Diaporama de Pablo Neruda.
Traitement des images, restauration, Guy Desmurs

Citation de Pablo Neruda

jeudi 28 juin 2018

HOMMAGE À PABLO NERUDA

« HOMMAGE À PABLO NERUDA, PRIX NOBEL UNE LITTÉRATURE.
AU STADE NATIONAL DE SANTIAGO DU CHILI, LE 5 DÉCEMBRE 1972.»
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    lundi 18 juin 2018

    «PABLO NERUDA, ODE À L’AMOUR»


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    ILLUSTRATION LE TEMPS
    Chaque semaine, un écrivain d’ici présente l’auteur classique qui l’inspire et le nourrit. José-Flore Tappy a choisi d'évoquer le Chilien Pablo Neruda
    VINGT POÈMES D’AMOUR ET
    UNE CHANSON DÉSESPÉRÉE
    Vingt poèmes d’amour et une chanson désespérée, publiés pour la première fois à Santiago en 1924, marquent le début d’une œuvre passionnée, politique, amoureuse des femmes et du Chili, solidaire d’un peuple et de tous les opprimés. Neruda a 20 ans. Traduits pour la première fois en français en 1970 par André Bonhomme et Jean Marcenac pour les Editeurs français réunis, maison fondée par Aragon après la guerre, ces 21 poèmes ne m’ont jamais quittée. Je préfère cette traduction à celle, ultérieure, de Claude Couffon et Christian Rinderknecht. Elle est plus directe, plus concrète, sans effets.

    Un objet d’abord, un format: presque carré (13,5 x 10), un peu comme une boîte de cigares, la jolie boîte de ces «Petit Nobel» que j’ai longtemps fumés avec délice durant les longues soirées d’été. Sous sa couverture toilée bleu turquoise, le livre détonne sur les rayons de ma bibliothèque où se côtoient les éditions blanches, rectangulaires, légères comme des stèles, certains volumes revêtus de pergamine. Trop petit, trop criard, inclassable. Le jour où j’ai déniché chez un libraire un second volume de cette même collection: Papiers du poète grec Yannis Ritsos, sous couverture rouge vif, le rouge écarlate du pavot, il a trouvé sa place: Neruda et Ritsos… mes compagnons de route. Quand on ouvre le recueil, son papier couleur tabac clair sent la terre mouillée après la pluie, et c’est l’océan qui s’engouffre! Chez Neruda, le désir amoureux est inséparable du paysage, du monde, de la collectivité humaine. Romantique? non, juvénile et magnétique, où les adresses à l’aimée disent les émois d’un cœur passionné: «Volume de baisers englouti et brisé/que le vent de l’été vient combattre à la porte», «tourne mon cœur, et c’est un volant fou».

    Vieux de presque un siècle, ce livre est d’une fraîcheur inaltérée. Rien d’éthéré, aucune effusion tremblante. La femme aimée (ou rêvée, ou seulement regrettée) est physique, charnelle, presque géographique: «Accueillante, pareille à un ancien chemin.» Tout jeune, Neruda a déjà le verbe affirmé. Il parle franc, sans détours: «Ici je t’aime.» Il pose sur la table l’évidence, et la répète: «Seul. […] La mer au loin sonne et résonne./Voici un port./Ici je t’aime.» Difficile de choisir un poème en particulier, une strophe plutôt qu’une autre… j’aime le mouvement qui fait tourner les pages, le glissement des vers sur ce papier bistre, tel le ressac effaçant sur le sable les empreintes mouillées des mots d’avant.

    L’amour est partout chez Neruda, aussi bien dans le sombre Résidence sur la terre que dans L’Espagne au cœur, écrits sous le choc du franquisme et de l’assassinat de Garcia Lorca, et même dans Hauteurs de Machu Picchu, chant de fraternité pour les bâtisseurs incas. Redoutable force révolutionnaire, l’amour traverse l’effroi, balaie le découragement, transcende la colère. Plus tard encore et plus conquérant, Neruda fera sonner les mots pour l’amante clandestine devenue sa compagne. Erotisme et passion, tendresse et rage, le poète ne cache pas ses désirs sous une feuille de vigne. Ce sont les très beaux poèmes de La Centaine d’amour dédiés à Matilde Urrutia, précédés de ces lignes qu’il lui adresse, en octobre 1959: «J’ai construit par la hache, le couteau, le canif, ces charpentes d’amour et bâti de petites maisons de quatorze planches pour qu’en elles vivent tes yeux que j’adore et que je chante.»

    Par leur sensualité, par une intensité presque douloureuse dans la douceur, les poèmes de Neruda n’ont d’égal à mes yeux que les poèmes d’amour chez Eluard, et peut-être certains vers de Michaux d’une brusquerie aérienne – entre tous, celui-ci: «Emportez-moi sans me briser, dans les baisers» (Mes propriétés). Plus latin, avec une fougue autrement plus violente mais toujours tendre dans ses adresses, Neruda me rappelle, à chaque moment de doute ou de fatigue, que les mots sont des appuis, qu’ils nous protègent et nous font avancer: «Incliné sur les soirs je jette un filet triste/sur tes yeux d’océan./Là, brûle écartelée sur le plus haut bûcher,/ma solitude aux bras battants comme un noyé».

    Entier et jusqu’au fond du désespoir, Neruda prend le monde à bras-le-corps. J’aime cet emportement qui s’émerveille, prolifique et généreux. Rien n’est dérisoire, et de la femme aimée aux choses les plus modestes, tout sera célébré avec le même lyrisme, celui des Odes élémentaires: Ode à Valparaíso, Ode à la tomate, Ode à une montre dans la nuit, Ode à l’artichaut, Ode à l’espoir, Ode à une châtaigne tombée… Ode à l’amour.

    Profil
    JOSÉ-FLORE TAPPY.
    PHOTO YVONNE BOEHLER
    José-Flore Tappy est l’auteure de plusieurs recueils de poèmes, parmi lesquels Pierre à feu, Terre battue, Hangars, Lunaires. Le dernier, Trás-os-Montes, porte le nom d’une province portugaise à la beauté âcre et sèche. Elle a traduit des poètes de langue espagnole, dont le Costaricien Laureano Albán, et avec Marion Graf la poésie d’Anna Akhmatova.

    1954 Naissance à Lausanne.

    1983 Prix de poésie C.F. Ramuz pour «Errer mortelle» (Payot).

    1997 Traduction pour la scène du «Pierrot lunaire» de Schönberg, interprété en français au Festival de la Bâtie de Genève et au Théâtre de Vidy à Lausanne par Yvette Théraulaz (mise en scène François Rochaix).

    2006 «Hangars» sous couverture peinte par Pierre Oulevay (Empreintes).

    2011 Anna Akhmatova, «L’Eglantier fleurit», traduction avec Marion Graf (La Dogana).

    2013 «Tombeau», avec des dessins de Juan Martinez (Empreintes).

    2018 «Trás-os-Montes», poèmes (La Dogana). Laureano Albán, «Psaumes pour conjurer la guerre» traduction (Calligrammes, Rennes). 



    mardi 5 juin 2018

    À MON PARTI

    Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
    Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
    Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
    Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
    Tu m'as appris à allumer, comme un feu, la bonté.
    Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
    Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
    Tu m'as montré comment la douleur de l'individu meurt avec la victoire de tous.
    Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
    Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
    Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
    Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
    Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.

    Canto General, Pablo Néruda

    LE CRIME A EU LIEU À GRENADE

    FEDERICO GARCÍA LORCA
    À   NEW YORK EN 1929
    «Tout commença pour moi le soir du 19 juillet 1936. Un Chilien sympathique et aventureux, Bobby Deglané, était imprésario de ‘catch as catch can’ au cirque Prince de Madrid. Je lui avais exposé mes doutes au sujet de ce "sport" et de son sérieux, et il m’avait convaincu d’aller sur place, avec Garcia Lorca, vérifier l’authenticité du spectacle. Federico ayant accepté, nous avions décidé de nous retrouver à la porte du cirque à une heure convenue. Nous passerions un bon moment à regarder les truculences du Troglodyte Masqué, de l’Étrangleur Abyssin et de l’Orang-Outang Sinistre.

    Federico ne vint pas au rendez-vous. Il avait pris le chemin de sa mort. Nous ne nous revîmes plus. Il avait rendez-vous avec d’autres étrangleurs. C’est ainsi que la guerre d’Espagne, qui allait transformer ma poésie, commença pour moi par la disparition d’un poète.

    Et quel poète ! Je n’ai jamais vu réuni comme en sa personne la grâce et le génie, le cœur ailé et la cascade cristalline. Federico Garcia Lorca était le farfadet dissipateur, la joie centrifuge qui recueillait dans son sein le bonheur de vivre et l’irradiait comme une planète. Ingénu et comédien, cosmique et provincial, musicien étonnant, mime parfait, ombrageux et superstitieux, rayonnant et bon garçon, il résumait en quelque sorte les âges de l’Espagne, la floraison populaire ; c’était un produit andalou-arabe qui illuminait et parfumait comme un buisson de jasmins la scène entière de cette Espagne hélas ! disparue.

    (…) Federico Garcia Lorca n’a pas été fusillé ; on l’a assassiné. Naturellement, personne n’imaginait qu’on le tuerait un jour. De tous les poètes d’Espagne il était le plus aimé, le plus choyé, et le plus ‘enfant’ par sa merveilleuse allégresse. Qui aurait pu croire qu’il y aurait sur la terre, et sur sa terre, des monstres capables d’un forfait aussi inexplicable ? »

    (extrait de : « J’avoue que j’ai vécu », 1974 / traduction de Claude Couffon, Éditions Gallimard) pages 183-187

    lundi 14 mai 2018

    LE POÈTE PABLO NERUDA ÉVOQUÉ


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    CÉCILE MAGNET ET LE VIOLONISTE SOURINE
    PHOTO LA DÉPÊCHE DU MIDI

    Au cours d'un spectacle baptisé « Dans le murmure d'une vague au Chili » l'actrice Cécile Magnet, à l'invitation de l'association «Vivre à Belaye», a dit une sélection des poèmes du célèbre poète chilien Pablo Neruda le samedi 5 mai. 
    MARUJA MALLO ET PABLO NERUDA
    AU CHILI 1945
    La comédienne a offert aux spectateurs, accompagnée par les improvisations au violon du musicien pradinois Sourine, des extraits du «Chant général» un passage de son autobiographie «J'avoue que j'ai vécu». Une heure durant, elle a transporté l'assistance dans les vagues et leurs murmures, dans le temps, les Andes, l'amour, les amants, les saisons mais aussi les noyés, les abandonnés… Prochaine rencontre de «Vivre à Belaye» le samedi 2 juin à 20 heures repas spectacle soirée tahitienne.

    samedi 12 mai 2018

    NERUDA : FUNÉRAILLES SURVEILLÉES



    NERUDA : FUNÉRAILLES SURVEILLÉES

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    Documental del francés Bruno Muel sobre el golpe de Estado en Chile en 1973. Muel, quien formara parte del afamado grupo Medvedkine, junto a Chris Marker y Jean-Luc Godard, entre otros, capturó uno de los retratos más poderosos de los primeros días de la Dictadura. Profundamente solidario con la causa socialista, Muel y su equipo mostraron gran audacia al mezclar el registro de las triunfantes imágenes oficiales con aquellas, clandestinas, de la naciente oposición. La cinta incluye los testimonios de Isabel Allende y de algunos militantes de la Unidad Popular que relatan sus experiencias frente a la salvaje represión de esos primeros días. Muel filmó también imágenes al interior del campo de prisioneros del Estadio Nacional así como del funeral de Pablo Neruda, probablemente la primera manifestación pública de la oposición al régimen. "Septembre chilien" 1973, 39 min., color Bruno Muel, Théo Robichet et Valérie Mayoux




    dimanche 1 avril 2018

    LE VOYAGEUR

    HOMMAGE AU GRAND POÈTE NERUDA, EN MUSIQUE LATINO

    HOMMAGE AU GRAND POÈTE NERUDA, EN MUSIQUE LATINO. Vous spectateurs qui ne connaissez rien des rivages du sud du Pacifique et qui n’avez jamais vu les étoiles au-dessus de Temuco ou de l’île Noire, vous qui n’avez pas foulé les montagnes jaunes du Chili et qui ne vous êtes pas assis sur une place de Valparaiso un soir de chaleur, quand résonnent au loin les sons du Bandonéon, venez découvrir le cheminement de l’homme et du plus grand poète sud-américain. Entendez s’élever avec puissance son grand Canto Général, écrit en fuite pendant les temps furieux....                                

    Certes, si l’homme est célèbre par son prix Nobel de littérature en 1971, son oeuvre reste souvent peu connue, et pour ceux qui entreront pour la première fois dans le vaste monde Nérudien, l’étonnement sera au bout du spectacle !

    C’est le thème du voyage qui s’est imposé comme fil conducteur, guide émerveillé dans le choix d’une oeuvre foisonnante. L’inspiration principale vient de deux pièces majeures de l’auteur : l’une en prose « j’avoue que j’ai vécu » et l’autre en vers « Canto General », considéré comme son chef-d’oeuvre et le sommet poétique qui allait imposer au monde le génie de Neruda. L’opposition des rythmes de l’une et l’autre, soutenus par les voix de trois comédiens et magnifiés par le bandonéon et la guitare, cherche à retraduire l’émotion première éprouvée à la lecture de ces textes si différents. Trois voix, trois interprétations de Neruda pour la rencontre d’un seul poète qui a rêvé d’un monde plus juste et plus beau.

    Quittant sa terre natale chérie et ses incroyables boues hivernales, Neruda nous embarque dans ses premières découvertes, craintes, frayeurs et enthousiasmes.
    La plume hallucinée décrit la pluie australe, les chemins de terre rouge, les villes étrangères.

    Elle s’enivre de mots puis repart vers les mers, dans les horizons lointains de l’Orient... elle s’égare vers l’île de Pâques, puis se révolte dans Canto General avant de s’apaiser dans la contemplation des lumières de Valparaiso. Et toujours, la femme aimée...

    C’est une vision impressionniste de Neruda qui a été imaginée, avec cinq artistes sur le plateau. Cette vision d’une beauté qui n’a cessé de hanter Neruda dans toute son oeuvre.

    FRANÇOISE PETIT

    Elle commence en 1980 une carrière de metteur en scène et signe les réalisations suivantes à Lyon et Paris : Le mariage de Figaro de Beaumarchais et Trente millions de Gladiator d’Eugène Labiche aux Amandiers de Nanterre. Une journée particulière d’Ettore Scola au Théâtre de la Ville, Samedi, dimanche et lundi d’Eduardo de Filippo et la Servante maîtresse de Pergolèse au Théâtre du 8ème avec l’Opéra de Lyon. Au terme du contrat de six ans au CDN de Lyon, Françoise Petit est invitée à réaliser des mises en scène dans différents théâtres : à Anvers, au Théâtre des Célestins, puis une création en Suisse Les Enchaînés de O’Neil, reprise au Théâtre Renaud-Barrault à Paris.

    Depuis les années 2000, on la retrouve dans de nombreux spectacles, dont une création au festival de Cracovie, puis au théâtre du Rond-Point à Paris dans Une nuit de Casanova, un opéra-jazz, L’Archipel de François Mechali, direction Philippe Nahon au festival de Picardie, le Faiseur de Balzac avec Jean-François Balmer au Théâtre des Célestins à Lyon.


    En 2011/2012, elle créée à la Scène Nationale les Gémeaux à Sceaux, le spectacle Voyage au bout de la nuit de Céline, avec une reprise au Théâtre de l’oeuvre à Paris, pour 100 représentations. Elle participe enfin à l’adaptation et fait la mise en scène du spectacle Le voyageur, sur les textes et la poésie de Pablo Neruda, dont la création à eu lieu à Nouméa en 2014.

    vendredi 9 février 2018

    «50 POÈMES POUR LA NEIGE»


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    LE FESTIVAL A TRAVERSÉ UNE BONNE PARTIE
    DE L'EUROPE AVANT D'ARRIVER À TOULOUSE
    PHOTO DDM, M.-P. V 
    Toulouse « Cinquante poèmes pour la neige »... et pour un festival Fêtes et festivals - Poésie Toile de fond ou décor naturel ? La 6ème édition du Festival apportera sa réponse dans la soirée de vendredi. Accès libre et gratuit. Informations : 50poemsforsnow (Facebook), Tél. 05 61 22 13 31.
     La Dépêche du Midi
    AFFICHE DE L'ÉVÉNEMENT

    Vendredi 9 février à partir de 20 h 30, à la Maison de l'Occitanie (11, rue Malcousinat à Toulouse, métro Esquirol), l'association columérine Des Livres et des Idées organise le festival « 50 poèmes pour la neige », en collaboration avec Chili Culture et Solidarité, Convergéncia Occitana, Radio Occitanie et les éditions N&B. « Le principe est de partager un moment de poésie sur le thème de la neige, dans une atmosphère conviviale », précise Patrick Zemlianoy, secrétaire de l'association Des livres et des Idées et coordinateur du festival sur Toulouse. L'Autriche, la Croatie, la Bulgarie, la Finlande, le Kosovo, la Serbie, la Slovénie, ont déjà accueilli ce Festival 2018, dédié à l'immense poète chilien Pablo Neruda


    À Toulouse, sa personnalité et son œuvre seront évoqués par Patricia Ciutat, présidente de l'Association Chili Culture et Solidarité, avec le concours d'artistes musiciens. Plusieurs poètes se succéderont pour lire des textes, mêlant persan, occitan et français. Le public est aussi convié à prendre une part active à ce festival en faisant partager des textes ayant bien sûr la neige comme toile de fond.  

    mardi 24 octobre 2017

    CHILI : LA VERSION OFFICIELLE DE LA MORT DE PABLO NERUDA SCIENTIFIQUEMENT CONTREDITE

    CHILI : LA VERSION OFFICIELLE DE LA MORT DE 
    PABLO NERUDA SCIENTIFIQUEMENT CONTREDITE

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    Quarante-quatre ans après la mort du poète chilien Pablo Neruda, un rapport d’analyse publié ce weekend a fait l’effet d’un coup de tonnerre en invalidant la raison officielle de son décès. Le Prix Nobel de littérature, disparu douze jours après le coup d’État de Pinochet en 1973, n’est pas mort d’un cancer de la prostate, avance un panel d’experts, qui a par ailleurs découvert une bactérie toxique d’origine indéterminée dans une de ses dents. De quoi rouvrir ce dossier emblématique. 
    Une émission préparée par Patrick Lovett et Florence Viala 
    Par Laurie FACHAUX 
    NOS INVITÉS Franck GAUDICHAUD Politologue, maître de conférences en civilisation latino-américaine à l'université de Grenoble 3

    CHILI : LA VERSION OFFICIELLE DE LA MORT DE PABLO NERUDA SCIENTIFIQUEMENT CONTREDITE

    samedi 21 octobre 2017

    LA MORT DE PABLO NERUDA LIVRE SES SECRETS

      LA MORT DE PABLO NERUDA LIVRE SES SECRETS

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    La mort de Pablo Neruda n’a pas encore livré tous ses secrets, mais une chose est sûre : le poète chilien n’a pas succombé à un cancer. Sa famille a toujours soupçonné un empoisonnement, alors que sa mort est survenue peu après le coup d’Etat de Pinochet venu renverser Salvador Allende, dont il était proche. Une équipe de chercheurs internationaux mandatée par la justice chilienne vient donc démentir la version officielle. “Il est nécessaire de situer, du point de vue des études de génomique microbienne, le véritable rôle de ces bactéries dans la mort du poète”, indique l’expert médico-légal espagnol Aurelio Luna, “et de savoir si elles ont été modifiées en laboratoire pour être utilisées comme une arme chimique, ou si c’est un autre type de bactérie”. 
    Les restes de Pablo Neruda, exhumés en 2013, ont été remis en terre trois ans plus tard. Les bactéries à l’origine de sa mort sont toujours en cours d’analyse. Des agents de la dictature auraient pu les inoculer au prix nobel de littérature, selon des chercheurs espagnols.

    PRIX NOBEL DE LITTÉRATURE : PABLO NERUDA


      PRIX NOBEL DE LITTÉRATURE : PABLO NERUDA

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    Prix Nobel de littérature : Pablo Neruda JT 20H Video 21 Octobre 1971. 55s Pablo NERUDA lors d'une conférence de presse, à propos du prix Nobel de littérature qui lui a été attribué, et de la situation de son pays.

    PABLO NERUDA N’EST PAS MORT D’UN CANCER, MAIS LE MYSTÈRE DEMEURE


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     PABLO NERUDA EST DÉCÉDÉ EN 1973,
    OFFICIELLEMENT D'UN CANCER DE LA PROSTATE.
    PHOTO JOVANE FARABOLA
    «Ce qui est certain, ce qui est catégoriquement sûr à 100 %, c’est que le certificat de décès ne reflète pas la réalité », affirme un groupe d’experts internationaux.  
    Le Monde.fr avec l'AFP
    Un groupe de seize experts internationaux mandaté par la justice chilienne a conclu vendredi 20 octobre que la mort du Prix Nobel de littérature Pablo Neruda, survenue peu après le coup d’État d’Augusto Pinochet en 1973, n’est pas due à un cancer. 

    C’est pourtant cette cause qui est rapportée sur son certificat de décès. « Ce qui est certain, ce qui est catégoriquement sûr à 100 %, c’est que le certificat ne reflète pas la réalité », a déclaré lors d’une conférence de presse le docteur Aurelio Luna, au nom des scientifiques chargés de déterminer si le poète a été assassiné par la dictature.

    Ces spécialistes, originaires du Canada, du Danemark, des Etats-Unis, d’Espagne et du Chili n’ont cependant pas réussi à déterminer les causes réelles de la mort de Pablo Neruda.

    Empoisonnement ?

    Les experts ont cependant découvert une nouvelle bactérie non cancéreuse. Elle est à l’étude dans des laboratoires au Canada et au Danemark, ce qui devrait permettre de mieux comprendre les circonstances de la mort de Neruda. La famille du poète soupçonne un empoisonnement.

    Les restes du Prix Nobel, décédé dans une clinique de Santiago en 1973, quelques jours après le coup d’Etat contre le président socialiste Salvador Allende dont il était proche, ont été l’objet ces dernières années de nombreuses expertises. Exhumés en 2013, ils ont finalement été remis en terre en avril 2016, sans que le mystère soit totalement levé.

    Mystérieuse injection

    En mai 2014, une équipe de chercheurs espagnols avait révélé la présence massive de bactéries, des staphylocoques dorés, qui auraient pu être inoculées par des agents de la dictature. Selon le certificat de décès rédigé par la junte militaire alors au pouvoir, le poète a succombé à 69 ans d’un cancer de la prostate.

    Mais en 2011, son chauffeur de l’époque et assistant personnel, Manuel Araya, a affirmé que sa mort était due à une mystérieuse injection faite la veille de son départ pour le Mexique, où il comptait s’exiler pour y mener l’opposition au général Pinochet. « Neruda a été assassiné », déclarait M. Araya en 2013.

    Une enquête judiciaire avait alors été ouverte, tandis que d’autres témoignages venaient semer le doute en assurant que Pablo Neruda était en forme jusqu’à la fameuse injection. La mort en 1982, dans la même clinique, de l’ex-président Eduardo Frei (1964-1970), venu pour une opération de routine et qui pourrait avoir été empoisonné, a renforcé la thèse d’un assassinat du poète.

    samedi 23 septembre 2017

    LA MORT DE PABLO NERUDA

        PHOTO EVANDRO TEIXEIRA
     Pablo Neruda est mort dimanche 23 septembre, peu avant minuit, dans un hôpital de Santiago-du-Chili, à l'âge de soixante-neuf ans. Il était atteint d'un cancer à la prostate. Prix Nobel de littérature, considéré comme l'un des plus grands écrivains contemporains de langue espagnole, Pablo Neruda disparaît douze jours après son ami Salvador Allende, dont il avait été l'ambassadeur à Paris. Il avait, en octobre 1972, quitté la France pour se retirer dans sa résidence chilienne d'Isla-Negra, sur la côte Pacifique, et se faire soigner. Au lendemain du coup d'Etat, des rumeurs avaient circulé faisant état de sévices infligés par les militaires au poète, militant fidèle du parti communiste. Sa sœur les avait démenties. Mais des carabiniers encerclaient sa maison d'Isla-Negra, qui a été perquisitionnée, ainsi que sa demeure de Santiago.
    Il savait bien qu'il était condamné à mort par le mal inexorable. Pendant ses dernières semaines parisiennes, dans cette ambassade triste et grise où il traînait son ennui d'écrivain grand seigneur peu fait pour les mondanités de la diplomatie, il se déplaçait déjà avec peine, étirant sa jambe droite ankylosée. L'œil malicieux et plissé d'une ride de complicité, ce bon vivant qui fut toujours amateur de bonne chère et de bons vins affectait de mettre ses malheurs sur le compte de la goutte.

    C'est avec soulagement, malgré sa certitude de ne plus jamais revenir dans un Paris qui avait profondément marqué sa jeunesse, qu'il était rentré au pays, ce Chili étroit et profond qu'il a toujours porté au cœur. Comme un grand fauve blessé sentant sa fin prochaine, il avait regagné sa tanière d'Isla-Negra, sur la côte du Pacifique, au sud de Valparaiso. Une lande aride balayée par les vents, un bouquet de pins tourmentés, quelques rochers aux couleurs d'ardoise, une succession de caps aigus plongent dans les eaux froides : à l'île Noire, Pablo se sentait assez proche de Santiago et de Valparaiso pour ne pas perdre réellement le contact avec une politique qui le passionnait autant que la vie.

    Le maître était pointilleux, jaloux de sa tranquillité, mais généreux aussi, invitant sans trop songer, à l'espagnole. " Cette maison est la vôtre ", et puis oubliant et se renfrognant, fort capable de laisser à la porte celui ou celle qu'il ne souhaitait pas rencontrer ce jour-là.

    Mais quel hôte pour les privilégiés accueillis dans ce décor étrange où l'on ne pouvait manquer d'évoquer Robinson Crusoé et Bergman ! L'homme, massif, la démarche d'un terrien solide, avait le maintien seigneurial et faussement modeste des grands caciques, le masque lourd et noble de l'Indien.

    Isla-Negra, c'était pour lui une manière d'être resté fidèle à Temuco, dans ce Sud où il était né, le 12 juillet 1904, d'un père cheminot et d'une mère institutrice. Temuco, petite ville de pionniers, c'est le cœur du pays araucan, de la grande forêt, des eaux pures des torrents qui tombent de la cordillère, et se précipitent dans des sillons étroits vers l'océan tout proche. De puissantes odeurs d'herbes, de troncs d'arbres abattus et d'une terre grasse détrempée par les pluies flottent à Parral, où résidait alors la famille de Ricardo Eliacer Neftali Reyes y Basoalto. Plus tard, Pablo changea ce nom pour celui de Neruda, qu'il avait découvert, par hasard, en feuilletant une revue littéraire.

    Plus tard, aussi, il monte sur les hauteurs du Macchu-Picchu, près du Cuzco, où les ruines incasiques dominent les turbulences du rio Urubamba. Il en a fait, dans l'un de ses plus beaux poèmes, le symbole de la grandeur indienne, de l'homme humilié par une histoire injuste. Dans son esprit, l'Indien des hautes terres péruviennes n'était pas différent de l'Araucan : fidélité à une nature primitive, approche de l'homme humilié, deux des thèmes essentiels de l'œuvre de Neruda.

    Il n'avait pas vingt-sept ans qu'il était consul à Rangoon, avant d'être nommé à Colombo puis à Batavia. Après une nouvelle parenthèse consulaire à Buenos-Aires, qui correspond à la publication de sa Résidence sur la Terre, il est, en 1934, envoyé à Barcelone puis à Madrid. Période féconde, exaltante, découverte des amitiés décisives, Federico Garcia Lorca, Rafael Alberti, Miguel Hernandez, fondation de la revue Cheval vert et publication de la seconde Résidence.

    Pablo, animal politique, était né une seconde fois en 1936 dans les nuits lourdes de juillet où éclatèrent les premières rafales de la guerre d'Espagne.

    Est-ce la disparition physique de quelques-uns de ses meilleurs compagnons, comme Federico, qui le fait basculer dans l'engagement politique ? Ou la soudaine révélation que les nuances et les subtilités ne comptent plus à l'heure de vérité ? Il découvre que le droit et la justice ne sauraient être de plusieurs côtés à la fois. Il choisit son camp et ne le quittera plus jamais malgré les doutes, les révélations terribles, et les brocards de ses adversaires de droite ou d'ultragauche. A la fin de 1936, réfugié à Paris, il avait fondé avec le poète péruvien Cesar Vallejo un groupe latino-américain d'aide à l'Espagne républicaine et il avait contribué à organiser l'émigration au Chili de plus de deux mille réfugiés espagnols.

    Nommé à Mexico en 1940, il avait retrouvé ces certitudes simples dans les œuvres des grands moralistes Diego Rivera, Alfaro Siqueiros, Orozco, chantres de la révolution mexicaine de 1910, et ces deux influences conjointes l'incitèrent à adhérer, à son retour au Chili, au parti communiste. Il dut à cet engagement personnel, qu'il n'a jamais renié, la clandestinité, l'exil, une nouvelle errance sur les routes du monde, la connaissance de l'U.R.S.S. puis de la Chine. On lui reprocha plus tard sa fidélité inconditionnelle à l'U.R.S.S. après les révélations du XXe Congrès, mais il ne faisait en l'occurrence qu'imiter le comportement des dirigeants. Corvalan, Teitelboim, d'un parti qu'il contribuait à soutenir financièrement.

    On lui a reproché aussi ses voyages aux États-Unis et ses pirouettes à l'égard de la Chine. Il n'en avait cure. Solitaire vaniteux, fragile et puissant, il sentait venir la tempête en même temps que la nuit qui descendait lentement sur sa vie. Il avait, l'un des premiers, crié au secours, lancé de nouveau l'anathème contre le péril fasciste qu'il avait aperçu, pour la première fois, campant de l'autre côté de la cité universitaire de Madrid. Personne, mieux que lui, ne pouvait sentir les analogies profondes entre ce Chili des bombes, des attentats, des provocations, des proclamations, de !a coupure en deux camps d'août 1973 et l'Espagne d'avant la guerre civile. Mais cette fois, il n'y aurait pas de brigades, pas de répit, pas de lente agonie avant l'effondrement final. Rien que l'explosion de bombes écrasant le bureau de son ami Salvador Allende, à la Moneda, et dont l'écho devait lui parvenir, assourdi, jusqu'à son lit d'hôpital de Santiago.

    LA MAISON DE PABLO NERUDA A ÉTÉ SACCAGÉE

    Santiago-du-Chili. - La maison est accrochée aux flancs de la colline de San-Cristobal, qui domine Santiago. Il faut, pour y parvenir, grimper une rue en pente au bout de laquelle s'étale sur un mur une fresque aux dessins larges et colorés proclamant : " Neruda, la jeunesse te salue. "
    C'est là qu'est veillé le corps du poète Mais, dès l'entrée, les larmes montent aux yeux. Cette merveilleuse maison bleue, étagée sur plusieurs niveaux au milieu de la verdure et des plantes sauvages, n'est plus qu'une ruine, des " visiteurs " y sont passés la semaine dernière.

    Autodafé

    Tout a été détruit. Plus une vitre aux fenêtres. Le téléphone a été arraché. Quelques meubles sens dessus dessous dans des pièces désolées. Dans un coin du jardin, un livre de poèmes espagnols à demi calciné au milieu des cendres de l'autodafé. Plus un seul vestige de la bibliothèque, ni de la collection de céramiques, ni des nombreuses peintures naïves qui faisaient l'admiration des privilégiés reçus chez le maître. Pour monter d'une pièce à l'autre, il faut se frayer un chemin parmi les décombres. Patauger dans la boue, car la maison a été à moitié inondée.

    Dieu sait pourquoi et comment. Du bureau subsistent seules la grande table de travail éraflée et une horloge ancienne au cadran de porcelaine bleue défoncé. Un vieil exemplaire des Lettres françaises traîne dans un coin.

    Le cercueil est dans une petite pièce triste, ouverte à tous les vents On écrase des éclats de verre pour s'approcher et contempler une dernière fois le visage cireux dont la mort semble avoir accentué l'indianité austère.

    Des fleurs arrivent. Deux œillets blancs sur le cercueil et quelques bouquets humbles apportés par des mains anonymes.

    La veuve, Matilde Urutia, a tenu à ce que Pablo soit veillé dans sa propre maison, même saccagée. Cette mort aurait exigé des funérailles nationales. En novembre dernier encore, tandis que Salvador Allende se faisait aux Nations unies l'avocat du tiers-monde, c'était le général Prats, autre disparu, qui, au titre de vice-président de la République, avait rendu hommage au prix Nobel " dont la gloire rejaillissait sur chaque citoyen ". Nous étions au stade national. Aujourd'hui, ce même stade sert de camp de concentration pour ceux des amis du poète qui ne sont pas cachés ou tués. Les militaires patrouillent aux alentours. Seuls ont pu venir quelques diplomates, quelques proches point trop " marqués ", quelques démocrates - chrétiens libéraux, comme Radomiro Tomic. L'ambassadeur de Suède a trouvé les mots justes pour saluer l'auteur du Chant général devant les cameramen de la télévision. L'ambassadeur de France, M. Pierre de Menthon, est venu avec ses deux conseillers. Une carte laissée par un étranger est d'un laconisme éloquent : " Nos duele Chile " (le Chili nous fait mal).

    Ce mardi, Neruda aura droit à l'enterrement des pauvres. Sa dépouille mortelle sera déposée provisoirement au cimetière de Santiago, dans le caveau d'une famille amie. Plus tard, peut-être, sera-t-elle transportée à Isla-Negra, près de sa maison-musée, autre merveille exquise bâtie avec amour au bord du Pacifique, mais qui, aux dernières nouvelles, vient de subir aussi le même genre de " visite ".

    HOMMAGE À PABLO NERUDA À LA SALLE PLEYEL

    Miguel Angel Asturias, prix Nobel, ancien ambassadeur du Guatemala en France, a lu jeudi soir, salle Pleyel, un émouvant poème à la mémoire de son ami Pablo Neruda, le chantre de l'Indien humilié et des turbulences cosmiques de la terre américaine.

    Se nombreux intellectuels, artistes et hommes politiques ont participé à cet hommage au poète chilien disparu, en particulier Aragon et M. Defferre, député, maire de Marseille, et président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale. Plusieurs dizaines de personnes n'ont pu, faute de place, entrer dans la salle Pleyel.

    Quelques - uns des plus beaux poèmes de Pablo Neruda ont été lus, en particulier l'ode au Macchu Picchu, sommet de la civilisation indienne, les stances à l'amour et à la mort, les deux thèmes essentiels d'une œuvre marquée par l'engagement politique et la compassion pour l'homme. Le groupe chilien Pachacamac avait apporté ses guitares pour chanter ces airs nostalgiques et tendres qui ont fait le tour du monde.


    MESSAGE DE M. POMPIDOU A Mme NERUDA

    M. Georges Pompidou, a adressé mardi 25 septembre, à Mme Pablo Neruda, le télégramme suivant :
    Le Monde du 27.09.1973
    «C'est avec un profond et sincère regret que j'ai appris la mort de Pablo Neruda. Dans cette triste circonstance, je vous prie d'agréer mes bien vives condoléances.

     Je connaissais de longue date son talent d'écrivain et de poète. Durant son séjour comme ambassadeur du Chili en France, j'ai pu apprécier ses qualités humaines et nouer avec lui des relations amicales.

    En vous exprimant mes sentiments très attristés, je vous prie d'agréer, madame, mes respectueux hommages. » 

    DERNIÈRES IMAGES DE PABLO NERUDA


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    L'ESSAI fort complet consacré à Pablo Neruda par Rodriguez Monegal a le mérite de corriger l'image un peu sommaire que nous avons prise, chez nous, du grand poète sud-américain. On veut absolument le scinder : il y a le poète, et il y a l'homme politique.
     LE 26 JUILLET NERUDA S'ADRESSANT
    À NICOLAS GUILLEN PENDANT UNE
    RÉCEPTION ORGANISÉE POUR
    COMMÉMORER LE 10ÈME ANNIVERSAIRE
    DE LA RÉVOLUTION CUBAINE À
    L'UNIVERSITÉ DE SANTIAGO AU CHILI,
    LE 26 JUILLET 1963.

    C'est que nous n'approchons, dans notre langue, qu'une partie de cette œuvre immense, qui fait songer à Victor Hugo, justement, par son désordre " océan " et son abondance généreuse. Mais au moins ce que nous en savons suffit-il pour lire avec profit l'essai de Monegal, heureusement prodigue de citations et qui recourt volontiers à des documents qui nous sont souvent interdits.

    Qui examine l'ouvrage complet de Neruda voit que le tout s'organise par cycles successifs, mais singulièrement et étroitement unis entre eux et dépendants les uns des autres. Par exemple, le cycle des Résidences sur la terre, par la troisième série, annonce et permet le Chant général, qui, lui-même, en divers endroits, perpétue les échos des premiers poèmes mais élabore secrètement ce qui sera le matériau, plus tard, des Odes élémentaires. Le chemin du poète, son cheminement, ainsi s'éclaire. La biographie réelle nécessite une biographie allégorique, si bien que le long séjour en Orient, l'effort d'écrire les premières Résidences, devient, littéralement, " saison en enfer ". Et résurrection, la guerre civile espagnole. Puis, par le retour au Chili, l'ouverture au monde, la montée au Machu-Picchu, le moi s'efface et, comme le dit très justement Monegal, le poète dès lors vocalise, c'est-à-dire qu'il parle pour ceux qui sont plongés dans le silence jusqu'à la mort.

    A ce moment, et à ce moment seulement (1945), Pablo Neruda s'inscrit au parti communiste chilien : la poésie et la réflexion politique aboutissent, ensemble, au même point focal, l'action. Mais dès lors également, aux temps de la seconde guerre mondiale, de l'exil, de la guerre froide, Neruda va se répéter dans un discours " horizontal ", celui, principalement, du recueil les Raisins et le Vent. Mais, avant même que ce cycle ne se referme, la poésie reprendra le dessus, creusant l'être, verticale à nouveau, mais enrichie, non seulement par l'amour pour Mathilde Urrutia (les Vers du capitaine), mais par l'expérience du vaste monde.

    Alors, le poète recommencera à parler de lui (ce seront Vaguedivague, la Centaine d'amour, le Mémorial de l'île noire), mais le je qui s'exprime là concerne et englobe les je de tous. Et s'avoue le Chili, qui est, malgré les voyages, les errances, les exils successifs, le seul lieu, celui de la parole, celui de la fraternité, et le moyeu immobile auquel Neruda est cloué par tous les mots qu'il a écrits, et qui chantent. Ce qui donne à sa mort, dans ce pays fusillé, une dimension terrifiante.


    vendredi 1 septembre 2017

    ESPAGNE - CHILI : VÍCTOR PEY TÉMOIN DU SIÈCLE


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    VÍCTOR PEY LORS DE LA
    GUERRE CIVILE ESPAGNOLE, 1938
    PHOTO BBC
    Víctor Pey Casado, né à Madrid, le 31 août 1915, est un ingénieur, enseignant  et entrepreneur espagnol naturalisé chilien ayant passé l'essentiel de sa vie au Chili.  
     VÍCTOR PEY TÉMOIN DU SIÈCLE
    après avoir lutté lors de la guerre civile espagnole dans le camp républicain, et devant l'imminente chute de Barcelone, les frères Pey Casado traversent la frontière française. Ils sont faits prisonniers et sont transférés vers un camp de prisonniers à Perpignan. Après plusieurs péripéties, aidés par la famille et des amis, ils arrivent à Paris sans papiers. Víctor Pey obtient un travail de nuit dans le bureau du Gouvernement  républicain en exil.

    Suite à l'appel de  Pablo Neruda venu en France chercher des espagnols pour les emmener au Chili, Pey présente sa candidature lors d’un entretien avec Neruda et est accepté comme passager du bateau Winnipeg.

    En exil au Chili, il monte une entreprise d'ingénierie avec son frère et ils font fortune dans le secteur du bâtiment et des travaux publics.

     VÍCTOR PEY TÉMOIN DU SIÈCLE
    En 1948  le sénateur et poète Pablo Neruda fuit la persécution engagée contre lui l'année antérieure par le gouvernement de Gabriel González Videla. Víctor l’aide à son tour en le faisant passer à la clandestinité, lui permettant ainsi de quitter le Chili. Ami de Salvador Allende, Pey soutient le candidat dans ses campagnes électorales.  Il achète le quotidien au plus grand tirage du Chili, « El Clarín », appuie le projet d'Allende, le nouveau président du Chili, et l'accompagne jusqu'à ses dernières heures dans le palais de la Monnaie. Le 11 septembre 1973, Pey doit revivre le  coup d'État qui a anéanti l'Espagne Républicaine. Il repart à nouveau en exil avec l’aide  des ambassadeurs de l'Espagne et du Venezuela.

    Le dernier combat de Pey est toujours en cours. Il a obtenu que la Banque mondiale le reconnaisse comme propriétaire du journal « El Clarín », confisqué par Pinochet. Mais les  gouvernements démocratiques successifs n'ont pas voulu honorer l'arbitrage.

    ODYSSÉE DU WINNIPEG: UNE AVENTURE MÉMORABLE EN AMÉRIQUE LATINE


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    PABLO NERUDA REND VISITE AUX ESPAGNOLS RÉPUBLICAINS 
    RÉFUGIÉS À BORD  DU WINNIPEG, BORDEAUX 1939
    PHOTO IONE ROBINSON



    Le 3 septembre 1939, le bateau Winnipeg arrivait dans le port de Valparaiso, au Chili. À bord de cette embarcation se trouvaient plus de 2 000 exilés espagnols qui avaient largué les amarres un mois plus tôt à Pauillac, près de Bordeaux. À cette époque, la guerre civile espagnole venait de prendre
    fin et la dictature en était à ses débuts, jetant sur les routes de l’exil près de 400 000 républicains qui ont traversé la frontière franco-espagnole pour se retrouver dans des camps d’internement. Confrontés à un accueil parfois hostile et à l’impossibilité de retourner en Espagne, beaucoup d’entre eux ont essayé de partir. Certains sont montés à bord du Winnipeg affrété par le poète Pablo Neruda. Retour sur cette aventure.
    La victoire du fascisme en Espagne a marqué le
    LE WINNIPEG DATÉE DE 1939.
     début d’une période d’insécurité et de déception pour les républicains espagnols. Face à l'imminence de la guerre mondiale en Europe, l'Amérique latine est apparue comme une destination possible d’exil. C'est alors que le poète Pablo Neruda a convaincu le président du Chili, Pedro Aguirre Cerda, d’accueillir certains républicains. Nommé consul spécial pour l’immigration espagnole, Neruda a alors eu pour mission de choisir les personnes qui allaient monter à bord du Winnipeg.

    Ce cargo, plus connu comme « le bateau de l’espoir», appartenait à France navigation, une compagnie créée par le Parti communiste français. Non conçu pour transporter des passagers, il a fallu l'aménager. Il a finalement été fin prêt en août 1939. Pourtant, la traversée n'a pas été facile en raison des différences idéologiques qui opposaient certains passagers et de l'incertitude de l'avenir. Mais tout a changé en arrivant au Chili.

    « Quand on perd une guerre, il faut toujours chercher des coupables. Et dans ce bateau, où il y avait des représentants des différentes tendances politiques qui avaient participé à la guerre civile, on cherchait aussi des coupables. Les anarchistes blâmaient les communistes, les socialistes blâmaient les deux autres... Donc la traversée a été compliquée, explique Julio Galvez, auteur d'un livre sur le Winnipeg. Mais tout cela a changé en arrivant au Chili, où l'accueil a été spectaculaire. Les républicains espagnols n’en croyaient pas leurs yeux. Ils ne comprenaient pas pourquoi ils ont été accueillis en héros, alors qu’ils avaient perdu la guerre. C’est à ce moment-là que leur perception sur l’exil a changé. »

    Des passagers sélectionnés par Neruda

    Ces migrants n’étaient toutefois pas considérés comme des héros pour la droite chilienne. Elle a d’ailleurs accusé dans un premier temps Pablo Neruda d’avoir amené au Chili des militants staliniens.

    « La droite chilienne s’opposait fermement à l’arrivée des républicains espagnols. Elle affirmait que si des ouvriers de d’autres pays arrivaient, ils allaient piquer le travail des Chiliens, explique Julio Galvez. Mais après l’arrivée, il a été évident que cette accusation était infondée, que les républicains s’intégraient parfaitement au Chili, et qu’ils apportaient une contribution extraordinaire. »

    Mais il faut préciser que Pablo Neruda avait sélectionné les migrants. « Amenez-moi des milliers de républicains en tenant compte des nécessités de l’industrie chilienne », lui avait demandé le président chilien. Il y avait donc des ouvriers parmi les 2 000 migrants, mais pas seulement. C’est ainsi que la famille de la célèbre peintre Roser Bru, 16 ans à l’époque, s’est retrouvée sur le Winnipeg.

    20 000 descendants des passagers en Amérique latine

    Soixante-dix-huit ans plus tard, sa petite fille, Amala Saint-Pierre, revient sur l’importance de Neruda dans cet épisode. « Neruda a eu l’intelligence de mélanger non seulement des professionnels techniciens qualifiés, mais aussi des intellectuels, raconte-t-elle. C’est un bateau extrêmement symbolique, car il amène de l’espoir chez les passagers, mais il ramène aussi au Chili un groupe de personne qui va faire beaucoup de bien au développement culturel, industriel, politique et social au Chili. »

    Comme elle, ils sont désormais près de 20 000 descendants des passagers du Winnipeg. Ce chiffre non négligeable fait de ce bateau une histoire très connue et valorisée en Amérique latine. Ce qui n’est pas le cas en Europe, regrette Amal Saint-Pierre : « J’ai l’impression que l’Europe ne reconnait pas l’importance de ces survivants espagnols pour l’Amérique latine. Ce sont des personnes qui ont été profondément touchées par la guerre, l’exil et l’abandon ».

    Cette traversée n’a pas été la dernière pour le Winnipeg. Il a continué à naviguer jusqu'en 1942, avant d’être attaqué par un sous-marin allemand alors qu'il traversait l'Atlantique de Liverpool au Canada. Tous les passagers ont été sauvés, mais le navire a sombré.


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    PHOTO THOMAS HOEPKER


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