuse et hostile (Chant XIII), sa fascination devant l'océan Pacifique (Chant XIV) et, enfin, les aléas de sa vie personnelle (Chant XV: «Je suis»), anticipation de sa future autobiographie.


2. Neruda, chantre et conteur


Dès le premier poème, Pablo Neruda affirmait: «Je suis ici pour raconter l'histoire.» Dans le Chant général, il est à la fois témoin et acteur, chantre et conteur. L'épique et le lyrique, le sarcasme et l'émotion, l'histoire et le mythe se mêlent. Les métaphores s'enchaînent en une ronde éblouissante; la diction poétique brasse diatribe, mélopée, déploration, dithyrambes, pastiches. La chronique s'ouvre sur l'hymne:« Je ne prononce pas ton nom en vain, ô Amérique: Nuit et jour je vois les martyres,/ jour et nuit je vois l'enchaîné,/ le blond, le noir, l'indien/ écrire avec leurs mains battues et lumineuses/ sur les murs sans fin de la nuit.»


Claude FELL docteur ès lettres, professeur à l'université de Paris-III  Sorbonne nouvelle


Suggestions de lecture

- Cent Ans de solitude - Gabriel García Márquez (1967) ,- Le Quatrième Siècle - Édouard Glissant (1964) ,- Martín Fierro - José Hernández (1872-1879) ,- Poète à New York - Federico García Lorca (1929-1930)
Claude FELL
P. NERUDA, Chant général, trad. C. Couffon, coll. Poésie, Gallimard, Paris, 1984.
Études
E. RODRÍGUEZ MONEGAL, Neruda, le voyageur immobile, trad. B. Lelong, Gallimard, Paris, 1973
V. TEITELBOIM, Neruda, trad. A. Marcoux, L'Harmattan, Paris, 1995.
© Encyclopædia Universalis 2004








mardi 17 mai 2011

Pablo Neruda: la thèse d'un assassinat

Le Chili de l'automne 73


SCÈNES DE RUE EN 1973 DANS LE CHILI DE LA JUNTE : AUTODAFÉ DE LIVRES "SUBVERSIFS" ET ENTERREMENT DE PABLO NERUDA (LE 23.09.1973) SOUS LE REGARD "VIGILANT" DES MILITAIRES...


Selon la version connue à ce jour, Neruda est décédé le 23 septembre 1973 à 69 ans des complications d'un cancer de la prostate, aggravé par une détresse émotionnelle: sa mort est survenue deux semaines après le coup d'Etat de Pinochet, qui renversa Salvador Allende, ami de l'écrivain-diplomate.

Mais l'ancien secrétaire, assistant personnel et chauffeur de Neruda, Manuel Araya, a assuré ces derniers jours dans des entretiens à la revue mexicaine Proceso, puis au Chili, que Neruda a été assassiné pour éviter qu'il ne devienne depuis l'exil un opposant influent du nouveau régime militaire.

« Pinochet était l'assassin, il a fait tuer Neruda pour qu'il ne s'en aille pas du pays, parce qu'il était un intellectuel qu'il (Pinochet) ne souhaitait pas avoir comme opposant », a affirmé Araya, 65 ans, à l'AFP.
Araya, qui a été au chevet du poète jusque quelques heures avant sa mort, assure que Neruda avait été hospitalisé dans la clinique Santa Maria à Santiago «non pour une aggravation de son état de santé, mais pour sa sécurité», car il était « inquiet et tendu», et pensait que le nouveau régime pensait l'éliminer.

Mais selon Araya, Neruda lui avait confié avoir été alarmé par une piqûre administrée en pleine nuit par un médecin de la clinique.

Un avion et un laissez-passer l'attendaient pour le Mexique le 24 septembre, affirme Araya, mais Neruda est décédé la nuit précédente.

La Fondation Pablo Neruda, qui gère l'œuvre et les intérêts de l'écrivain, a réfuté mercredi [12/05/2011] la thèse de l'assassinat. « Aucune indice, aucune preuve de quelque nature que ce soit ne suggère que Pablo Neruda est mort d'une cause autre que le cancer à un stade avancé dont il souffrait ».

« Il ne semble pas raisonnable d'échafauder une nouvelle version de sa mort sur la seule base de l'opinion de son chauffeur, M. Manuel Araya, s'exprimant sans autre élément que son avis personnel », a ajouté la Fondation dans un communiqué.

lundi 3 janvier 2011

ODA AL CALDILLO DE CONGRIO

En el mar
tormentoso
de Chile
vive el rosado congrio,
gigante anguila
de nevada carne.
Y en las ollas
chilenas,
en la costa,
nació el caldillo
grávido y suculento,
provechoso.
Lleven a la cocina
el congrio desollado,
su piel manchada cede
como un guante
y al descubierto queda
entonces
el racimo del mar,
el congrio tierno
reluce
ya desnudo,
preparado
para nuestro apetito.
Ahora
recoges
ajos,
acaricia primero
ese marfil
precioso,
huele
su fragancia iracunda,
entonces
deja el ajo picado
caer con la cebolla
y el tomate
hasta que la cebolla
tenga color de oro.
Mientras tanto
se cuecen
con el vapor
los regios
camarones marinos
y cuando ya llegaron
a su punto,
cuando cuajó el sabor
en una salsa
formada por el jugo
del océano
y por el agua clara
que desprendió la luz de la cebolla,
entonces
que entre el congrio
y se sumerja en gloria,
que en la olla
se aceite,
se contraiga y se impregne.
Ya sólo es necesario
dejar en el manjar
caer la crema
como una rosa espesa,
y al fuego
lentamente
entregar el tesoro
hasta que en el caldillo
se calienten
las esencias de Chile,
y a la mesa
lleguen recién casados
los sabores
del mar y de la tierra
para que en ese plato
tú conozcas el cielo.