Citation de Pablo Neruda

samedi 25 avril 2015

LES DERNIÈRES HEURES DE GARCIA LORCA, VICTIME DU FRANQUISME

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

UN PORTRAIT DE FEDERICO GARCIA LORCA, DANS UN RESTAURANT D'ALFACAR, EN 2014.  PHOTO JORGE GUERRERO
La mort du poète espagnol Federico Garcia Lorca le 18 août 1936, durant la guerre civile (1936-1939), a toujours été un objet de fantasmes et de controverses en Espagne. Jamais le régime franquiste n’a reconnu avoir assassiné l’auteur de Noces de sang et de La Maison de Bernarda Alba. Pressé de s’expliquer sur une affaire qui l’a embarrassé durant ses quarante ans à la tête de l’Espagne, le dictateur Francisco Franco (1936-1975) assurait que « l’écrivain mourut mêlé aux révoltés ». Et d’ajouter « ce sont les accidents naturels de la guerre ».
Ce déni n’a pas empêché les historiens de publier de nombreux essais sur les conditions probables, les raisons possibles et le lieu approximatif de la mort du poète. Mais malgré les recherches des historiens et archéologues, le corps est resté introuvable et le mystère jamais entièrement résolu.

DES DOCUMENTS SECRETS DU FRANQUISME PROUVENT L'IMPLICATION DU RÉGIME, DANS LE MEURTRE DE GARCIA LORC
[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
RAPPORT DE POLICE INÉDIT DE 1965
C’est sans doute pour ces raisons que la publication, le 23 avril par le site d’information Eldiario.es et la radio Cadena SER, d’un rapport de police inédit, datant de 1965, a mis l’Espagne en ébullition. Ce document, élaboré après une requête de l’écrivaine française Marcelle Auclair – auteure du livre Enfances et mort de Garcia Lorca (Seuil, 1968) – avait été maintenu secret par le régime franquiste. Trop sensible. Il vient confirmer les thèses des principaux historiens qui ont travaillé sur Lorca : son assassinat était bien un crime politique, et non un hasard de la guerre.


« JE PENSE QUE NOUS DEVRIONS RÉPONDRE À LA DEMANDE FORMULÉE PAR L’ÉCRIVAINE FRANÇAISE À NOTRE AMBASSADEUR À PARIS […] », ÉCRIVAIT DANS CE DOCUMENT SECRET LE MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES AU MINISTRE DU GOUVERNEMENT (EN CHARGE DES ÉLECTIONS), LE 25 JUIN 1965. « EN EFFET, IL PARAÎT EXTRÊMEMENT CONVENABLE DE RÉFLÉCHIR À CETTE QUESTION ET DE SAVOIR SI L’ON PEUT OU NON OUVRIR NOS ARCHIVES [SUR L’EXÉCUTION DU POÈTE] ». Courrier International

Traqué par les phalangistes

RAPPORT DE POLICE INÉDIT DE 1965
Deux pages à peine résument l’affaire. Il y est écrit que le poète était « socialiste », « franc-maçon » et « connu pour ses pratiques d’homosexualisme [sic], une aberration qui devint connue de tous ». S’ensuit le récit de son arrestation et de son exécution : « surpris » par les phalangistes à Grenade, le poète « prit peur et se réfugia dans la demeure de ses amis les frères Rosales Camacho, d’anciens phalangistes ». Ces derniers tentèrent, en vain, d’intercéder en sa faveur.

PAGE DU LIVRE « DES MOTS DU CAUDILLO :
19 AVRIL 1937 - 31 DÉCEMBRE 1938 »,
DE FRANCISCO FRANCO
.
Arrêté et emmené dans une caserne, il fut ensuite conduit à « Viznar, près de Grenade, à proximité d’un endroit connu comme Fuente Grande [la Grande Fontaine], avec un autre détenu, et fusillé après avoir été confessé ». Qu’a confessé Lorca ? Qu’il était socialiste, franc-maçon ou homosexuel ? Ou les trois ? Le rapport de police ne le précise pas. En revanche, il donne des indications sur le lieu où il fut enterré, « à fleur de terre, dans un fossé situé à environ deux kilomètres à droite de cette Fuente Grande, dans un endroit très difficile à localiser ». Le gouvernement andalou assure que les recherches pour retrouver le corps de Garcia Lorca vont reprendre, dans l’espoir d’élucider définitivement l’un des crimes les plus commentés de la guerre civile.

lundi 23 février 2015

HENRI MARTIN

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

CAMPAGNE « ACQUITTEZ HENRI MARTIN !  »
RECTO CARTE POSTALE QUI DÉNONCE 
L'« AFFAIRE HENRI MARTIN »



Henri Martin écoute
la rumeur
que produisent la peur et le sang.

Dans sa prison de France
il entend
les drapeaux de la forêt.
Les siens meurent
inutilement,
pourrissent, sont emportés par
des scarabées couleur d'étain.
des enfants de France
Tombent
là-bas loin.
Pourquoi ?
Henri Martin s'est opposé
à la boucherie
sans gloire,
et maintenant
avec des habits rayés,
portant un numéro,
il travaille emprisonné
le radieux
honneur de France.
Pour débarquer avec une averse
chaude, entre les
mouches,
tanks et pustules,
malédictions, malheurs,
pour débarquer
des garçons
nés de la rose
de France,
fils
du jasmin et des raisins,
pour les tuer,
pour les décorer
et les assassiner,
le gouvernaillon
de la France
doit crucifier l'honneur,
l'emprisonner,
lui mettre des habits rayés,
lui mettre un numéro,
il doit industrialiser sa porcherie
pour le vendre
aux cowboys de Washington,
il doit briser les os
de l'ancestral 
honneur jamais éteint.

Pour cela
Henri Martin,
radiant,
indomptable
à travers les barres
qu’emprisonnent
les yeux tricolores
de son peuple,
regarde
comment tombe
le sang dans les marécages,
là-bas loin,
sans gloire,
sous les ailes torrides,
et les scarabées
avec ses petites
bouches d'étain
en transportant
aux terriers humides,
des hommes,
des fragments de garçons,
la force et la douceur
de la France
sacrifiée
pour que les cowboys
de Philadelphie
dansent avec la très douce épouse
de l'ambassadeur de la France.
Henri Martin : le trèfle
du pâturage matinal,
les choses les plus humbles,
l’établi
du menuisier,
la fleur bleue sans nom
entre les pierres,
le terrible
vent sulfurique
de Chuquicamata dans la nuit,
les hommes
entassés
dans les mines,
le pain,
le guérillero
de notre douloureuse,
maternelle, malheureuse,
héroïque
Grèce d'aujourd'hui,
tout
ce qui est modeste,
ce qui, sans apprendre et sans le connaître,
chante dans toutes les terres et les rivières,
tout
te salue,
Henri Martin, frère
de tout ce qui existe, frère
de la clarté et du rêve,
frère
de la rectitude et du jour,
frère
de toute l'espérance,
marin.
Je passe et vois le monde.
J'ai été là,
là où tu as été.
Je connais
le sang et la mort.
Pour cela, parce que tu es
le frère
de la vie,
Henri Martin, honneur
de la France, feuille
du plus haut chêne,
laurier des prairies,
héros
de la paix et de la pureté,
je te salue
avec la simplicité
du sable et la neige
de ma patrie distante.



Traduit de l’espagnol par M.C.




[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]



CAMPAGNE « ACQUITTEZ HENRI MARTIN !  » 
VERSO CARTE POSTALE QUI DÉNONCE 
L'« AFFAIRE HENRI MARTIN »
Poème « Henri Martin » dans Canto general,  De « Crepusculario » a « Las uvas y el viento ». 1923-1954,  (Obras completas, tomo I) pages 1092-1095, Edición de Hernán Loyola. Galaxia Gutemberg, Barcelona, 1999.   



SUR LE MÊME SUJET :

jeudi 19 février 2015

HENRI MARTIN

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
PORTRAIT D'HENRI MARTIN. PABLO PICASSO
Henri Martín escucha
el rumor
que hacen el miedo y la sangre.

En su prisión de Francia
oye
las banderas del bosque.
Los suyos mueren
inútilmente,
se pudren, se los llevan
escarabajos color de estaño.
Caen
hijos de Francia
allá lejos.
Por qué?
Henri Martin se opuso
a la carnicería
sin gloria,
y ahora
con un traje rayado,
con un número a cuestas,
trabaja encarcelado
el radiante
honor de Francia.
Para desembarcar con aguacero caliente, 
entre las moscas,
tanques y pústulas,
maldiciones, desgracias,
para desembarcar
muchachos
nacidos de la rosa
de Francia,
hijos
del jazmín y las uvas,
para matarlos,
para condecorarlos
y asesinarlos,
el gobiernillo
de Francia
debe crucificar el honor,
encarcelarlo,
ponerle traje a rayas,
numerarlo,
debe industrializar su estercolero
para venderlo
a los cowboys de Washington,
debe romper los huesos
del antiguo
honor nunca extinguido.

Por eso
Henri Martín,
radiante,
indomable
a través de las barras
que aprisionan
los ojos tricolores
de su pueblo,
mira
cómo cae
la sangre en los pantanos,
allá lejos,
sin gloria,
bajo las alas tórridas,
y los escarabajos
con sus pequeñas
bocas de estaño
acarreando
a las húmedas madrigueras,
hombres,
fragmentos de muchachos,
la fuerza y la dulzura
de Francia
sacrificada
para que los cowboys
de Filadelfia
bailen con la suavísima señora
del embajador de Francia.
Henri Martin: el trébol
del pasto matutino,
las cosas más humildes,
el banco
del carpintero,
la flor azul sin nombre
entre las piedras,
el terrible
viento sulfúrico
de Chuquicamata en la noche,
los hombres
hacinados
en las minas,
el pan,
el guerrillero
de nuestra dolorosa,
materna, desdichada,
heroica
Grecia de hoy,
todo
lo sencillo,
lo que sin aprender y sin saberlo
canta en todas las tierras y los ríos,
todo
te saluda,
Henri Martin, hermano
de cuanto existe, hermano
de la claridad y del sueño,
hermano
de la rectitud y del día,
hermano
de toda la esperanza,
marinero.
Yo paso y veo el mundo.
Allí estuve,
allí donde estuviste.
Conozco
la sangre y la muerte.
Por eso, porque eres
el hermano
de la vida,
Henri Martin, honor
de Francia, hoja
de la más alta encina,
laurel de las praderas,
héroe
de la paz y de la pureza,
te saludo
con la simplicidad
de la arena y la nieve
de mi patria distante.


poema « Henri Martin » en Canto general,  De « Crepusculario » a « Las uvas y el viento ». 1923-1954,  (Obras completas, tomo I) pages 1092-1095, Edición de Hernán Loyola. Galaxia Gutemberg, Barcelona, 1999.   





HENRI MARTIN EST DÉCÉDÉ

HENRI MARTIN. PHOTO L'HUMANITÉ
 Résistant, communiste, anticolonialiste, Henri Martin a passé plus de trois ans en prison pour son engagement contre la guerre d'Indochine, avant d'être libéré puis gracié à l'issu d'une grande campagne pour sa libération. Herni Martin est décédé dans la nuit du 16 au 17 février. Il était né en 1927 à Lunery, dans le Cher.


En 1945, lorsque le territoire métropolitain est à peine libéré, Henri Martin, jeune communiste dès seize ans, maquisard FTP à dix-sept, s’engage dans la marine. Appelé en Indochine, il est persuadé qu’il va affronter l’armée japonaise, alliée des nazis. Mais, lorsqu’il arrive sur place, les Japonais sont déjà désarmés, et il est témoin, à son corps défendant, des premiers combats contre le Viêt-minh. 

C’est à ce moment seulement qu’il entend parler, pour la première fois, d’un certain Ho Chi Minh et de l’indépendance, nouvellement proclamée, du Vietnam. De retour en France, il est affecté à l’arsenal de Toulon. Pour lui, il reste, sous l’uniforme, un citoyen. Il commence donc un travail d’intense propagande au sein de l’armée : distributions de tracts, de la presse anti-guerre, inscriptions à la peinture, etc. 

Ce qui devait arriver arrive : Henri est arrêté par la gendarmerie militaire le 14 mars 1950. En plus des motifs classiques, atteinte au moral de la nation, agitation politique illégale au sein de bâtiments militaires, l’accusation veut lui mettre sur le dos un acte de sabotage. 

Lors du procès, l’édifice s’écroulera, et Henri sera définitivement lavé de cette indignité par le jury, pourtant militaire. Restera, donc, un procès politique, et seulement politique. Pour cette seule activité, certes interdite, le jeune marin va être condamné à cinq années de prison ! Il en fera finalement plus de trois, avant d’être gracié (de mauvaise… grâce) par le président Auriol, en août 1953.

samedi 24 janvier 2015

ET SI ON DEMANDAIT (ENCORE) À PABLO NERUDA DE QUOI IL EST MORT

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

Son chauffeur, durant plusieurs années, a maintenu que Pablo se plaignait de douleurs à l'estomac, après avoir reçu une injection. Si la cause de la mort, officiellement, est un cancer de la prostate, la disparition des registres de l'hôpital entretient un climat de suspicion. 

Le Dr Draper, qui était au chevet du malade, avait confié au Dr Price, un nouveau traitement, et les avocats de la famille Neruda assuraient, en 2013, ne pas savoir exactement en quoi il consistait. 

En novembre 2013, les conclusions d'une série de tests avaient assuré qu'aucune preuve flagrante d'empoisonnement n'avait été mise en évidence. L'expertise médico-légale effectuée, en vue de prouver que Pablo Neruda avait été assassiné, n'a pour le moment pas de fondement pour étayer cette thèse. 

Publiés les 8 novembre dernier, les résultats dévoilés par le juge chilien Mario Carroza, qui avait ordonné l'exhumation du corps, en avril dernier, ne révèlent pas grand-chose. Pourtant, Neruda, intellectuel de gauche, opposant au régime dictatorial d'Augusto Pinochet représentait une cible idéale pour une tentative d'assassinat. Surtout que son décès survenait le 23 septembre 1973, moins d'une quinzaine de jours après le Coup d'État qui a mené Pinochet au pouvoir.

Les analyses des ossements avaient été réalisées par un groupe interdisciplinaire de scientifiques, comptant 13 experts et trois observateurs. Ils ont été effectués au Chili, en Espagne et aux États-Unis. Les tests ont tenté de déceler des traces de poison y compris le thallium ou l'arsenic — mais ce sont en tout plus de 2000 agents chimiques qui ont été passés au crible. 

FRANCISCO ETXEBERRIA GABILONDO 
Or, le seul élément détecté est un dérivé du dipyrone, médicament utilisé dans les années 70 pour lutter contre... le cancer de la prostate. « Nos résultats signifient qu'il n'existe aucune preuve médico-légale impliquant une mort non naturelle », a expliqué Francisco Etxeberria, anthropologue de l'université du Pays Baque en Espagne, et membre de la commission scientifique d'analyse. 

La thèse de l'assassinat n'est pour autant pas écartée: en effet, l'équipe de Etxebarria explique que l'absence de preuve scientifique tient plutôt à ce que les traces résiduelles de poisons dans l'organisme se sont estompées depuis le temps. Un agent comme le gaz sarin ne serait présent qu'à des niveaux absolument indétectables.

Selon la BBC, de nouveaux examens médico-légaux vont intervenir, pour chercher des métaux inorganiques ou lourds, afin de déterminer la cause directe ou indirecte de la mort. 

Francisco Ugas, porte-parole du gouvernement chilien, affirme que des preuves premières d'empoisonnement existent, et autorisent l'intervention d'agents spécifiques.  

jeudi 22 janvier 2015

LE POÈTE PABLO NERUDA A-T-IL ÉTÉ EMPOISONNÉ PAR PINOCHET ?

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

L'ÉCRIVAIN TCHÈQUE JAN DRDA, LE POÈTE PABLO NERUDA ( LUNETTES DE SOLEIL ) AVEC POÈTE FRANÇAIS PAUL ELUARD ET LUMÍR ČIVRNÝ, POÈTE, ROMANCIER, TRADUCTEUR ET HOMME POLITIQUE TCHÈQUE À L'AÉROPORT DE PRAGUE-RUZYNĚ, LE 16 AOÛT 1949 AVANT SON DÉPART POUR PARIS. PHOTO ARCHIVE CZECH NEWS AGENCY (CTK) 
C'est son ancien chauffeur, Manuel Araya, qui depuis plus de quarante ans expose la thèse de l'assassinat. Peu avant sa mort à l'âge de 69 ans, le poète l'aurait appelé depuis l'hôpital Santa Maria de Santiago et lui aurait confié se sentir mal après avoir reçu une injection à l'estomac. Selon lui, Pablo Neruda était déjà atteint par le cancer avant son hospitalisation.

Au moment du drame, le général Pinochet vient à peine d'accéder au pouvoir. Pablo Neruda, communiste et fidèle partisan du président renversé Salvador Allende, a tout pour devenir un leader de l'opposition au nouveau pouvoir. D'après Manuel Araya, l'ambassadeur du Mexique lui aurait même proposé alors de trouver refuge à Mexico. Mais douze jours après le coup d'État du 11 septembre, l'écrivain a été déclaré mort d'un cancer de la prostate.
«Si l'empoisonment est avéré, il constituerait un crime contre l'humanité» Francisco Ugás

Les années 2000 ont vu plusieurs investigations revenir sur la thèse du meurtre. En avril 2013, le corps de l'écrivain a été exhumé à Isla Negra pour effectuer des examens toxicologiques. À l'époque, le service médico-légal chilien n'a trouvé aucune trace de poison.
[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

Une partie de la famille conteste ces résultats et réclame une nouvelle enquête. De nouvelles analyses vont être menées, cette fois pour tenter de détecter des traces inorganiques ou de métaux lourds dans les restes du poète. Il s'agit de déterminer si des cellules ou des protéines ont été détruites par des agents chimiques, alors que la première vague d'analyses s'était concentrée sur la recherche de traces de poison.

«Il existe des antécédents qui pourraient prouver que Pablo Neruda a été empoisonné. Si ce fait est avéré, il constituerait un crime contre l'humanité», a déclaré le secrétaire exécutif du programme pour les droits de l'homme chilien Francisco Ugás.

«C'est la première fois qu'une institution étatique s'engage à chercher la vérité sur la mort de Pablo Neruda, a commenté le neveu du poète et avocat Rodolfo Reyes. Connaître cette vérité est nécessaire. Pas uniquement pour notre famille, mais aussi pour le Chili et pour le monde entier.»

LE CHILI TENTE TOUJOURS DE RÉPONDRE À LA QUESTION : « PABLO NERUDA A-T-IL ÉTÉ ASSASSINÉ ? »

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LE NEVEU DE PABLO NERUDA, RODOLFO REYES (GAUCHE), À CÔTÉ DE  L'AVOCAT DU PROGRAMME DE DROITS DE L'HOMME DU MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR DU CHILI, RODRIGO LLEDÓ. PHOTO EFE
Comme l'explique au El Mercurio Rodrigo Lledó, avocat du programme des droits de l'homme du ministère :
« La première enquête n'a pas réussi à déterminer s'il y a eu du poison dans le corps de Neruda, en raison notamment du temps qui nous sépare du décès. Cette seconde enquête a pour but d'établir s'il y a eu ou non des dommages cellulaires qui seraient le résultat d'un agent chimique n'étant plus détectable aujourd'hui dans la dépouille.
Nous ne cherchons pas 'le poison'. Nous cherchons le type de dommage qu'aurait provoqué un type de poison ou d'agent chimique, biologique ou radiologique.
 »

« D'après cette version...»

En novembre 2013, un groupe d’experts internationaux avait écarté l’hypothèse de l’empoisonnement. L’expertise médico-légale n'avait « pas trouvé d'éléments chimiques significatifs qui puissent être liés à la mort ». Les examens menés n'avaient « pas permis de trouver l'étiologie de causes non naturelles dans la mort » et confirmé « la présence de métastases dans divers segments du squelette, correspondant à la maladie pour laquelle était traité M. Pablo Neruda ».


[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

PHOTO ARCHIVE DU QUOTIDIEN ITALIEN L’UNITÀ 
Mais les experts s'étaient opposés à la fermeture du dossier, précisant qu’ils n’étaient toujours pas en mesure de répondre à la question à l'origine de cette affaire : Pablo Neruda a-t-il ou non été assassiné.

Comme le rappelle La Segunda, la thèse d'un assassinat est défendue par le chauffeur du poète à sa mort, Manuel Araya, qui assure que Neruda a été empoisonné dans un hôpital de Santiago, peu de temps avant de quitter le pays.
« D'après cette version, Neruda s'était rendu au complexe hospitalier non pour des raisons de santé, mais pour attendre un avion spécialement envoyé par le gouvernement mexicain pour quitter le Chili. Pendant son passage dans cette clinique, selon Araya, on lui aurait fait une injection létale. »
Manuel Araya, qui est sorti de son silence en 2011 avec l'appui du Parti communiste chilien, raconte alors que Neruda, qui n'était pas en état critique avant son arrivée à la clinique, lui aurait dit qu'un docteur lui avait fait une injection à l'estomac qui le « brûlait de l'intérieur ». La thèse du chauffeur n'est pas partagée par la majorité de la famille du poète, mais le doute existe visiblement encore pour la justice.

La dépouille du plus grand poète chilien de l'histoire, prix Nobel de littérature en 1971, a été exhumée en avril 2013. Neruda et sa troisième femme Mathilde étaient enterrés sur l'Isla Negra, tournés vers l'océan Pacifique qui l'a tant inspiré.

vendredi 14 novembre 2014

jeudi 13 novembre 2014

BEIJING, CHINE : INAUGURATION D’UN BUSTE DE PABLO NERUDA

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LA PRÉSIDENTE MICHELLE BACHELET A RENDU HOMMAGE À PABLO NERUDA À BEIJING. PPHOTO JOSÉ MANUEL DE LA MAZA
L'événement s'est déroulé en présence de nombreux invités, notamment celle  du créateur de l'œuvre, l'éminent artiste chinois Yuan Xikun. La Présidente a rappelé que Neruda « a été un grand admirateur de la Chine. Il a séjourné ici en 1928, 1951 et 1957. Sur sa navigation sur le fleuve Yangzi Jiang, dans au cours de sa dernière visite il a écrit : 'Il y a peu de paysages dans la terre d’une beauté si écrasante' ». La chef d'État a souligné que Neruda «fut un homme de son temps, sensible à la beauté, à la majesté des fleuves et des montagnes, mais aussi aux grandes transformations humaines de son époque. Et l'une de ces transformations fut, sans doute, celle de la Chine».

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LA GRANDE MURAILLE DE CHINE EST SANS CONTESTE UNE DES CONSTRUCTIONS LES PLUS IMPRESSIONNANTES DE L'HUMANITÉ,  PABLO NERUDA 1957.
Avec l'ancien Président de la République, Salvador Allende et le peintre José Venturelli, Pablo Neruda a été l'un des membres fondateurs, en 1952, de l'Institut Chilien-Chinois de Culture, que pendant plus de soixante ans a développé un actif travail de promotion de la culture et des arts au Chili et a servi d'espace de rencontre de remarquables personnalités littéraires et artistiques des deux pays.