Citation de Pablo Neruda

dimanche 31 janvier 2010

LE POÈTE PABLO NERUDA AU CERCLE DE LECTURE

Un début de causerie sous le charme : « Né à Parral, il vécut jusqu'à l'âge de 17 ans à Temuco, dans le sud du Chili. Il fut donc un enfant du froid et du vent, de la pluie éternelle, du grand sud austral, dont les sens ont été éveillés à la vie par une nature exubérante et odorante, renaissant, comme le Phénix, de sa perpétuelle décomposition. » Lorsqu'il fait parler l'écrivain, le glissement s'opère douceur : « Qui ne connaît pas la forêt chilienne ne connaît pas la planète : C'est de ces terres, de cette boue, de ce silence que je suis parti cheminer et chanter à travers le monde. » Quid du maître et de l'élève !Le décor est planté, le bain poétique assuré à travers les propos de l'orateur et les extraits.

L'auditoire scotché allait suivre avec passion la carrière de cet écrivain, doublé d'un politique, un court moment ambassadeur en France.

samedi 30 janvier 2010

Exposition « Allende-Neruda – Inoubliables»

Exposition "Allende – Neruda - Inoubliables’’ : chapeau pour la Une du 29 janvier au 19 février à l'Aubette


Des peintures, des photographies, des objets de collection et des poèmes illustrent la vie et l’œuvre de Pablo Neruda, Prix Nobel de littérature, poète, écrivain, diplomate et homme politique.
En cette année du bicentenaire de l’indépendance du Chili (1810-2010), l’exposition rend hommage à Pablo Neruda, Prix Nobel de littérature, poète, écrivain, diplomate et homme politique.
L’exposition rassemble des œuvres inspirées par la vie et l’œuvre du poète chilien, des peintures, des photographies, des ouvrages, mais aussi des objets de collection ayant appartenu à Pablo Neruda. On peut y admirer quelques peintures de grands artistes tels David Alfaro Siqueiros, José Balmes, Oswaldo Guayasamin et Roberto Matta.
Rythmée par des poèmes de Pablo Neruda et des textes de Salvador et Isabel Allende, cette exposition propose un parcours en quatre parties. Plusieurs peintures évoquent une de ses œuvres majeures, Les hauteurs du Machu Picchu. L’Espagne au cœur retrace son engagement auprès des Républicains espagnols. Sa collection de bouteilles bleues, de cloches et de figures de proue nous révèle un Neruda plus intime. Enfin, des œuvres d’artistes de diverses nationalités illustrent celui qui fut aussi un grand poète de l’amour.
Pablo Neruda a partagé avec Salvador Allende des rêves de justice et de liberté. Il a plusieurs fois soutenu la candidature de celui qui deviendra président de la République du Chili en 1971. Morts tous les deux en septembre 1973, ces ‘’Inoubliables’’ ont profondément marqué l’histoire et la pensée du Chili.
du 29 janvier au 19 février
salle de l'Aubette - place Kléber
du lundi au samedi de 10 heures à 20 heures
en partenariat avec le Consul du Chili à Strasbourg et sous le parrainage du ministère des Affaires étrangères du Chili, l’ambassade du Chili en France, l’association sexto-sol Chili et l’association Allende 93.

Le Chant général


Le jour même de la mort de son père, le 7 mai 1938, Pablo Neruda (1904-1973) commence la rédaction du Chant général du Chili, qu'il intitulera plus tard, en raison de sa dimension continentale, Chant général. La mort de ses parents semble détacher à jamais Neruda du Chili de son enfance, de ce Temuco de la forêt, de la pluie et des chemins de fer que conduisait son père. C'est un nouveau processus créatif, puissant et profond, qui se met en marche et qui engendrera ce qu'on considère aujourd'hui comme l'œuvre majeure du poète chilien.

Avec Résidence sur la terre (1933-1935), Neruda avait fait la double expérience de l'éloignement géographique - il est alors amené à occuper un poste diplomatique en Asie du Sud-Est - et de la plongée dans son propre enfer personnel, après avoir publié en 1924 Vingt Poèmes d'amour et une chanson désespérée, qui lui confèrent une renommée qui ne se démentira plus. En 1935, en poste en Espagne, il renforce ses liens avec une pléiade de poètes dont certains seront évoqués avec émotion dans le Chant général : Alberti, García Lorca, Aleixandre, Miguel Hernández. La guerre d'Espagne sera pour lui l'épreuve de la solidarité, qui se cristallise dans Espagne au cœur (1937), publié l'année suivante en français avec une préface d'Aragon. C'est une tout autre image de l'Espagne que véhiculera le Chant général : celle d'une puissance colonisatrice, rapace et impitoyable.

De 1940 à 1945 Neruda est en poste au Mexique ; en 1942, il publie les premiers extraits du Chant général ; en 1943, il fait un voyage au Pérou, où il visite les ruines de Macchu Picchu. Cette visite est à l'origine de « Hauteurs de Macchu Picchu », une des séquences les plus inspirées du Chant général. À la suite de graves divergences politiques avec le nouveau président du Chili, Gabriel González Videla, Neruda entre dans la clandestinité. Il met à profit cette période difficile pour progresser dans la rédaction de son recueil. En février 1949, il réussit à sortir du Chili en traversant la partie australe de la Cordillère des Andes. Il se rend en Union soviétique - il a adhéré au Parti communiste chilien en 1945 - et c'est au Mexique que, en 1950, sera publié le Chant général. Parallèlement, deux éditions clandestines de l'œuvre vont circuler au Chili. La même année, le livre est publié en Chine, aux États-Unis, en Inde, en Syrie, en Roumanie, en Pologne, en Suède et en Union soviétique, dans une édition tirée à 250 000 exemplaires. Neruda ne rentrera au Chili qu'en août 1952.

1. Une poésie engagée


Œuvre monumentale, le Chant général s'élabore sur une période d'environ douze années, avec des phases d'accélération et de ralentissement. Bien entendu, l'engagement politique du poète se fait sentir dans cette fresque où sont condamnés avec vigueur « les avocats du dollar », l'implantation sanglante des grandes compagnies minières et fruitières nord-américaines, la diplomatie du « gros bâton », l'appui aux dictateurs locaux. Mais, plus qu'une vision simpliste de l'histoire qui suivrait les aléas de la guerre froide, le Chant général est avant tout une chaleureuse et vibrante remontée aux sources de l'homme et des paysages américains (Chants I et II), de l'histoire passée et présente du continent (Chants III, IV et V). À partir du Chant VI, la figure du poète prend un relief particulier. Son retour au Chili en 1939 est évoqué (Chant VII), puis sa volonté de chanter le sacrifice des humbles (Chant VIII), son hostilité à la politique des États-Unis (Chant IX), ses aventures dans la clandestinité (Chant X), sa solidarité avec les déshérités (Chant XI), le salut qu'il adresse à ses frères en poésie (Chant XII), son dialogue avec une patrie à la fois généreuse et hostile (Chant XIII), sa fascination devant l'océan Pacifique (Chant XIV) et, enfin, les aléas de sa vie personnelle (Chant XV : « Je suis »), anticipation de sa future autobiographie.

2. Neruda, chantre et conteur


Dès le premier poème, Pablo Neruda affirmait : « Je suis ici pour raconter l'histoire. » Dans le Chant général, il est à la fois témoin et acteur, chantre et conteur. L'épique et le lyrique, le sarcasme et l'émotion, l'histoire et le mythe se mêlent. Les métaphores s'enchaînent en une ronde éblouissante ; la diction poétique brasse diatribe, mélopée, déploration, dithyrambes, pastiches. La chronique s'ouvre sur l'hymne :« Je ne prononce pas ton nom en vain, ô Amérique: Nuit et jour je vois les martyres,/ jour et nuit je vois l'enchaîné,/ le blond, le noir, l'indien/ écrire avec leurs mains battues et lumineuses/ sur les murs sans fin de la nuit. »


Claude FELL, docteur ès lettres, professeur à l'université de Paris-III - Sorbonne nouvelle dans Encyclopædia Universalis

vendredi 22 janvier 2010

DE VALPARAISO À VICUÑA, SUR LES PAS DE PABLO NERUDA ET DE GABRIELA MISTRAL


FILM ADHEMAR ORELLANA RIOJA

L'extraordinaire situation de "La Sebastiana", la demeure où Pablo Neruda (1904-1973) s'installa dans les années 1960, laisse penser que quiconque vivant ici quelque temps pourrait être saisi d'une inspiration comparable à celle du poète. Las, la maison n'est pas à louer et il est même interdit de s'allonger sur le lit ou de s'asseoir devant le bureau.

Faute de mieux, La Sebastiana peut tout de même se visiter, puisqu'elle est devenue un musée. On peut la parcourir, avec dévotion, amusement ou curiosité. S'extasier devant le bar, si petit que l'on se demande comment ce ventripotent poète pouvait passer derrière, tant le passage est étroit. Toujours est-il que c'est là qu'il préparait le coqueleton, un cocktail de son invention composé de parts égales de cognac et de champagne, et de quelques gouttes de Cointreau et de jus d'orange.

En attendant de confectionner soi-même ce breuvage, force est de méditer devant la vieille enseigne qui trône au-dessus du bar. "Au coeur couronné percé d'une flèche", est-il inscrit. Où Neruda a-t-il bien pu trouver cet objet qui porte le nom de l'auberge parisienne devant laquelle le bon roi Henri IV fut poignardé par le dénommé Ravaillac ? La maison regorge d'objets aussi étranges qu'hétéroclites, autant de souvenirs rapportés de tous les bouts du monde.

"Port fou", "toujours surpris par la vie", "extravagant", Valparaiso est aussi, sous la plume de Neruda, la "fiancée de l'océan", "lumineuse et nue, feu et brouillard", "reine de toutes les côtes du monde". Erigée sur une quarantaine de collines dessinant un immense amphithéâtre face à l'océan, la ville peut conduire le promeneur au diable vauvert s'il n'y prend garde, ce qui serait dommage : "Ces collines portent des noms profonds. Voyager parmi ces noms est un voyage sans fin, parce que le voyage, à Valparaiso, ne prend fin ni sur la terre ni dans les mots", assure celui qui reçut le prix Nobel de littérature en 1971.

Heureusement, les fameux funiculaires de Valparaiso, appelés "ascensores", fonctionnent à merveille. Celui de La Concepción grimpe du bas de la ville à la place Gervasoni. A l'entrée, grilles et tourniquet métalliques d'un autre âge. Une cabine sommaire, pour sept personnes, un petit banc de bois, et on comprend vite le pourquoi du terme ascenseur. "Vous venez de gravir 44,5 mètres en 34 secondes environ, détaille Juan Riquelme, le machiniste. Des problèmes ? Il n'y en a jamais, sauf quand il y a des pannes d'électricité. Les pompiers viennent récupérer les passagers et ça repart comme en 1883", s'amuse-t-il.

A l'origine, en 1883 donc, ce funiculaire fonctionnait grâce à un système de contrepoids. Dans le réduit où Juan Riquelme dirige les manoeuvres, rien ne semble avoir changé : la vitesse se règle avec une étrange manivelle, l'arrêt est assuré grâce à un énorme frein métallique, la porte de la cabine s'ouvre par l'étonnante action d'un imposant levier. "Aujourd'hui, nous sommes une quarantaine à assurer le fonctionnement des quinze ascenseurs de la ville, explique le machiniste, mais nous étions soixante-huit il y a encore trois ou quatre ans."

Loin des folies de Valparaiso, à 500 kilomètres environ vers le nord, et loin des fumées toxiques du rallye Dakar - qui a sévi dans les parages -, se trouve la ville natale de l'autre Chilienne à avoir été honorée par le prix Nobel, en 1945. Gabriela Mistral (1889-1957) est née à Vicuña, une bourgade de 20 000 habitants, située dans la vallée d'Elqui aux magnifiques paysages et dont les collines sont hérissées d'innombrables copaos, des cactus parfois immenses, propres à cette région. "La vallée d'Elqui, ceinte de cent montagnes ou peut-être plus qui, comme des offrandes ou des tributs, s'embrasent en rouge et safran", chantait la poétesse.

Vicuña, également connue pour ses vignes et la production de pisco - boisson apéritive -, abrite un musée consacré à Gabriela. Malgré son nom, qu'elle emprunta à Frédéric Mistral, auquel elle vouait une grande admiration, Gabriela ne jouit pas d'une grande reconnaissance en France : peu de ses poèmes ont été traduits et les rares recueils édités sont épuisés depuis longtemps. Elle est pourtant vénérée au Chili. "Te voici, Gabriela, fille aimée de ces plantes, de ces pierres, de ce vent gigantesque. Nous t'accueillons avec bonheur. Personne n'oubliera tes chants aux épines, aux neiges du Chili. Tu es chilienne. Tu es du peuple. Personne n'oubliera tes strophes aux pieds nus de nos enfants...", écrivait Pablo Neruda.

Bien qu'aucune constellation ne porte le nom de Mistral, un détour par l'observatoire astronomique de Mamalluca, à moins de dix kilomètres de Vicuña, s'impose. Une fois la nuit noire venue - elle est particulièrement intense dans cette région où ont pris place plusieurs observatoires professionnels - on pourra contempler à loisir l'étoile du Sud, puis on ira de surprises en ébahissements grâce aux guides qui font visiter le firmament. "Vous allez pouvoir surprendre Vénus toute nue, avertit l'un d'eux avant d'ajouter, feignant une grande désolation : quel manque de chance, on n'en voit que la moitié aujourd'hui, une autre planète jalouse lui fait de l'ombre."


Jean-Louis Aragon

lundi 18 janvier 2010

PABLO NERUDA, HOMME VÉRITABLE ET VRAI POÈTE

La voix de Pablo Neruda, prix Nobel de littérature est surtout connue par quelques titres de son ample œuvre poétique: Vingt poèmes d’amour et une chanson désespérée, les Odes les Résidences, et bien sûr Le Chant Général. Cet ouvrage, publié en 1950 et immédiatement traduit, eut un succès mondial fulgurant sauf en Espagne franquiste où Neruda était interdit et ne fut publié qu’en 1976. C’est un poème épique au souffle puissant, unique dans la langue castillane de notre temps. C’est la première œuvre contemporaine qui tente d’embrasser toute l’histoire du sous-continent américain fondant dans un même sentiment le monde préhispanique et celui postérieur à la colonisation.

Pablo Neruda est de son époque, jeune poète puis diplomate recherchant la vérité, la justice. Il est la joie de vivre même dans la lutte pour ses idéaux. Il lui faudra être un fugitif qui malgré tout ne se sent pas « seul dans la nuit ». Il chante le travail, la faim, la grève, la solidarité entre les hommes qui vivent de leurs mains. L’omniprésence de l’océan et l’amour de sa patrie.

Ce livre est «né de la colère comme une braise». Le Chant Général est l’œuvre d’un grand poète plongé dans un temps sombre. Pour le peuple trahi, il est la voix de tous contre la peur et le silence. Pablo Neruda n’a jamais fui l’engagement, il n’est pas neutre. Déjà, lors de la guerre civile espagnole, il affréta un cargo le « Winnipeg » pour sauver les républicains en détresse.

En exil son souffle puissant a une couleur brillante et singulière. Grâce à cela son œuvre continuera à être la meilleure « espérance pour ceux qui attendent». A la fin des années soixante, candidat du parti communiste populaire, il s’effacera devant son ami Salvador Allende qui sera élu président.

J’avoue que j’ai vécu, autobiographie posthume publiée en1973, est très utile pour vivre cette aventure du 20e siècle et goûter le plaisir de lire Pablo Neruda.


Cinémovida 2010
Conférence sur Pablo Neruda
Rendez-vous à ne pas manquer.
Pablo Neruda, homme véritable et vrai poète
Salle Paul Eluard, mardi 26 janvier à 20h30.

samedi 26 décembre 2009

JEAN-PIERRE ROSNAY ET PABLO NERUDA

Jean-Pierre Rosnay, qui s'était lié d'amitié avec lui, voulut lui consacrer une de ses émissions à la télévision, mais bien que, comme chacun sait, la censure n'ait jamais existé en France, les bandes de cette émission furent malencontreusement perdues par les responsables de la télévision, et l'émission de Jean-Pierre Rosnay « suspendue jusqu'à nouvel ordre pour cause de réorganisation de la grille des programmes ».

Heureusement, les poètes se passent très bien de la télévision, et leurs oeuvres, quels que puissent être «les impératifs de programmation » qui les écartent des « grands» médias, se perpétuent, de la main à la main, de la bouche à l'oreille, et donc de l'âme à l'âme.

On se souviendra des poèmes de Pablo Neruda, alors qu'on ne saura même plus quel était le nom de celui qui dirigeait la télévision française dans les années 70 (qui était-ce au fait ?).
La petite lucarne était d'ailleurs bien étroite pour accueillir un poète qui fut tour à tour poursuivi par les autorités de son pays et candidat aux élections présidentielles, fugitif et ambassadeur, ennemi public N°1 et Prix Nobel de Littérature.

Jean-Pierre Rosnay, poète français

Né à Lyon en 1926, Jean-Pierre Rosnay avait perdu sa mère, Violette, à l'âge de 5 ans. Cette blessure marquera toute son oeuvre, de même que l'expérience de la Résistance dans laquelle il s'engage en 1941, à 15 ans et demi. Arrêté par Klaus Barbie, il est emprisonné plusieurs mois, mais réussit à s'évader et reprend le combat jusqu'en 1945. C'est peu avant cette date qu'il découvre la poésie. Un oncle instituteur qui perd la vue lui demande de lui lire des poèmes à voix haute. La magie des mots opère, le jeune Rosnay est envoûté. A 17 ans, son premier poème est diffusé sur Radio Londres.
Après la guerre, Rosnay fonde les Jeunes auteurs réunis (JAR), un mouvement doublé d'une maison d'édition autour desquels gravitent entre autres Georges Moustaki - dont Rosnay a épousé la soeur, Marcelle dite "Tsou" -, Guy Bedos ou Georges Brassens. Au début des années 1950, les JAR organisent des "scandales poétiques" d'inspiration vaguement surréaliste. Leur idée est de rendre la poésie plus accessible, et même, dit Rosnay, "contagieuse et inévitable". Proche de Cocteau, Rosnay l'est aussi de Queneau. Le père de Zazie préfacera d'ailleurs son premier livre, Le Treizième Apôtre, sorti chez Gallimard, en 1957.
A cette époque, Jean-Pierre Rosnay réalise pour la radio et la télévision ses premières émissions baptisées "Le Club des poètes". C'est ainsi qu'il appellera aussi plus tard sa brasserie de la rue de Bourgogne, à Paris. De Louis Aragon à Pablo Neruda, ce lieu verra passer les plus grands noms de la poésie. Aujourd'hui encore, musiciens, poètes et amis s'y donnent rendez-vous.
Simple et limpide, la poésie de Jean-Pierre Rosnay s'attache à ce qui constituait à ses yeux l'essentiel, amours, enfants, rejet de la violence. Il s'agit, écrit-il, de "ne pas se laisser emporter par le courant", de "tenir la dragée haute à ses faiblesses". Parmi ses recueils, signalons notamment Les Cheveux dans les yeux (JAR), Les Diagonales (Gallimard) ou Danger, falaises instables (Club des poètes).

1926
Naissance à Lyon

1941-1945
S'engage dans la Résistance en Haute-Savoie

1957
Publie "Le Treizième Apôtre"

19 décembre 2009
Mort à Paris

Florence Noiville

PABLO NERUDA, POESÍA Y NATURALEZA


Conferencia en Madrid
Con motivo de la exposición «Amor al mar. Las caracolas de Neruda», se ha organizado esta conferencia en la que intervendrán José Carlos Rovira (Universidad de Alicante), Darío Oses (Fundación Neruda, Chile), Carlos Franz (escritor), y Pedro Núñez (comisario de la exposición).

Fechas

21/01/2010 (19:30 h)

Lugar

Instituto Cervantes - Salón de Actos
c/ Alcalá, 49
28014 Madrid
(ESPAÑA)

mardi 15 décembre 2009

Historia natural, Plinio el Viejo




Y los géneros de concha en los cuales jugó naturaleza con extraña variedad, haziendo tantas diferencias de colores, tantas figuras llanas, cóncavas, largas, a manera de luna... También con distinción variada, cabelluda, crespa, con canales, con púas como de peine, ondeada a manera de bóveda, enredada con enrexados; espesada, prolongada, con senos; atadas con ñudo pequeño o asidas por todo el lado; abiertas para el aplauso (y favor que se da) o cóncavas para bocinar.
Plinio el Viejo. Historia natural. Libro noveno.

Histoire naturelle, Pline l’ancien

Voyez encore : ils sont rayés, chevelus, crêpés, cannelés, divisés en dents de peigne, imbriqués, réticulés, étendus en ligne oblique ou en ligne droite, ramassés, allongés, tortueux, à valves attachées par une charnière peu étendue, réunies sur tout un côté, entr'ouvertes comme si elles allaient se choquer pour applaudir, contournées en forme de cor. Les coquilles dites de Vénus (XXXIII, 53, 7) naviguent, et, présentant au vent leur partie concave, elles font voile sur la surface des mers. Les peignes sautent, voltigent hors de l'eau; ils se servent, eux aussi, de leur coquille comme d'une barque.
Texte français
Paris : Dubochet, 1848-1850.édition d'Émile Littré

dimanche 13 décembre 2009

LE TRADUCTEUR À L'ALLEMAND DE PABLO NERUDA EST DÉCÉDÉ

Fritz Vogelgsang a reçu le prix de la Foire du Livre de Leipzig dans la catégorie la traduction en 2008. Photo AP
Né en 1930 à Stuttgart (sud de l'Allemagne), Vogelgsang résidait et travaillait une partie de l'année dans la localité allemande de Markgröningen, dans la Forêt Noire, et le reste de l’année à Xiva de Morella, dans la province de Castellón (Espagne).
Durant sa carrière il eut l’occasion de traduire du catalan et du castillan une longue liste d’auteurs classiques et contemporains, espagnols comme Latino-américains, tels que Antonio Machado, Octavio Paz, Raphaël Alberti, Luis de Góngora, Ferdinand de Rouges, et Salvador Espriu.
Vogelgsang a reçu de nombreuses récompenses, notamment le Prix National de la Traduction d'Auteurs Espagnols, en 1984, et le Prix de Littérature Catalane de la Generalitat, en 1985.
En 2008 il fut distingué par le prix de Traduction la Foire du Livre de Leipzig en Allemagne pour sa version du Tirant le Blanc, roman de chevalerie du valencien Joanot Martorell.

lundi 7 décembre 2009

HERNÁN LOYOLA A LA ACADEMIA DE LA LENGUA

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DESPEDIDA DEL PROFESOR HERNAN LOYOLA –SENTADO, AL
CENTRO-POR SUS COLEGAS DEL LICEO DE HOMBRES DE TEMUCO, EN 1957


El escritor, que reside en Italia desde 1974, ha sido acogido en la Academia Chilena de la Lengua como académico correspondiente por Cerdeña.

La ceremonia tuvo lugar el 30 de noviembre de 2009 en el salón de honor del Instituto de Chile, en Santiago. El discurso de bienvenida estuvo a cargo de la Sra. Adriana valdés.
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UNA DE LAS NUMEROSAS ANTOLOGIAS DE PABLO NERUDA, POR HERNAN LOYOLA Losada, Buenos Aires, 1971.

El profesor Hernán Loyola ha dedicado 50 años al estudio de la obra de Neruda, es autor de de numerosas obras sobre el Nóbel chileno y uno de los más importantes “Nerudistas” vivos.

El profesor Loyola ha publicado las Obras Completas de Pablo Neruda en cinco tomos, en la editorial galaxia Gutenberg / Círculo de editores, en la que es autor de la edición, del prólogo y las notas.
Dirige también la revista especializada Nerudiana, editada por la Fundación Pablo Neruda.

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HERNAN LOYOLA, PRIMERO DE PIE A LA DERECHA, CON SUS COLEGASPROFESORES DEL LICEO DE HOMBRES DE TEMUCO, EN 1955


Actualmente prepara una biografía: Neruda: la biografía Literaria (editorial Seix Barral, Biblioteca Breve, España) en tres tomos, de los cuales se publicó el primero en 2007. Es, por otro lado, académico de la Universidad de Sassari, en Italia.
MC.
Fotos, gentileza de Raúl Buholzer.

HERNÁN LOYOLA À L'ACADÉMIE DE LA LANGUE 

Le professeur Loyola, éditeur des œuvres complètes de Pablo Neruda. 
Photo Adriana Valenzuela.
La cérémonie a eu lieu le lundi 30 novembre 2009 à Santiago dans le Salon d'honneur de l'Institut du Chili. Le discours de bienvenue a été prononcé par madame Adriana Valdés.
Le professeur Hernán Loyola a consacré 50 ans à l'étude de l'œuvre de Neruda et il est l'auteur de nombreuses œuvres sur le Nobel chilien, il est l'un des plus importants «nérudistes » vivants .

Le professeur Loyola a publié les œuvres complètes de Pablo Neruda en cinq tomes chez Galaxia Gutenberg/Círculo de Lectores, dont il est l'auteur de l'édition, du prologue et des notes. Il dirige la revue littéraire spécialisée Nerudiana, éditée par la fondation Pablo Neruda.

Il prépare actuellement une biographie Neruda: La Biografia Literaria (chez Seix Barral Biblioteca Breve, Espagne) en trois tomes, dont le premier a été publié en 2007. Il est, par ailleurs, académicien de l'Université de Sassari en Italie.
MC.

dimanche 6 décembre 2009

Libros y Caracoles

En realidad, lo mejor que coleccioné en mi vida fueron mis caracoles. Me dieron el placer de su prodigiosa estructura: la pureza lunar de una porcelana misteriosa, agregada a la multiplicidad de las formas, táctiles, góticas, funcionales.

Miles de pequeñas puertas submarinas se abrieron a mi conocimiento, desde aquel día en que don Carlos de la Torre, ilustre malacólogo de Cuba, me regaló los mejores ejemplares de su colección. Desde entonces y al azar de mis viajes recorrí los siete mares acechándolos y buscándolos, más debo reconocer que fue el mar de París el que, entre ola y ola, me descubrió más caracoles. París había transmigrado todo el nácar de las oceanías a sus tiendas naturalistas, a sus «mercados de pulgas».

Más fácil que meter las manos en las rocas de Veracruz o de Baja California, fue encontrar bajo el sargazo de la urbe, entre lámparas rotas y zapatos viejos, la exquisita silueta de la oliva textil. O sorprender la lanza de cuarzo que se alarga, como un verso del agua, en la rosellaria fusus. Nadie me quitará el deslumbramiento de haber extraído del mar el espondylus roseo, ostión tachonado de espinas de coral. Y más allá entreabrir el Espondylus blanco, de púas nevadas como estalagmitas de una gruta gongorina.

Algunos de estos trofeos pudieron ser históricos. Recuerdo que en el museo de Pekín abrieron la caja más sagrada de los moluscos del mar de China, para regalarme el segundo de los dos únicos ejemplares de la Thatcheria mirabilis. Y así pude atesorar esa increíble obra en la que el océano regaló a China el estilo de templos y pagodas que persistió en aquellas latitudes.

Libros y Caracoles
Confieso que he vivido

« L'AMOUR À LA MER. LES CONQUES DE NERUDA »

« L'AMOUR À LA MER. LES CONQUES DE NERUDA »

L'exposition « a une grande valeur esthétique et poétique », souligne Carmen Caffarel, directrice de l'Institut. / Il s'agit de la première mondiale de l'extraordinaire collection de conques qui ont inspiré Neruda.
Coquilles uniques, offertes au poète par Mao Zedong ou Raphaël Alberti, ou encore recueillies par Neruda dans les sept mers, le révèlent comme un conservateur et un écologiste en avance sur son époque.

C’est une occasion sans précédent de plonger aux sources créatrices de l'un des plus grands poètes de la langue espagnole.
MC.
L’Institut Cervantes de Madrid inaugure l'exposition « l'Amour de la mer. Les conques de Neruda ». Lieu Institut Cervantes, 49 rue Alcala Madrid. Ouverte au public du 2 décembre 2009 au 24 janvier 2010. De lundi à samedi : de 11 à 14 h. et de 17 à 21 h. Dmanches et de fête : de 11 à 14 h. Entrée libre.


dimanche 29 novembre 2009

Pablo Neruda à Laval



spectacle Pablo Neruda son histoire.Photos ©2008 hispanolaval

Aspasia Worlitzky, Rodrigo Sandoval et Claudio Caceres nous ont fait une mise en voix de poèmes choisis et d’extraits de la vie de Pablo Neruda, par une lecture bilingue espagnol – français.
Le groupe chilien ARCO IRIS interprète des poèmes mis en chanson et en musique. La projection d’une vidéo sur la Maison Neruda a mis fin à la partie artistique.
L'apéritif dînatoire qui clôtura la soirée, aura permis à chacun d'élargir son cercle d'amis et de prolonger les discutions avec les organisateurs jusqu'à tard le soir.

CONFÉRENCE : Pablo Neruda, su historia / Pablo Neruda, son histoire
Vendredi le 27 novembre 2009 à 19h30
ADMISSION : GRATUIT POUR LES MEMBRES - 5,00$ NON MEMBRES
INFO : JAIME 450.433.2937 DIANE 450.433.2726

lundi 9 novembre 2009

Poèmes lus par Pablo Neruda

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PABLO NERUDA EN LECTURE PUBLIQUE LORS DE SA VISITE EN URSS EN 1950






FORREST GANDER


Forrest Gander. Photo Nina Subin

Forrest Gander est né en 1956 en plein désert mohave (Californie), sur la route 66, à Barstow, capitale des migrants des Raisins de la colère dans les années 30. C’est toutefois dans le vieux Sud, en Virginie, qu’il a fait ses études de géologie et découvert des paysages qui ont laissé plus d’une trace dans son œuvre. Après un Master à San Francisco, il part vivre au Mexique où il compile et traduit une anthologie de poètes contemporaines (Mouth to Mouth, 1993).


Il se fait alors un nom comme traducteur de poésie en langue espagnole : Senz, Colome, Bracho, Neruda. Ensuite, il vit et travaille comme imprimeur à Eureka Springs (Arkansas), pittoresque ville d’eaux victorienne dans le massif montagneux des Ozarks.

Puis, installé dans le Rhode Island, il a animé, avec sa femme Caroline D. Wright, « Poet Laureat » du Rhode Island, une petite maison d’édition, « Lost Roads Publishers » et, aujourd’hui, il enseigne la littérature comparée et la traduction à Brown U. L’œuvre poétique de Forrest Gander a été publiée par la prestigieuse maison New Directions, éditrice des Cantos de Pound, de Gary Snyder, de W.C. Williams, et des Exercices de style de Queneau, qui publie aussi en 2008 As a Friend, à ce jour son unique roman.

Forrest Gander traducteur traduit


En ami, par Forrest Gander. Trad. de l'américain par Dominique Goy-Blanquet. Sabine Wespieser, 140 p., 15 euros.

Forest Grander a traduit en anglais les poèmes de Neruda publiés à San Francisco dans l'anthologie Neruda essentiel: Poésies Choisies (The Essential Neruda:Selected Poems, City Lights Books, 2004, 199 pages), l'année du centenaire de la naissance du Nobel chilien, dont vous pouvez consulter une version partielle en ligne cliquant ici.


mercredi 4 novembre 2009

" Sólo el hombre " lu par Pablo Neruda

[ Pour écouter, cliquer sur la flèche ]


Photo Jorge Bellet





Yo atravesé las hostiles
cordilleras,
entre los árboles pasé a caballo.
El humus ha dejado
en el suelo
su alfombra de mil años.

Los árboles se tocan en la altura,
en la unidad temblorosa.
Abajo, oscura es la selva.
Un vuelo corto, un grito
la atraviesan,
los pájaros del frío,
los zorros de eléctrica cola,
una gran hoja que cae,
y mi caballo pisa el blando
lecho del árbol dormido,
pero bajo la tierra
los árboles de nuevo
se entienden y sé tocan.
La selva es una sola,
un solo gran puñado de perfume,
una sola raíz bajo la tierra.

Las púas me mordían,
las duras piedras herían mi caballo,
él hielo iba buscando bajo mi ropa rota
mi corazón para cantarle y dormirlo.
Los ríos que nacían
ante mi vista bajaban veloces
y querían matarme.
De pronto un árbol ocupaba el camino
como si hubiera
echado a andar y entonces
lo hubiera derribado
la selva, y allí estaba
grande como mil hombres,
lleno de cabelleras,
pululado de insectos,
podrido por la lluvia,
pero desde la muerte
quería detenerme.

Yo salté el árbol,
lo rompí con el hacha,
acaricié sus hojas hermosas como manos,
toqué las poderosas
raíces que mucho más que yo
conocían la tierra.
Yo pasé sobre el árbol,
crucé todos los ríos,
la espuma me llevaba,
las piedras me mentían,
el aire verde que creaba
alhajas a cada minuto
atacaba mi frente,
quemaba mis pestañas.
Yo atravesé las altas cordilleras
porque conmigo un hombre,
otro hombre, un hombre
iba conmigo.
No venían los árboles,
no iba conmigo el agua
vertiginosa que quiso matarme,
ni la tierra espinosa.
Sólo el hombre,
sólo el hombre estaba conmigo.
No las manos del árbol,
hermosas como rostros, ni las graves
raíces que conocen la tierra
me ayudaron.
Sólo el hombre.
No sé cómo se llama.
Era tan pobre como yo, tenía
ojos como los míos, y con ellos
descubría el camino
para que otro hombre pasara.
Y aquí estoy.
Por eso existo.

Creo
que no nos juntaremos en la altura.
Creo
que bajo la tierra nada nos espera,
pero sobre la tierra
vamos juntos.
Nuestra unidad está sobre la tierra.

En Las uvas de Europa