Citation de Pablo Neruda

mercredi 29 juin 2011

DOSSIER CHANT GÉNÉRAL

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IILLUSTRATION DE L'ARTISTE PEINTRE  MEXICAIN DIEGO RIVERA, POUR L'ÉDITION PRINCEPS DU CHANT GÉNÉRAL 1950
Le Chant Général de Pablo Neruda fut publié premièrement au Mexique le mois d'avril 1950, dans deux versions : une somptueuse édition princeps qui fut sponsorisée par le « Comité Auspiciador », d'Editorial América et une deuxième version fac-similaire d’un format plus réduit, imprimée sous le sceau des Ediciones Océano. 


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IILLUSTRATION  LA ARENA TRAICIONADA DE L'ARTISTE PEINTRE 
MEXICAIN DAVID ALFARO SIQUEIROS, POUR L'ÉDITION PRINCEPS 
DU CHANT GÉNÉRAL 1950

Les deux portent des illustrations de deux célèbres peintres et muralistes mexicains qui étaient alors au faîte de leur art, David Alfaro Siqueiros et Diego Rivera. Au Chili, le Parti communiste réalisa -dans des conditions presque invraisemblables- une édition clandestine du Chant Général, illustrée des gravures du plasticien chilien José Venturelli. Ce sont ces gravures que vous pouvez voir plus haut.  


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PABLO NERUDA  
PHOTO FUNDACIÓN PABLO NERUDA

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lundi 20 juin 2011

Neruda au Théâtre du Châtelet

Mario veut être poète pour ainsi séduire les femmes. Neruda lui récite un de ses poèmes, dont le rythme et les fortes images impressionnent le facteur. Neruda l'encourage à trouver des métaphores dans le monde qui l'entoure.
Le facteur annonce au poète qu'il est amoureux de Béatrice Russo qui travaille dans un bar. Lui décrivant ses sentiments, il demande à Neruda de lui écrire un poème pour Béatrice. Il lui répond qu'il ne peut écrire sur une personne qui lui est inconnue. Sur le bord de la mer, Mario regarde les pêcheurs. Il ouvre son carnet et tente d'écrire, en vain. Il se remémore alors les poèmes du recueil de Neruda et commence à en copier un dans son carnet.

Acte II

Béatrice dit à sa tante Donna Rosa que Mario lui parle par métaphores poétiques. Cette dernière en est scandalisée et promet de tuer Mario si jamais elle le rencontre. Di Cosimo, un politicien en campagne, promet aux insulaires qu'il apportera l'eau courante dans l'île. Donna Rosa, intéressée, rejoint les rangs de ses soutiens.
Neruda enregistre un message sur bande et demande à Mario de dire quelque chose à propos des merveilles de l'île; "Béatrice Russo" est sa seule réponse.Neruda reçoit des nouvelles graves du Chili: le gouvernement a brutalement réprimé une manifestation. Malgré leur tristesse, Neruda et sa femme ont envie de revenir au Chili. Elle met un disque et le couple chante et danse, sous les yeux admiratifs du facteur.
Cette nuit-là, Mario appelle Béatrice sous son balcon.
Elle descend le rejoindre et tous deux s'enfuient. Lorsque Donna Rosa s'en aperçoit, elle tente sans succès de les rattraper. Après le mariage de Mario et Béatrice, les invités se retrouvent au café. Neruda chante pour les mariés quand arrive un télégramme annonçant que Neruda peut rentrer au Chili. Giorgio, le postier, le supplie de ne pas annoncer la nouvelle, qui gâcherait le bonheur de Mario. La célébration continue.

Acte III

Ses amis partis, Mario n'arrive plus à écrire. Au café, Giorgio et Donna Rosa lisent un article où le poète à Paris dit combien la beauté de l'île lui manque. Mais pas un mot sur ses amis. Di Cosimo a gagné les élections. Mario fait état de son scepticisme quand à l'arrivée de l'eau sur l'île, et Di Cosimo le menace en le traitant de communiste. Béatrice annonce à Mario qu'elle est enceinte. Mario est au comble de la joie quand arrive du Chili une lettre, la première. A peine ouverte, il se rend compte que c'est une missive impersonnelle de la secrétaire de Neruda réclamant divers objets que le poète a oublié. Dévasté, Mario retourne chez Neruda. Il retrouve la bande qu'ils avaient enregistrée. Avec l'aide de Giorgio, ils parcourent l'île avec l'appareil pour en enregistrer les sons.
Neruda et Mathilde reviennent finalement sur l'île. Ils se rendent au café où ils rencontrent Béatrice et Pablito, le fils de Mario. Elle dit au poète combien son amitié a inspiré à Mario l'écriture d'une poésie qui chante les pauvres et les laissés pour compte de l'île. Mario a été tué par une violente répression lors d'une réunion communiste. Béatrice donne à Neruda l'enregistrement que Mario avait réalisé pour lui. Neruda écoute la bande, se souvenant de son ami, dont la voix le remercie d'avoir apporté la poésie dans sa vie.

PLACIDO DOMINGO RÊVE DE CHANTER
PLUS SOUVENT À PARIS

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Placido DOMINGO. - 
Je connaissais les œuvres du compositeur mexicain Daniel Catan et je voulais absolument lui passer une commande pour l'Opéra de Los Angeles, que je dirige. Il a réfléchi pendant un mois, puis il est revenu vers moi avec le projet du Postino… en me proposant par surcroît le rôle de Pablo Neruda ! J'avais adoré le film de Michael Radford, sorti en 1994. J'ai aussitôt accepté de me lancer dans l'aventure. Les créations à Los Angeles, puis à Vienne, au Theater an der Wien, se sont très bien passées. Hélas, Daniel est mort brusquement voici deux mois…


Parlez-nous de sa musique…

J'ai coutume de dire (avec distance, bien entendu) que c'est une sorte de Debussy sud-américain. Il y a un côté très debussyste et ravélien dans cette œuvre. Il Postino est mélodique sans pour autant renier les évolutions de la seconde moitié du XXe siècle, qui le portent parfois vers l'atonalité.


Comment avez-vous abordé le personnage de Pablo Neruda ?

Je suis depuis toujours un amoureux de la poésie. C'est un art qui est aux fondements de la culture mondiale. Mais il semble - hélas !- bien loin des préoccupations de la nouvelle génération. J'ai donc abordé Neruda comme un grand poète, mais surtout comme un être humain. S'il est bien sûr un exilé politique à la très forte conscience sociale, c'est surtout un bon vivant, amoureux fou de sa femme, et qui trouve dans cette passion le socle de sa vie.


Est-il facile de mettre ses pas dans ceux de Philippe Noiret ?

C'était un acteur incommensurable, mais il ne faut pas chercher à faire de comparaison. Un comédien parle avec son propre ton ; un chanteur, en revanche, épouse la musique, qui elle-même décrit l'action, comme les vagues de l'orchestre illustrent les mouvements de la mer face à Neruda.


Pablo Neruda est un rôle qui vient après 136 autres. Pourquoi cette boulimie ?

Je suis toujours en recherche de ce qui peut s'adapter à ma voix à un instant T. J'ai tenté dans ma carrière de marquer systématiquement une rupture dans les genres et les styles. Alterner les répertoires dramatiques et lyriques, le vérisme et le bel canto, Wagner et les grands Russes. Je parviens même maintenant à la musique baroque, avec Tamerlano, de Händel.


Vous chantez également en baryton…

C'était mon timbre d'origine et j'y reviens. J'ai récemment chanté Simon Boccanegra et Rigoletto de Verdi. L'an prochain, je serai Athanaël dans le Thaïs de Massenet. C'est un personnage mystique et surtout sans âge, comme Cyrano. Après cinquante ans de carrière, je ne peux plus chanter Roméo !


Votre longévité est fascinante. Quel est votre secret ?

Je ne peux pas l'expliquer, désolé… ­(Rires.) Je crois juste qu'étant moi-même musicien je me suis toujours préparé seul, face à mon piano. Je ne suis pas l'esclave d'un coach, mais j'étudie quand je veux, tout en prenant le temps de vraiment me reposer. Je crois surtout que j'ai la même passion qu'à mes débuts. Et il y a ma femme, qui reste ma meilleure conseillère : elle seule ose me dire ce qui va… ou ne va pas.


Allez-vous arrêter ?

Je ne chanterai pas un jour de trop, mais jusqu'à ce que mon intuition me dise qu'il est temps de cesser. J'imagine que je me concentrerai alors sur les récitals, mais l'opéra va me manquer : c'est une si belle maladie !


Vous avez eu des problèmes de santé. Comment allez-vous ?
Tout va très, très bien, merci !


Chérissez-vous un rôle entre tous ?

Je suis comme un Espagnol père de dix enfants : je les aime tous ! Si on en préfère un, cela signifie qu'on délaisse les autres. Alors qu'il faut chanter dans Fedora avec la même flamme que dans Parsifal. Toujours y croire. Toujours !


Quel conseil donneriez-vous à un ténor qui voudrait devenir… Placido Domingo ?

Je lui dirais d'abord qu'il doit être lui-même. Je lui expliquerais ensuite qu'il s'avance vers une vie de discipline, de sacrifice. Je lui conseillerais d'être toujours à l'écoute des autres, de garder sa curiosité, d'aller au théâtre. Je lui rappellerais que la chose la plus importante est de tenir ses engagements, même si son agent lui dit qu'il a une meilleure offre ailleurs… J'insiste sur ce point car il est essentiel ! Je lui dirais enfin qu'il lui faut un guide - un proche - en qui il puisse avoir une confiance absolue…


Quand vous entendra-t-on à l'Opéra de Paris ?

Je ne sais pas. J'ai beaucoup de rêves, ici. Je rêve de chanter dans La Walkyrie à Bastille ou dans Iphigénie de Gluck à Garnier. Je rêve aussi de diriger Le Trouvère de Verdi, car c'est le premier opéra que j'aie jamais chanté à Paris. Ce ne sont encore que des rêves, mais j'aime croire que tout est toujours possible.  


Il Postino, au Châtelet, les 20, 24, 27 et 30 juin. Orchestre symphonique de Navarre, sous la direction de Jean-Yves Ossonce, mise en scène de Ron Daniels. Tél. :             01 40 28 28 40      . www.chatelet-theatre.com

vendredi 3 juin 2011

CHILI: LA JUSTICE OUVRE UNE ENQUÊTE SUR
LA MORT DU PRIX NOBEL PABLO NERUDA

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Pablo Neruda ET Matilde Urrutia à isla negra. 
photo Sara Facio.
Selon la version officielle, l'écrivain et diplomate communiste, prix Nobel de littérature en 1971, est mort d'une aggravation d'un cancer de la prostate le 23 septembre, douze jours après le putsch contre son ami Allende, premier président marxiste du Chili. Mais des témoignages ont récemment remis en cause cette version et évoqué un assassinat.

Selon une source judiciaire, le juge Mario Carroza a "accepté la requête" déposée mardi par le dirigeant du parti communiste chilien Guillermo Teillier qui avait évoqué le devoir moral d'enquêter sur la mort de Neruda.

Début mai, l'ancien secrétaire et chauffeur du poète, Manuel Araya, a affirmé que son patron avait été assassiné pour éviter qu'il ne devienne, depuis l'exil, un opposant de renom à la dictature qui a duré jusqu'en 1990.

Selon M. Araya, Pablo Neruda lui avait confié avoir été alarmé par une mystérieuse piqûre administrée en pleine nuit par un médecin de la clinique où il était hospitalisé.
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Un autre témoignage, celui de l'ancien ambassadeur du Mexique au Chili, Gonzalo Martinez, qui avait rendu visite à Neruda les jours précédant sa mort, a accentué le doute.

Dans un entretien à l'AFP, M. Martinez a confié n'avoir "pas vu une grande différence" entre l'état du poète au cours de ses premiers contacts avec lui et celui de leurs rencontres juste avant sa mort.

Selon ce diplomate, Pablo Neruda, loin d'un état clinique désespéré, "avait pu discuter tranquillement, se déplacer dans sa chambre, échanger des opinions politiques, évoquer les choses qu'il entendait emmener au Mexique", pour lequel il venait d'obtenir un laissez-passer.

Le juge Carroza devrait entendre le témoignage de M. Araya et requérir le certificat de décès de Neruda, selon la presse chilienne.

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Le président Salvador Allende et le poète Pablo Neruda
Ce magistrat est déjà chargé de l'enquête rouverte sur la mort d'Allende lors du coup d'Etat du 11 septembre 1973 qui avait porté le général Augusto Pinochet au pouvoir.

La dépouille d'Allende a été exhumée il y a dix jours pour savoir s'il a été assassiné, ou s'il s'est suicidé - une thèse soutenue par les proches du président qui avait juré de mourir les armes à la main.

L'autopsie devrait être terminée dans environ trois mois.

La justice chilienne enquête sur deux autres morts suspectes d'opposants de premier plan au général Pinochet.

Elle cherche à savoir si l'ancien président Eduardo Frei Montalva (1964-1970), décédé peu après une opération bénigne en 1982, n'a pas été empoisonné par des agents du régime militaire.

Deux expertises médico-légales ont par ailleurs établi le mois dernier que José Toha, ministre de l'Intérieur puis de la Défense d'Allende, pourrait avoir été assassiné en 1974 et non s'être suicidé comme l'avait affirmé la dictature à l'époque.

En janvier, la justice a rouvert 725 dossiers de crimes contre l'humanité commis sous la dictature qui a fait plus de 3.100 morts ou disparus.

Un peu plus de 700 anciens agents militaires, policiers ou civils de la dictature ont été condamnés ou sont poursuivis pour de tels crimes, mais moins de 70 sont en détention, à la faveur de remises de peine ou d'assouplissements de régime.

jeudi 2 juin 2011

Picasso lu par Pablo Neruda





PICASSO 
À Vallauris dans chaque maison
ils ont un prisonnier.
Il est le même toujours.
C'est la fumée.
Parfois des parents aux blancs sourcils
le surveillent,
des jeunes filles couleur d'avoine.
Quand tu passes
tu remarques que les gardiens
de la fumée
se sont endormis,
et par les toits, entre des pots brisés,
une conversation azuréenne
entre le ciel et la fumée.

Mais à l'endroit où le feu travaille
en liberté,
et la fumée est une rose de goudron
qu'a teint de noir les murs,
là, Picasso,
entre les lignes et l'enfer,
avec son pain de boue,
il le cuit,
le polit, le casse
jusqu'à ce que la boue se soit transformée en taille,
pétale de sirène,
guitare d'or humide.
Et alors avec son pinceau il le polit,
et l'océan arrive
ou bien la vendange.
La boue donne sa grappe occulte
Et, à la fin, immobilise sa hanche calcaire.
Picasso revient à son atelier plus tard.
Les petits centaures qui l'attendent croissent, galopent.
Le silence est né
dans les mamelles
de la chèvre en fer.
Et à nouveau Picasso dans sa grotte entre ou sort en laissant
des murs griffés,
des stalactites rouges
ou des traces génitales.

Et durant les heures qui suivent
il parle avec le barbier.

mercredi 1 juin 2011

UNE PLAINTE DÉPOSÉE POUR UNE ENQUÊTE SUR LA MORT DU POÈTE PABLO NERUDA EN 1973

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l'ancien ambassadeur du Mexique au Chili Gonzalo Martinez Corbalá.
Photo Carlos Cisneros / La Jornada
La plainte a été déposée par le député et dirigeant du Parti communiste Guillermo Teillier auprès du juge Mario Carroza: ce magistrat est déjà en charge de l'enquête rouverte sur la mort du président Salvador Allende lors du coup d'Etat du 11 septembre 1973, qui a donné le coup d'envoi de la dictature d'Augusto Pinochet.

Selon la version officielle, l'écrivain-diplomate Neruda, ami d'Allende, est décédé peu après le 23 septembre, d'une aggravation d'un cancer de la prostate, dans une clinique de Santiago où il avait été hospitalisé.

Début mai, l'ancien secrétaire et chauffeur de Neruda, Manuel Araya, a affirmé qu'il avait été assassiné pour éviter qu'il ne devienne, depuis l'exil, un opposant de renom à la dictature qui a duré jusqu'en 1990.

Selon Araya, qui était au chevet du poète les derniers jours, Neruda lui avait confié avoir été alarmé par une mystérieuse piqûre administrée en pleine nuit par un médecin de la clinique.



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LE CHAGRIN DE TOUT UN PEUPLE LORS DES FUNERAILLES DE
PABLO NERUDA, A SANTIAGO DU CHILI, LE 23 SEPTEMBRE 1973
PHOTO MARCELO MONTECINOS
Un autre témoignage, celui de l'ancien ambassadeur du Mexique au Chili Gonzalo Martinez, qui avait rendu visite à Neruda la veille de sa mort, a accentué le doute, a déclaré l'avocat du PC Eduardo Contreras.

Selon ce diplomate, Neruda, loin d'un état clinique désespéré, "avait pu discuter tranquillement, se déplacer dans sa chambre, échanger des opinions politiques, évoquer les choses qu'il entendait emmener au Mexique", pour lequel il venait d'obtenir un laissez-passer.

"Ces conjectures et témoignages obligent à déposer une plainte, d'un point de vue éthique, moral et juridique", afin de faire la lumière sur la mort du poète, a expliqué Contreras.

Teillier a insisté sur le "devoir moral" d'enquêter sur Neruda, "dans un contexte où commencent à s'éclaircir plusieurs décès", en référence aux procédures ouvertes depuis deux ans sur les morts d'un ministre d'Allende, José Toha (1974), de l'ancien président Eduardo Frei Montalva (1982) et d'Allende lui-même.

mardi 31 mai 2011

PABLO NERUDA AURAIT-IL ÉTÉ ASSASSINÉ ?

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 le poète Pablo Neruda DANS SA MAISON « MICHOACAN»
Manuel Araya, qui était au chevet du poète quelques heures avant sa mort, assure que celui-ci fut éliminé alors qu'il se trouvait hospitalisé. Cette version a été démentie par la Fondation Neruda, qui a rappelé que l'écrivain est décédé le 23 septembre 1973, à la suite de complications d'un cancer de la prostate.

lundi 30 mai 2011

CHANT GÉNÉRAL - PABLO NERUDA (1950)

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Canto general / Pablo Neruda. México, Editorial América, 1950, 447 p.
par Claude FELL

Le jour même de la mort de son père, le 7 mai 1938, Pablo Neruda (1904-1973) commence la rédaction du Chant général du Chili, qu'il intitulera plus tard, en raison de sa dimension continentale, Chant général.

CHANT GÉNÉRAL - PABLO NERUDA (1950)
La mort de ses parents semble détacher à jamais Neruda du Chili de son enfance, de ce Temuco de la forêt, de la pluie et des chemins de fer que conduisait son père. C'est un nouveau processus créatif, puissant et profond, qui se met en marche et qui engendrera ce qu'on considère aujourd'hui comme l'œuvre majeure du poète chilien.


Pablo Neruda


Le poète chilien Pablo Neruda (1904-1973). Il est nommé ambassadeur du Chili à Paris en 1970, et reçoit le prix Nobel de littérature en 1971.

Avec Résidence sur la terre (1933-1935), Neruda avait fait la double expérience de l'éloignement géographique - il est alors amené à occuper un poste diplomatique en Asie du Sud-Est - et de la plongée dans son propre enfer personnel, après avoir publié en 1924 Vingt Poèmes d'amour et une chanson désespérée, qui lui confèrent une renommée qui ne se démentira plus. En 1935, en poste en Espagne, il renforce ses liens avec une pléiade de poètes dont certains seront évoqués avec émotion dans le Chant général: Alberti, García Lorca, Aleixandre, Miguel Hernández. La guerre d'Espagne sera pour lui l'épreuve de la solidarité, qui se cristallise dans Espagne au cœur (1937), publié l'année suivante en français avec une préface d'Aragon. C'est une tout autre image de l'Espagne que véhiculera le Chant général: celle d'une puissance colonisatrice, rapace et impitoyable.


De 1940 à 1945 Neruda est en poste au Mexique; en 1942, il publie les premiers extraits du Chant général; en 1943, il fait un voyage au Pérou, où il visite les ruines de Macchu Picchu. Cette visite est à l'origine de «Hauteurs de Macchu Picchu», une des séquences les plus inspirées du Chant général. À la suite de graves divergences politiques avec le nouveau président du Chili, Gabriel González Videla, Neruda entre dans la clandestinité. Il met à profit cette période difficile pour progresser dans la rédaction de son recueil. En février 1949, il réussit à sortir du Chili en traversant la partie australe de la Cordillère des Andes. Il se rend en Union soviétique - il a adhéré au Parti communiste chilien en 1945 - et c'est au Mexique que, en 1950, sera publié le Chant général. Parallèlement, deux éditions clandestines de l'œuvre vont circuler au Chili. La même année, le livre est publié en Chine, aux États-Unis, en Inde, en Syrie, en Roumanie, en Pologne, en Suède et en Union soviétique, dans une édition tirée à 250 000 exemplaires. Neruda ne rentrera au Chili qu'en août 1952.


1. Une poésie engagée


Œuvre monumentale, le Chant général s'élabore sur une période d'environ douze années, avec des phases d'accélération et de ralentissement. Bien entendu, l'engagement politique du poète se fait sentir dans cette fresque où sont condamnés avec vigueur «les avocats du dollar», l'implantation sanglante des grandes compagnies minières et fruitières nord-américaines, la diplomatie du «gros bâton», l'appui aux dictateurs locaux. Mais, plus qu'une vision simpliste de l'histoire qui suivrait les aléas de la guerre froide, le Chant général est avant tout une chaleureuse et vibrante remontée aux sources de l'homme et des paysages américains (Chants I et II), de l'histoire passée et présente du continent (Chants III, IV et V). À partir du Chant VI, la figure du poète prend un relief particulier. Son retour au Chili en 1939 est évoqué (Chant VII), puis sa volonté de chanter le sacrifice des humbles (Chant VIII), son hostilité à la politique des États-Unis (Chant IX), ses aventures dans la clandestinité (Chant X), sa solidarité avec les déshérités (Chant XI), le salut qu'il adresse à ses frères en poésie (Chant XII), son dialogue avec une patrie à la fois généreuse et hostile (Chant XIII), sa fascination devant l'océan Pacifique (Chant XIV) et, enfin, les aléas de sa vie personnelle (Chant XV: «Je suis»), anticipation de sa future autobiographie.


2. Neruda, chantre et conteur


Dès le premier poème, Pablo Neruda affirmait: «Je suis ici pour raconter l'histoire.» Dans le Chant général, il est à la fois témoin et acteur, chantre et conteur. L'épique et le lyrique, le sarcasme et l'émotion, l'histoire et le mythe se mêlent. Les métaphores s'enchaînent en une ronde éblouissante; la diction poétique brasse diatribe, mélopée, déploration, dithyrambes, pastiches. La chronique s'ouvre sur l'hymne:« Je ne prononce pas ton nom en vain, ô Amérique: Nuit et jour je vois les martyres,/ jour et nuit je vois l'enchaîné,/ le blond, le noir, l'indien/ écrire avec leurs mains battues et lumineuses/ sur les murs sans fin de la nuit.»


Claude FELL docteur ès lettres, professeur à l'université de Paris-III  Sorbonne nouvelle


Suggestions de lecture

- Cent Ans de solitude - Gabriel García Márquez (1967) ,- Le Quatrième Siècle - Édouard Glissant (1964) ,- Martín Fierro - José Hernández (1872-1879) ,- Poète à New York - Federico García Lorca (1929-1930)
Claude FELL
P. NERUDA, Chant général, trad. C. Couffon, coll. Poésie, Gallimard, Paris, 1984.
Études
E. RODRÍGUEZ MONEGAL, Neruda, le voyageur immobile, trad. B. Lelong, Gallimard, Paris, 1973
V. TEITELBOIM, Neruda, trad. A. Marcoux, L'Harmattan, Paris, 1995.
© Encyclopædia Universalis 2004








mardi 17 mai 2011

Pablo Neruda: la thèse d'un assassinat

Le Chili de l'automne 73


SCÈNES DE RUE EN 1973 DANS LE CHILI DE LA JUNTE : AUTODAFÉ DE LIVRES "SUBVERSIFS" ET ENTERREMENT DE PABLO NERUDA (LE 23.09.1973) SOUS LE REGARD "VIGILANT" DES MILITAIRES...


Selon la version connue à ce jour, Neruda est décédé le 23 septembre 1973 à 69 ans des complications d'un cancer de la prostate, aggravé par une détresse émotionnelle: sa mort est survenue deux semaines après le coup d'Etat de Pinochet, qui renversa Salvador Allende, ami de l'écrivain-diplomate.

Mais l'ancien secrétaire, assistant personnel et chauffeur de Neruda, Manuel Araya, a assuré ces derniers jours dans des entretiens à la revue mexicaine Proceso, puis au Chili, que Neruda a été assassiné pour éviter qu'il ne devienne depuis l'exil un opposant influent du nouveau régime militaire.

« Pinochet était l'assassin, il a fait tuer Neruda pour qu'il ne s'en aille pas du pays, parce qu'il était un intellectuel qu'il (Pinochet) ne souhaitait pas avoir comme opposant », a affirmé Araya, 65 ans, à l'AFP.
Araya, qui a été au chevet du poète jusque quelques heures avant sa mort, assure que Neruda avait été hospitalisé dans la clinique Santa Maria à Santiago «non pour une aggravation de son état de santé, mais pour sa sécurité», car il était « inquiet et tendu», et pensait que le nouveau régime pensait l'éliminer.

Mais selon Araya, Neruda lui avait confié avoir été alarmé par une piqûre administrée en pleine nuit par un médecin de la clinique.

Un avion et un laissez-passer l'attendaient pour le Mexique le 24 septembre, affirme Araya, mais Neruda est décédé la nuit précédente.

La Fondation Pablo Neruda, qui gère l'œuvre et les intérêts de l'écrivain, a réfuté mercredi [12/05/2011] la thèse de l'assassinat. « Aucune indice, aucune preuve de quelque nature que ce soit ne suggère que Pablo Neruda est mort d'une cause autre que le cancer à un stade avancé dont il souffrait ».

« Il ne semble pas raisonnable d'échafauder une nouvelle version de sa mort sur la seule base de l'opinion de son chauffeur, M. Manuel Araya, s'exprimant sans autre élément que son avis personnel », a ajouté la Fondation dans un communiqué.

lundi 3 janvier 2011

ODA AL CALDILLO DE CONGRIO

En el mar
tormentoso
de Chile
vive el rosado congrio,
gigante anguila
de nevada carne.
Y en las ollas
chilenas,
en la costa,
nació el caldillo
grávido y suculento,
provechoso.
Lleven a la cocina
el congrio desollado,
su piel manchada cede
como un guante
y al descubierto queda
entonces
el racimo del mar,
el congrio tierno
reluce
ya desnudo,
preparado
para nuestro apetito.
Ahora
recoges
ajos,
acaricia primero
ese marfil
precioso,
huele
su fragancia iracunda,
entonces
deja el ajo picado
caer con la cebolla
y el tomate
hasta que la cebolla
tenga color de oro.
Mientras tanto
se cuecen
con el vapor
los regios
camarones marinos
y cuando ya llegaron
a su punto,
cuando cuajó el sabor
en una salsa
formada por el jugo
del océano
y por el agua clara
que desprendió la luz de la cebolla,
entonces
que entre el congrio
y se sumerja en gloria,
que en la olla
se aceite,
se contraiga y se impregne.
Ya sólo es necesario
dejar en el manjar
caer la crema
como una rosa espesa,
y al fuego
lentamente
entregar el tesoro
hasta que en el caldillo
se calienten
las esencias de Chile,
y a la mesa
lleguen recién casados
los sabores
del mar y de la tierra
para que en ese plato
tú conozcas el cielo.

lundi 29 novembre 2010

PABLO NERUDA, JULIO VERNE Y LAS LÁGRIMAS DE MARÍA CELESTE


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FOTOGRAFÍA LORENA ORMEÑO 2019
La casa frente al mar adquirida por Pablo Neruda en 1939, ampliada y decorada por él con objetos, muebles y cosas que había comenzado a atesorar allí desde hacía más de una década, fue cedida a fines del año 1951, por el verano que entonces comenzaba, en préstamo y al cuidado de una persona conocida y de confianza del vate. Esa persona era -y debía ser- ajena a las ideas políticas del poeta. Éste requisito, en las circunstancias del momento, era indispensable. Neruda estaba ausente de Chile; exiliado para escapar de la persecución de un ya casi olvidado aprendiz de tirano. Su casa no podía permanecer cerrada por más tiempo o parecer abandonada; el peligro de que cualquier noche fuese saqueada, quemada o destruída, era inminente.

Arturo Aldunate Phillips y su esposa Lucía pasaron en eIla los meses de enero y febrero de 1952. Tanto les agradó el costero lugar, que ese mismo verano compraron un terreno en la vecindad. Y tan pronto como pudieron iniciaron la construcción de una vivienda; que, más que casa, imaginaron barco. La inauguraron a fines de febrero de 1953 bajo el nombre de María Celeste. Y desde entonces fue
el María Celeste, si un día era bergantín. Y la María Celeste, si al otro amanecía como goleta. Como la casa de Neruda, el o la María Celeste de los Aldunate Phillips nació mirando al mar. Pero, como precisó el poeta, mirándolo desde la otra punta de la Isla.

Así fue como, hace algo más de medio siglo, se construyó en Isla Negra un bergantín goleta que no 
era tal, en la otra punta de una isla que tampoco era isla ni tenía puntas. Éste si es no es, -que puede ser o no ser- es la característica principal de lo que aquí relataremos.

En su libro de recuerdos
Mi pequeña historia de Pablo Neruda, Aldunate Phillips cuenta la historia de ambas casas; y relata cómo y por qué, durante 40 años, mantuvo una estrecha, leal e inalterable amistad con el poeta.

Esa amistad se inició en 1939, cuando Neruda volvió de Francia a Chile y buscó por todo Santiago al personaje que un par de años antes, el 26 de junio de 1936, en la Posada del Corregidor y en el marco de las actividades de la Sociedad Amigos del Arte, había dado una charla titulada
El nuevo arte poético y Pablo Neruda. Había sido él, Arturo Aldunate Phillips, quién dió esa exitosa charla, repetida poco después en forma de conferencia en el Salón de Honor de la Universidad de Chile (1).

Por eso era que Pablo Neruda quería conocerle personalmente.

Poco después, el poeta volvió a buscarle. Ésta segunda vez llegó a pedirle apoyo para tramitar ante don Carlos G. Nascimento un asunto relacionado con un proyecto editorial. Esperaba, claro, acordar con él la edición de un libro.
sentido del humor. Raúl Simón, que así se llamaba, firmaba como César Cascabel sus celebrados artículos humorísticos en el diario La Nación. Con su nom de plume, Raúl Simón homenajeaba a Julio Verne, francés como sus progenitores. Como todo buen lector de Julio Verne sabe, César Cascabel es el personaje protagonista de la novela del mismo nombre (1890). Quede ésto dicho, como pretexto para mencionar por primera vez a Julio Verne en ésta cascabeleante anti-investigación. Pero además quería obtener del editor, al firmar el contrato, un inmediato adelanto que le permitiese financiar la urgentísima compra de una casa a medio construir, que se vendía entre el puerto de San Antonio y las playas de Algarrobo. Se trataba naturalmente de la que ya hemos mencionado, que con los años se transformaría en su famosa casa de Isla Negra. La casa -y, sobre todo, su entorno- había de tal modo fascinado a Neruda, que por ningún motivo quería perder la oportunidad de comprarla. Aldunate Phillips logró mediar positivamente entre su reciente amigo y don Carlos Nascimento. Resultó de ello un acuerdo, en el que el mismo Aldunate Phillips se comprometía y que hacía posible el milagro financiero; 30.000 pesos en adelanto por los derechos de la edición de una selección de poemas -que vino a editarse finalmente en 1943- hicieron realidad el sueño del vate. La mediación del ingeniero Aldunate Phillips no ha de haber sido necesaria sólo porque 30.000 pesos de la época eran una nada despreciable suma; sino también porque Don Carlos no podía decidir tan extraordinarias condiciones para un libro de poesía, sin antes contar con la aprobación de su socio principal, un ingeniero también. Lo que debió primar para que éste colega de Aldunate -escritor además, y editor de vocación- sin vacilar se manifestase de acuerdo, ha de haber sido su muy fino

En 1953, una década después de la aparición de la selección de poemas nerudianos que estuvo a su cargo, se hizo realidad el sueño de la veraniega casa-barco en Isla Negra del prologuista de aquella edición tan curiosamente gestada. Por qué Aldunate Phillips le dió el nombre de María Celeste a su casa, no queda explicado en su libro de recuerdos. Su lectura, que prueba que Neruda no estuvo en la fiesta de bautismo e inauguración, no deja entrever indicios que permitan sostener que fue el poeta quién se lo sugiriera. Resulta incluso posible, que lo contrario haya sucedido. Pero es más probable que la misteriosa historia del navío María Celeste fuese conocida de Neruda desde antes de saber que Aldunate Phillips había bautizado su casa con ese nombre. Legendaria desde el comienzo, esa enigmática historia -como la de El Holandés Errante o la de El Caleuche chileno- reaparece fantasmalmente de tiempo en tiempo -en revistas, diarios y libros- especialmente cuando se conmemora alguna fecha relacionada con ella. Como nadie ignora, enigmas de ese tipo fascinaban a Neruda. Sin saber si es o no es pertinente, diremos que Neruda escribió El fantasma del buque de carga en 1932, año en que se conmemoraba el sexagésimo aniversario del inexplicable misterio del María Celeste. El enigmático caso dió mucho que hablar en todos los puertos del mundo; y dió lugar a muchas especulaciones. Algunas de ellas las hicieron autores que Neruda leía. Tal es el caso de Sir Arthur Conan Doyle que escribió su propia versión y solución del misterio en 1884; dato que también importa mencionar aquí porque Neruda fecha los hechos relacionados con el buque de carga María Celeste en 1882, orientándose en el relato de Conan Doyle. Lo cierto es que la verdadera historia aconteció diez años antes. Más pruebas de que Neruda se interesó por ese gran misterio de los mares, son fáciles de encontrar en sus memorias; y también en Isla Negra. Allí está el tan bello y conocido mascarón de proa que lleva ese nombre. Hay también pruebas de menor volúmen, que están envasadas en botellas herméticamente selladas: los barquitos. Antes de proseguir, para entendimiento de lo que plantearemos después, mencionaremos dos datos periodísticos fechados en noviembre de 1922. El uno recordó en varios semanarios de la época, que se cumplía medio siglo desde que el María Celeste zarpara el 7 de Noviembre 1872 del puerto de Nueva York. Pocos días después, en alta mar, el capitán, su esposa e hija, y todos los miembros de la tripulación, desaparecieron misteriosamente de esa nave; inexplicablemente y sin dejar huella alguna.

Y el otro, que el 14 de Noviembre 1889, y también desde Nueva York, había emprendido su sensacional viaje alrededor del mundo la joven periodista
Nellie Bly. El motivo para rememorar el famoso viaje de Nellie Bly en las noticias destacadas de 1922, fue que ese año había fallecido la destacada pionera del periodismo femenino. Faltando aún toda una década para la llegada del siglo XX, Nellie Bly dió la vuelta al mundo en 72 días, superando sola y en carne y hueso -sobre todo esto último, porque regresó a su punto de partida con un pié fracturado- el literario récord de Phileas Fogg y su criado Passepartout, famosos personajes del no menos famoso Julio Verne; autor que queda así mencionado aquí por segunda, pero no por última vez.

Dicho lo anterior, retomaremos el hilo relatando una anécdota que cuenta Aldunate Phillips en su pequeña historia de Pablo Neruda; se trata de una que, en el gran anecdotario nerudiano, solamente él ha contado.

Arturo Aldunate Phillips recuerda que años después de la construcción de su casa -no cita la fecha exacta, pero como en su texto hay un claro antes y después del quinto aniversario de su María Celeste, celebrado en 1958, se puede deducir que fue un poco antes- Pablo Neruda le invitó para mostrarle un mascarón de proa que había sumado a su colección. Era, dice, la hermosa imágen tallada en madera de una joven cuyo rostro tenía un parecido con el de Lucía, su esposa.

El vate llamaba María Celeste a esa figura, explicándole que cuando así la bautizó ignoraba que su casa barco tenía el mismo nombre. Considerando que lo lógico sería que pasase por eso a poder suyo, Neruda le habría hecho la oferta de cedérsela a cambio de un cuadro que él poseía: un simbólico óleo llamado
Los atributos del hombre, cuadro por el que ya anteriormente el vate había mostrado gran interés. La historia deriva en detalles relacionados con defunciones y herencias. Pero en resúmen: no se llegó en esa ocasión a un acuerdo de trueque del cuadro por la mascarona, y cada cual se quedó con lo suyo.

No tenemos por qué poner en duda lo que en su libro relata Aldunate Phillips. Pero sosteniendo, también sin duda alguna, que ha de haberse tratado de otra figura; y no de la enigmática, conocida, 
envidiada y más bella de todas las mascaronas de proa, la nombrada María Celeste en la colección nerudiana. De eso no puede caber a nadie ni la menor duda. Porque nuestra afirmación tiene un fortísimo sostén; que salta a la vista con sólo mirar la ilustración de la portada del libro de Aldunate Phillips. La fotografía de la mascarona que él allí identifica como María Celeste -repitiéndola en la página 160- permite comprobar de inmediato que no es ella. La figura que él identifica como María Celeste es Jenny Lind, el ruiseñor de Suecia, la amada de Hans Christian Andersen.

¿Por qué esa confusión?. Ah!. Misterios nerudianos. El evidente parecido de las facciones de Lucía de Aldunate con las de esa figura, que incluso hace malpensar que hubiese sido tallada así a propósito, es una rara curiosidad que no debió escapar a la observación del poeta. Ello explicaría por qué Neruda estuvo dispuesto a cedérsela a cambio del cuadro. La, llamémosla por ahora "la auténtica", María Celeste -que, como veremos, aún no poseía- no la habría cambiado él por ningún tesoro del mundo.

¿Cabría la posibilidad de que la
verdadera María Celeste fuese aquella con la que Arturo Aldunate Phillips ornó en 1979 la portada de su pequeña historia; es decir, (Lucía) Jenny Lind?. Esa pregunta se puede contestar con un rotundo no. Un no, válido por lo menos a partir de comienzos de los años sesenta. Porque en Una casa en la arena, editado en 1966 en Barcelona, la María Celeste que aparece allí retratada en todo su esplendor, es la que conocemos con ese nombre; la mascarona más querida e historiada de toda la colección del poeta. Dice el poeta, en éste libro suyo, muy anterior al de Aldunate Philips:
"Alain
(2) y yo la sacamos del mercado de las Pulgas donde yacía bajo siete capas de olvido. En verdad costaba trabajo divisarla entre camas desmanteladas, fierros torcidos. La llevamos en aquel coche de Alain, encima, amarrada, y luego en un cajón, tardando mucho, llegó a Puerto San Antonio. Solimano (3) la rescató de la aduana, invicta, y me la trajo hasta Isla Negra. Pero yo la había olvidado. O talvez conservé el recuerdo de aquella aparición polvorienta entre la ferraille. Sólo cuando destaparon la pequeña caja sentimos el asombro de su imponderable presencia.
Fue hecha de madera oscura y tan perfectamente dulce! Y se la lleva el viento que levanta su túnica! Y entre la juventud de sus senos un broche le resguarda el escote. Tiene dos ojos ansiosos en la cabeza levantada contra el aire. Durante el largo invierno de Isla Negra algunas misteriosas lágrimas caen de sus ojos de cristal y se quedan por sus mejillas, sin caer. La humedad concentrada, dicen los escepticistas. Un milagro, digo yo, con respeto.

No le seco sus lágrimas, que no son muchas, pero que como topacios le brillan en el rostro. No se las seco porque me acostumbré a su llanto, tan escondido y recatado, como si no debiera advertirse. Y luego pasan los meses fríos, llega el sol, y el dulce rostro de María Celeste sonríe suave como la primavera. Pero, ¿por qué llora?
".

En
Confieso que he vivido, agrega:
"Yo tengo mascarones y mascaronas. La más pequeña y deliciosa, que muchas veces Salvador Allende me ha tratado de arrebatar, se llama María Celeste. Perteneció a un navío francés, de menor tamaño, y posiblemente no navegó sino en las aguas del Sena. Es de color oscuro, tallado en encina; con tantos años se volvió morena para siempre. Es una mujer pequeña que parece volar con las señales del viento talladas en sus bellas vestiduras del Segundo Imperio. Sobre los hoyuelos de sus mejillas, los ojos de loza miran el horizonte. Y, aunque parezca extraño, estos ojos lloran durante el invierno, todos los años. Nadie puede explicárselo. La madera tostada tendrá talvez alguna impregnación que recoge la humedad. Pero lo cierto es que estos ojos franceses lloran en invierno y que yo veo todos los años las preciosas lágrimas bajar por el pequeño rostro de María Celeste".

Y reitera en
Para nacer he nacido, mirando quizá una fotografía que en 1964 aparece en Genio y Figura de Pablo Neruda (Margarita Aguirre) "...de este largo cajón parecido a un ataúd sale un dulce rostro de mujer, altos senos de madera que cortaron el viento, unas manos impregnadas de música y salmuera. Es una figura de mujer, un mascarón de proa. La bautizo María Celeste porque trae el misterio de una embarcación perdida. Yo encontré su belleza radiante en un bric à brac de París, sepultada bajo la ferretería en desuso, desfigurada por el abandono, escondida bajo los sepulcrales andrajos del arrabal. Ahora, colocada en la altura navega otra vez viva y fresca. Se llenarán cada mañana sus mejillas de un misterioso rocío o lágrimas marinas".

Esas lágrimas, su frase: "
La bautizo María Celeste porque trae el misterio de una embarcación perdida ", y un párrafo de un artículo suyo aparecido en 1966 en la revista Ercilla y después en Confieso que he vivido: "El maestro Hollander me deleitó también haciendo para mí dos versiones de la María Celeste que desde 1882 se convirtió en estrella, en misterio de los misterios" nos incitaron a anti-investigar estos enigmas, pero sobre todo esas lágrimas...

También influyó el que en parte conociésemos la historia del barco y la versión fabulada por Conan Doyle. Y también porque conocimos al maestro Holländer. Aclararemos primeramente 
ésto último, haciendo gratos recuerdos a la manera de Aldunate Phillips:

Al sur de Concepción, cruzando el Bío Bío y siguiendo hacia la Zona del Carbón, en el Golfo de Arauco a orillas del mar, entre Lota y Schwager, está Coronel.Allí, en la calle Los Carrera 254, vivió hasta comienzos de los años 60 el pintor don Tulio García París con su esposa la señora Norma Albisini -Asistente Social de los mineros del carbón- una hija y un hijo. Éste último fue compañero de estudios del autor de éstas líneas en la Universidad de Concepción. La casa de los García Albisini fué una de las pocas que, en esa sufrida calle Los Carrera, no resultó dañada por el 
terremoto de mayo de 1960.

Ello permitió que los cuadros del pintor, sus dibujos, sus libros y objetos, que tenía en gran número en esa casa, se salvasen del cataclismo como si poco o nada hubiese sucedido. Para alegría de Don Tulio, cuyo interés por todos los aspectos de la cultura era -es, puesto que está vivo- inagotable. Por muchos años, e inmejorablemente, representó él, en Coronel y toda la zona, a la intelectualidad de su partido. La importancia político-social de la Zona del Carbón, hacía posible que a Coronel llegasen visitas de gran importancia. Justo al lado de la casa de Don Tulio, en una casona que muchísimos años antes se llamó
Hotel La Bomba que sufrió las consecuencias del sismo de tan mala manera que después tuvo que ser demolida, estaba el Bar Restaurante Hidalgo, perteneciente a un republicano español de gran actividad política. Allí, en ese Bar que ya no existe, estuvo el gran pintor mexicano Diego Rivera, el poeta Pablo de Rokha y mucha otra gente interesante. Neruda estuvo en el Bar Hidalgo más de una vez. Una de ellas se hizo acompañar por don Tulio García hasta una modestísima vivienda ubicada a unos 800 metros del Bar, en una angosta callejuela de arena apisonada que, sin ser una continuación, era, al límite sur de Coronel, una especie de prolongación peatonal de la Calle Los Carrera. En las ventanas de esa casita, utilizadas a modo de vitrina, se exhibían para su venta unas manualidades que maravillaban al poeta: los barcos que con increíble maestría construía dentro de botellas don Carlos Hollander. Allí vimos una vez al maestro.

 
Neruda le compró toda una flota al maestro Hollander. Y, como habían conversado en cada visita que le hizo, un día resumió todo lo que sabía de él y escribió un artículo que publicó en una revista de gran difusión; el poeta presentó a don Carlos a todo Chile. Además, una vez le hizo un doble encargo: construir un barco muy especial, el María Celeste, dos veces. Por qué y para qué quería tener el María Celeste por partida doble?; Neruda no lo explicó. Y nunca nadie se lo preguntó. Don Tulio tampoco. Acaso fuese para cambiar una, por otra vista por ahí. Pero, si así fue, el trueque no se llevó a cabo; las dos botellas idénticas están en Isla Negra. Podría decirse que, tallada o embotellada, la María Celeste no se dejaba cambiar de buenas a primeras. Don Carlos Holländer contruyó dos veces la miniatura en el interior de una botella, sin saber si era igual a la original. Porque, al no disponer de fotos u otros datos gráficos de la nave, hubo de atenerse a descripciones; procurando que tridimencionalmente le resultasen miniaturas que se viesen como probablemente se vió la María Celeste del gran misterio de la mar. Lo mismo vale para un grabado conocido desde hace muchas décadas; y también para los sellos de correos de Gibraltar que muestran su presunta imágen. Así reproducida, la María Celeste es y no es. En Gibraltar se examinó la nave. Tratándose de exámenes que pretendían aclarar aspectos judiciales y criminalísticos, fueron protocolados minuciosamente por escrito. Se describe la nave de proa a popa y de babor a estribor; en dichos protocolos no hay mención alguna de que su proa estuviese adornada con un mascarón. Es decir, carecía de adornos de ese tipo.

Ésto no debe hacernos pensar que Pablo Neruda asegurase lo contrario; o que pretendiese hacer creer que él poseía en su colección, la mascarona de proa de aquel navío. Nada de eso. En los párrafos citados anteriormente queda clarísimo que descubrió esa muñeca de madera en una parisina Brocanterie del mercado de las pulgas; y que pensó -o puede que así se lo dijese el comerciante que se la vendió- que había ornado en tiempos pasados la proa de una embarcación fluvial del Sena, una nave desaparecida para siempre. Tal vez fuese eso lo que más le interesó. Las naves de río tienen importancia en la biografía del poeta; a bordo de una de ellas descubrió el mar.

Desde Carahue a Puerto Saavedra navegó Neruda antes de ser Neruda; y después también.

Eran embarcaciones que carecían de mascarones; pero tenían ojos. El Saturno, por ejemplo, devoraba con sus ojos de proa, al flacuchento y soñador adolescente que esperaba ansioso en el muelle, unas cartas que quizá viniesen a bordo. Y si no era el Saturno, era el Cautín; o el Naguilán; o la Estrella del Sur. Pero el Saturno fue el que le hipnotizó con sus ojos. Por eso nunca lo olvidó, aunque no haya muchas pruebas de ello. Después del terremoto de 1939, la navegación fluvial por el río Imperial, desde Carahue a Puerto Saavedra, se redujo a un mínimo; y luego desapareció con todas sus naves. Incluso El Estrella del Sur desapareció; de nada le valió que llevase el nombre de una novela que Neftalí Reyes o Pablo Neruda leyó un verano en Puerto Saavedra*: La Estrella del Sur, de Julio Verne.

Volvamos a lo que nos ocupaba: al mascarón llamado María Celeste. Sarita Vial y Alain Sicard coinciden en señalar que esa figura de madera descubierta en París, debió llegar a Isla Negra en los primeros años de la década del sesenta. Alain Sicard, amabilísimo como siempre, confirma lo dicho por Neruda en
Una casa en la arena y responde a nuestra pregunta acerca de "aquel coche suyo" diciéndonos que era su Renault cuatro cuatro de entonces, nada lujoso pero cómodo para ese tipo de menesteres. Sarita(4), por su parte y con su sin par simpatía, nos cuenta que, orgullosísimo, Pablo Neruda le presentó a la recién llegada María Celeste en Isla Negra, que de inmediato ocupó un especial lugar en su casa. Nadie sabe cómo se llamó en Francia la muñeca de oscura madera, y de ojos de porcelana que a veces lloran. El hecho es que Neruda la bautizó -o rebautizó- María Celeste en Isla Negra. Sin que ello signifique que el desguazado barco de cuya proa se la desmontó para que, después de quizá qué peripecias, fuese a dar al mercado de las pulgas de París y desde allí a Chile, haya tenido que llamarse también María Celeste. Tampoco la figura de su colección que (¿después de haberse llamado María Celeste?) lleva el nombre de Jenny Lind,perteneció al barco que llevó ese nombre; el poeta se tomó la poética libertad de llamarla así, aunque poco parecido tenía con la famosa sopranista; de la que Hans Christian Andersen se enamoró perdidamente. La auténtica figura de proa, hecha a imágen y semejanza de Jenny Lind, el ruiseñor de Suecia, existe. Sí; existe y está a buen recaudo en un Museo que no es el de Isla Negra. Neruda debía saberlo; pero, como poeta, tenía licencia para bautizar o rebautizar sus juguetes, casas, amores, etc., tal y como se le diese la lúdica y poética gana. Creemos, por ejemplo, no equivocarnos al decir que si bautizó Isla Negra a Isla Negra, fué porque cuando visitó el lugar por primera vez, más que la casa fue el paraje lo que le fascinó, al recordarle vivamente el lugar desde el que algunos años antes, en oriente, como un Sandokán en Mompracem, veía la Isla de Sumatra; en una de las cartas que desde allá envió a Eandi, denomina Isla Negra a Sumatra.

De tanto divagar y elucubrar acerca de éstas y otras cosas, y de consultar una y otra fuente de información e imaginación, no nos dimos cuenta hasta mediados de noviembre de que el año 2005 tocaba a su fin. Ésto transformó todo el asunto en una urgencia. Porque el 2005 es el año de Julio Verne!. 
Era necesario pues, escribir y publicar, en lo que restaba de año, ésto que ahora el sufrido lector está leyendo.

Revelaremos pues, para terminar, qué queremos decir con
ésto. Señoras y señores: sumándonos a los homenajes rendidos éste año a Julio Verne (en ocasión del Centenario 1828-1905/ 2005), vamos a dar a conocer el nombre original de la bella figura de madera que Pablo Neruda, cuando la sacó de la caja en la que había cruzado los mares para llegar a su destino en Isla Negra, rebautizócon el nombre María Celeste. No nos vamos a extender en detalles relacionados con los métodos empleados para llevar a feliz término ésta holmesiana anti-investigación; el tiempo apremia y la contundente prueba gráfica que ofreceremos, habla por sí sola. La nerudiana figura de proa de una embarcación del Sena, que en la colección de Isla negra se llama María Celeste, llevó en Francia el nombre de una dama muy joven y bella -además de muy valerosa- que visitó un día en su casa de Amiens a Julio Verne para comunicarle que estaba dando la vuelta al mundo al igual que Phileas Fogg; pero muy segura de poder hacerlo sola y en menos de ochenta días. Y, puesto que efectivamente lo logró, se hizo famosísima en su tiempo; aunque hoy ya casi nadie recuerde su extraordinaria aventura. Con su nombre se bautizaron locomotoras, barcos, coches y otros medios de transporte: Nellie Bly. Éste nombre, tomado de una canción del popularísimo autor de Oh, Susana, cuyo nombre tampoco recuerdan muchos, fue el nom de plume de Elisabeth Cochrane; jovencísima periodista del New York World, el famoso diario de Joseph Pulitzer. Su nombre de familia hace pensar que Nellie Bly pudiese tener un parentesco con Lord Cochrane, pero no es así. Por cierto, Julio Verne nombra a -nuestro- Lord Cochrane en el capítulo III de El Archipiélago en Llamas, publicada junto a La Estrella del Sur. Pero eso corresponde a otra historia, que nada tiene que ver con la que ya estamos terminando de relatar.

El regreso de Nellie Bly a New York, el 25 de enero de 1890, fue celebrado en Broadway apoteósicamente. No era para menos: Nellie había tardado 72 días, 6 horas, 11 minutos y 14 segundos en dar la vuelta al mundo!!.

La espectacular noticia llegó por cable a Amiens ese mismo día; y le fue comunicada de inmediato a Julio Verne.

En Francia, un artista, cuyo nombre hoy ya no se conoce, talló magistralmente, en madera de encino de Amiens, un bellísimo mascarón de proa para una embarcación fluvial francesa, en homenaje a esa joven, casi una niña; y a Julio Verne.

La figura tallada a imágen y semejanza de Nellie Bly, resultó de un parecido asombroso. Muchos años después, en un lejano país, la figura lloraría; porque todo aquello que le dió fama un día, cayó en el olvido. Y porque el barco fluvial cuya proa ornó, desapareció del río para siempre. Y, sobre todo, porque allí, en el otro extremo del mundo, aunque muy querida y admirada, la llamaban -quizá también para siempre- con un nombre que no era el suyo: María Celeste.

Por eso lloras, Nellie Bly!


NOTAS
(1) Publicada posteriormente en forma de libro por Editorial Nascimento.
(2) Prof. Alain Sicard. Gran estudioso de la obra y amigo de Neruda. Poitiers, Francia.
(3) Manuel Solimano, `el gran cacciatore'; genovés chileno, gran amigo de Neruda.
(4) Sarita Vial. Poetisa y periodista. Autora de Pablo Neruda en Valparaíso, gran amiga del vate.
(*) ...yo me nutría de Salgari y Julio Verne en Puerto Saavedra (P.Neruda, entrevista BBC Londres).
Principales Obras consultadas:
- Obras Completas de Pablo Neruda. Tomos I -V. (a cargo y con notas del Prof.Hernán Loyola).
- Las Furias y las Penas. Tomos I y II. David Schidlowsky.
- Obras Completas de Julio Verne.
- Mi pequeña historia de Pablo Neruda, Arturo Aldunate Phillips Santiago, Editorial Universitaria, 1979