Citation de Pablo Neruda

lundi 18 octobre 2021

« L'ÉCRIVAIN DOIT REFUSER DE SE LAISSER TRANSFORMER EN INSTITUTION »

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Jean Paul Sartre sortant du domicile de Simone de Beauvoir,
est interviewé par un reporter après avoir refusé de recevoir
le prix Nobel de Littérature, le 23 Octobre 1964.

Après avoir confirmé qu'il refusait le prix Nobel de littérature, Jean-Paul Sartre a donné jeudi soir une interview à la presse suédoise dont nous reproduisons la traduction revue par l'écrivain lui-même.

Le Monde

Publié le 24 octobre 1964  

Temps de Lecture 6 min.

"Je regrette vivement que l'affaire ait pris une apparence de scandale : un prix est décerné et je le refuse. Cela tient seulement au fait que je n'ai pas été informé assez tôt de ce qui se préparait. Lorsque j'ai vu dans le Figaro littéraire du 15 octobre, sous la plume du correspondant suédois du journal, que le choix de l'Académie suédoise allait vers moi, mais qu'il n'avait pas encore été fixé, je me suis imaginé qu'en écrivant une lettre à l'Académie, que j'ai expédiée le lendemain, je pouvais mettre les choses au point et qu'on n'en parlerait plus.

" J'ignorais alors que le prix Nobel est décerné sans qu'on demande l'avis de l'intéressé, et je pensais qu'il était temps de l'empêcher. Mais je comprends que lorsque l'Académie suédoise a fait un choix elle ne puisse plus se dédire.

" Les raisons pour lesquelles je renonce au prix ne concernent ni l'Académie suédoise, ni le prix Nobel en lui-même, comme je l'ai expliqué dans ma lettre à l'Académie. J'y ai invoqué deux sortes de raisons : des raisons personnelles et des raisons objectives.

Ni Légion d'honneur ni Collège de France...

" Les raisons personnelles sont les suivantes : mon refus n'est pas un acte improvisé, j'ai toujours décliné les distinctions officielles. Lorsque, après la guerre, en 1945, on m'a proposé la Légion d'honneur, j'ai refusé, bien que j'aie eu des amis au gouvernement. De même, je n'ai jamais désiré entrer au Collège de France, comme me l'ont suggéré quelques-uns de mes amis.

" Cette attitude est fondée sur ma conception du travail de l'écrivain. Un écrivain qui prend des positions politiques, sociales ou littéraires ne doit agir qu'avec les moyens qui sont les siens, c'est-à-dire la parole écrite. Toutes les distinctions qu'il peut recevoir exposent ses lecteurs à une pression que je n'estime pas souhaitable. Ce n'est pas la même chose si je signe Jean-Paul Sartre ou si je signe Jean-Paul Sartre, prix Nobel.

" L'écrivain qui accepte une distinction de ce genre engage également l'association ou l'institution qui l'a honoré : mes sympathies pour le maquis vénézuélien n'engagent que moi, tandis que si le prix Nobel Jean-Paul Sartre prend parti pour la résistance au Venezuela, il entraîne avec lui tout le prix Nobel en tant qu'institution.

" L'écrivain doit donc refuser de se laisser transformer en institution, même si cela a lieu sous les formes les plus honorables, comme c'est le cas.

" Cette attitude est évidemment entièrement mienne et ne comporte aucune critique contre ceux qui ont déjà été couronnés. J'ai beaucoup d'estime et d'admiration pour plusieurs des lauréats que j'ai l'honneur de connaître.

" Mes raisons objectives sont les suivantes :

" Le seul combat actuellement possible sur le front de la culture est celui pour la coexistence pacifique des deux cultures, celle de l'Est et celle de l'Ouest. Je ne veux pas dire qu'il faut qu'on s'embrasse, je sais bien que la confrontation entre ces deux cultures doit nécessairement prendre la forme d'un conflit, mais elle doit avoir lieu entre les hommes et entre les cultures, sans intervention des institutions.

" Je ressens personnellement profondément la contradiction entre les deux cultures : je suis fait de ces contradictions. Mes sympathies vont indéniablement au socialisme et à ce qu'on appelle le bloc de l'Est, mais je suis né et j'ai été élevé dans une famille bourgeoise et une culture bourgeoise. Cela me permet de collaborer avec tous ceux qui veulent approcher les deux cultures. J'espère cependant, bien entendu, que " le meilleur gagne ". C'est-à-dire le socialisme.

...ni prix Lénine

" C'est pourquoi je ne peux accepter aucune distinction distribuée par les hautes instances culturelles, pas plus à l'Est qu'à l'Ouest, même si je comprends fort bien leur existence. Bien que toutes mes sympathies soient du côté socialiste, je serais donc incapable, tout aussi bien, d'accepter, par exemple, le prix Lénine, si quelqu'un voulait me le donner, ce qui n'est pas le cas.

" Je sais bien que le prix Nobel en lui-même n'est pas un prix littéraire du bloc de l'Ouest, mais il est ce qu'on en fait, et il peut arriver des événements dont ne décident pas les membres de l'Académie suédoise.

«  C'est pourquoi, dans la situation actuelle, le prix Nobel se présente objectivement comme une distinction réservée aux écrivains de l'Ouest ou aux rebelles de l'Est. On n'a pas couronné, par exemple, Neruda, qui est un des plus grands poètes sud-américains. On n'a jamais parlé sérieusement de Louis Aragon, qui le mérite pourtant bien. Il est regrettable qu'on ait donné le prix à Pasternak avant de le donner à Cholokhov, et que la seule œuvre soviétique couronnée soit une œuvre éditée à l'étranger et interdite dans son pays. »

" Pendant la guerre d'Algérie j'aurais accepté " 

" C'est pourquoi, dans la situation actuelle, le prix Nobel se présente objectivement comme une distinction réservée aux écrivains de l'Ouest ou aux rebelles de l'Est. On n'a pas couronné, par exemple, Neruda, qui est un des plus grands poètes sud-américains. On n'a jamais parlé sérieusement de Louis Aragon, qui le mérite pourtant bien. Il est regrettable qu'on ait donné le prix à Pasternak avant de le donner à Cholokhov, et que la seule œuvre soviétique couronnée soit une œuvre éditée à l'étranger et interdite dans son pays. On aurait pu établir un équilibre par un geste semblable dans l'autre sens. Pendant la guerre d'Algérie, alors que nous avions signé la " déclaration des 121 ", j'aurais accepté le prix avec reconnaissance, parce qu'il n'aurait pas honoré que moi, mais aussi la liberté pour laquelle nous luttions. Mais cela n'a pas eu lieu et ce n'est qu'après la fin des combats que l'on me décerne le prix.

" Dans la motivation de l'Académie suédoise, on parle de liberté : c'est un mot qui invite à de nombreuses interprétations A l'Ouest, on n'entend qu'une liberté générale : quant à moi, j'entends une liberté plus concrète qui consiste dans le droit d'avoir plus d'une paire de chaussures et de manger à sa faim. Il me paraît moins dangereux de décliner le prix que de l'accepter. Si je l'accepte, je me prête à ce que j'appellerai " une récupération objective ". J'ai lu dans l'article du Figaro littéraire qu'on " ne me " tiendrait pas rigueur d'un passé " politique controversé ". Je sais que cet article n'exprime pas l'opinion de l'Académie, mais il montre clairement dans quel sens on interpréterait mon acceptation dans certains milieux de droite. Je considère ce " passé politique " controversé " comme toujours valable, même si je suis tout prêt à reconnaître certaines erreurs passées au milieu de mes camarades.

" Je ne veux pas dire par là que le prix Nobel soit un prix " bourgeois ", mais voilà l'interprétation bourgeoise que donneraient inévitablement des milieux que je connais bien.

" Finalement, j'en reviens à la question de l'argent : c'est quelque chose de très lourd que l'Académie pose sur les épaules du lauréat en accompagnant l'hommage d'une somme énorme, et ce problème m'a tourmenté. Ou bien on accepte le prix et avec la somme reçue on peut appuyer des organisations ou des mouvements qu'on estime importants : pour ma part, j'ai pensé au comité Apartheid à Londres.

" Ou bien on décline le prix à cause des principes généraux, et on prive ce mouvement d'un appui dont il aurait eu besoin. Mais je crois que c'est un faux problème. Je renonce évidemment aux 250 000 couronnes parce que je ne veux pas être institutionnalisé ni à l'Est ni à l'Ouest. Mais on ne peut pas demander non plus que l'on renonce pour 250 000 couronnes à des principes qui ne sont pas uniquement les vôtres, mais que partagent tous vos camarades.

" C'est ce qui m'a rendu si pénibles à la fois l'attribution du prix et le refus que je suis obligé de donner.

" Je veux terminer cette déclaration par un message de sympathie au public suédois. " 

(Traduit du suédois.)

samedi 3 juillet 2021

HYMNE A LA LIBERTÉ RETROUVÉE AU JARDIN DES DEUX-RIVES AVEC LE CANTO GENERAL DE THEODORAKIS

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PHOTO DOSTENA LAVERGNE / DNA 

Dimanche 4 juillet à 17 h, le Chœur Philharmonique de Strasbourg (CPS) s’associe aux Percussions de Strasbourg pour interpréter le Canto General de Mikis Theodorakis, lors de la Symphonie des Arts au jardin des Deux Rives de Strasbourg.
 
Avec les solistes Manuela Rovira, mezzo-soprano, et Alvaro Vallès, baryton-solo, la représentation du Canto General de Theodorakis ce dimanche au jardin des Deux Rives fera date dans le programme musical de l’été 2021.

Le retour du Chœur Philharmonique de Strasbourg (CPS) sur scène sera célébré par une œuvre mythique, symbole de la liberté et de la fraternité universelle entre humains, mais aussi entre l’Homme et la Nature. Initialement prévu pour être joué lors de la présidence grecque du Comité des ministres du Conseil de l’Europe en juin 2020, le Canto Général aura attendu un an pour rejaillir de toute sa beauté au jardin des Deux Rives.

L’œuvre légendaire incarne l’amitié de chœur entre deux immenses artistes universels : le grand poète chilien Pablo Neruda et le compositeur grec Mikis Theodorakis, qui signe la musique d’après les poèmes de Neruda un an après la mort de son ami ; tandis que le Chili sombre dans la dictature de Pinochet et la Grèce sort à peine du régime fasciste des Colonels. Rappelons que la création musicale a eu lieu le 7 septembre 1974 avec la participation des Percussions de Strasbourg, à la Fête de l’Humanité. Le Canto General devint ainsi le cadeau que le compositeur grec en exil rapporta dans son pays pour saluer la liberté retrouvée, mais il reste aussi et à jamais inscrit dans l’histoire de Strasbourg.

« Je suis si heureuse d’être enfin arrivée à ce moment solennel après des mois de répétitions et de représentations sans public ! », s’exclame Catherine Bolzinger à la direction du CPS, juste avant le début de la répétition générale publique organisé au théâtre de Hautepierre fin juin.

Généreux et intense, l’hymne au peuple et à la Nature de Neruda et l’exubérance musicale de Theodorakis, qui associent écriture savante et traditions populaires, célèbre l’élan vital des humains qui traversent l’oppression pour retrouver enfin l’harmonie et la joie.

Avec les flûtes et les guitares des étudiants de la HEAR, Inga Kazantseva et Elizabeth Vinciguerra aux pianos, les voix des choristes du CPS et les percussions de Strasbourg forment une merveilleuse machine musicale sublimant les rythmes complexes de la composition.

Écriture savante et traditions populaires
« Pensons plutôt à toute la terre, frappons amoureusement sur la table. Je ne veux pas revoir le sang imbiber le pain, les haricots noirs, la musique : je veux que viennent avec moi le mineur, la fillette, l’avocat, le marin et le fabricant de poupées, Que nous allions au cinéma, que nous sortions boire le plus rouge des vins. Je ne suis rien venu résoudre. Je suis venu ici chanter je suis venu afin que tu chantes avec moi. »

Les vers chantés de Pablo Neruda seront partiellement lus en français par le comédien Maxime Pacaud, tandis que les hispanophones saisiront toute leur force à travers le chant de la chorale et des sollicites, venus d’Uruguay. Sublimes, leurs voix s’épanouissent avec maestria, faisant ressentir le mystère de l’univers latino-américain et le soleil grec de la liberté retrouvée.

Une symphonie de joie, à voir absolument !

dimanche 31 janvier 2021

¿QUIÉN MATÓ A HOMERO ARCE?

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HOMERO ARCE, MATILDE URRUTIA ET PABLO NERUDA EN ISLA NEGRA

¿Quién mató a Homero Arce, el poeta y secretario personal de Neruda, asesinado en 1977? /  Homero Arce me llamó una mañana para invitarme a tomar té a su casa. Era el verano de 1975. Me sorprendió encontrarlo muy apagado, junto a Laura Arrué, su mujer. / Tomamos once mientras conversábamos de muchas cosas. Eran muy cariñosos entre sí y disfrutaban entregando su afecto a los demás. Él la llamaba Lalita. Homero se nubló de tristeza cuando me dijo: “Matilde me trató muy mal, comenzó a hacerse la perdediza”.

Por Virginia Vidal

PABLO NERUDA
ET HOMERO ARCE

Empapado en tristeza, este fino caballero sólo podía expresar afecto con suave cortesía. Se refirió a las humillaciones infligidas por Matilde. Él había entrado en la vida de Pablo mucho antes que ella, solidario, aun cómplice en todas las circunstancias. Hasta el último, Homero había recibido el dictado de esas memorias que la muerte del poeta impidió corregir.

Pero entre Matilde y Homero se había producido una desavenencia sin vuelta posible. Según Matilde, él había deseado quitar, por miedo, el último capítulo de Confieso que he vivido. Acto que consideró de extrema cobardía y por esto lo increpó. Según Homero, no fue sino un pretexto para provocar un corte definitivo, pues Matilde le tenía una inquina feroz porque lo sabía “amigo de Pablo en las buenas y en las malas”. La verdad es que Matilde, después del episodio del enamoramiento de Neruda de su sobrina Alicia Urrutia, vio a Homero como el alcahuete.

Al despedirnos, Laurita insistía: “¿Cómo te hago un cariño? ¿Aceptarías algo de mi mano?”. Con un gesto tan de colchagüina, me regaló un cartucho de panes amasados por ella misma y Homero me fue a dejar al paradero de buses, reiterándome que lo llamara por teléfono en cuanto estuviera en mi casa. Lo llamé, para su tranquilidad. Después de ese episodio, no volví a verlo.

De la vieja amistad entre ambos poetas, queda el poema Llegó Homero, del conjunto Cuatro poemas escritos en Francia. Neruda invitó a su amigo a París cuando recibió el Premio Nobel.

Durante esa estadía en Francia, Neruda le solicitó a Homero la selección de los poemas que integrarían la Antología Popular de Pablo Neruda, su regalo para el pueblo de Chile por haber recibido el Premio Nobel. Esta selección poética no proporcionaría a Neruda derechos de autor. Era de gran formato, ciento veintiséis páginas, con un prólogo de Salvador Allende y una breve columna con datos de vida y bibliografía en la contratapa.  Según se advierte al inicio: “Este libro no puede ser puesto en venta. Su finalidad es que llegue en forma gratuita al pueblo chileno”. También se señala: “La selección fue confiada por el autor a Homero Arce y el trabajo se realizó entre este escritor y el poeta en su casa de ‘La Manquel’, aldea de Condé-sur-Iton, de la Normandía francesa, en el mes de septiembre de 1972”.

LAURA ARRUÉ
CARICATURE DE NERUDA, 1925
Laurita Arrué (1907-1986) era profesora, estudió en la Escuela Normal Nº 1 y en su época juvenil se incorporó a la bohemia nerudiana. En 1924, inició un romance con Neruda. Dicen que el flechazo entre ambos fue inmediato. Según Diego Muñoz, “para nuestra rueda de amigos, Laurita era nuestra Greta Garbo propia”. Neruda la llamaba Malala y Señorita Saint-Sauver. Homero Arce, quien conoció a Laura una vez que ya estaba en una relación con Neruda, también quedó prendado, casi instantáneamente.

Cuando se fue Neruda al Asia (como cónsul en Rangún, ex Birmania) y según se habían prometido, siguieron escribiéndose cartas apasionadas, pero Laura no recibió las de Pablo. Pablo tampoco las de Laura. ¿Quién las interceptó? Homero Arce, aprovechando su condición de funcionario de Correos (fue secretario de la Dirección General de Correos y secretario del Correo Central). Su pasión no tuvo límites, por algo le decían Otelo. Ahí empezó el amor entre ambos. Muchos decían que Homero había secuestrado a Laurita. Dejó a esposa e hijos para dedicarse por entero a su amada y no se separaron en cuarenta años.

El testimonio de puño y letra de Laurita Arrué sobre la muerte de Homero, consta en su libro Ventana del recuerdo (Nascimento, 1982). También se lo entregó a la escritora Matilde Ladrón de Guevara, quien lo reprodujo en uno de sus libros.

Homero salió de su casa a las 10.00 del 2 de febrero de 1977. Se dirigía a la Tesorería General para dejar un formulario donde solicitaba se le descontara el 5% de las imposiciones de la Caja de Empleados Públicos. Sin embargo, no volvió a casa hasta las cuatro de la madrugada del día siguiente, despeinado, y los ojos inyectados en sangre.

En la Tesorería, se dijo después, sufrió un desvanecimiento y se llamó a un carabinero para acompañarlo a la Posta Central. No obstante, nunca constó su llegada en los registros de la posta. De cuanto llevaba, sólo desapareció su carnet de identidad. Del carabinero, no quedó registro.

Homero regresó moribundo a casa. Sólo atinaba a gritar: “¡Defiéndeme, Laurita!”. “¡Defiéndeme, Laurita!”. Murió a las ocho de la mañana, el 6 de febrero de 1977 en el Hospital Barros Luco. El médico descubrió una herida no sangrante detrás de la oreja.

Laura, quien no tuvo hijos con Homero, murió en 1986, también de manera muy extraña. De hecho, nunca se supo cómo ocurrió el incendio en su casa donde se quemó viva.

« FENÊTRE DU SOUVENIR» 
LAURA ARRUÉ ( 1907-1986 )

Homero Arce fue una de las víctimas del crimen anónimo, como lo denunció el crítico Edmundo Concha en su conferencia en la Biblioteca Nacional, en 1991, durante el ciclo nerudiano. No aparece en las listas del Informe Rettig, pero fuerzas represivas lo detuvieron, lo golpearon hasta dejarlo inconsciente ymurió en el hospital Barros Luco a los pocos días.

De este caballero quedan sus sonetos perfectos en El árbol y otras hojas, su Canto a Santiago, clavel de fuego (grabado por el sello Phillips en 1965) y un hecho que no merece ser borrado de nuestra memoria: por su vieja máquina de escribir pasaron todos los libros de Neruda y gran parte de su correspondencia. Como dijo en su momento Laurita Arrué: “En eso se le fue la mitad de la vida”.

Sociedad de Escritores de Chile | SECH. 

 

dimanche 12 juillet 2020

70ÈME ANNIVERSAIRE DU «CHANT GÉNÉRAL» DE PABLO NERUDA

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70ÈME ANNIVERSAIRE DU 
«CHANT GÉNÉRAL» DE PABLO NERUDA


IILLUSTRATION DE DIEGO RIVERA

Le Chant Général de Pablo Neruda fut publié premièrement au Mexique le mois d'avril 1950, dans deux versions : une somptueuse édition princeps qui fut sponsorisée par le « Comité Auspiciador », d'Editorial América et une deuxième version fac-similaire d’un format plus réduit, imprimée sous le sceau des Ediciones Océano. 

IILLUSTRATION DE 
DAVID ALFARO SIQUEIROS
Les deux portent des illustrations de deux célèbres peintres et muralistes mexicains qui étaient alors au faîte de leur art, David Alfaro Siqueiros et Diego Rivera. Au Chili, le Parti communiste réalisa -dans des conditions presque invraisemblables- une édition clandestine du Chant Général, illustrée des gravures du plasticien chilien José Venturelli. Ce sont ces gravures que vous pouvez voir plus haut.  


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PABLO NERUDA  
PHOTO FUNDACIÓN PABLO NERUDA

SUR LE MÊME SUJET :

lundi 11 mai 2020

RÉSIDENCE SUR LA TERRE, PRÉFACE DE JULIO CORTAZAR


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JULIO CORTÁZAR
PHOTO FRANCOIS LEHR 
À propos

«Dans les années 40, en une période où presque tous les poètes suivaient une voie lyrique sans surprise, il tombe sur une génération sud-américaine stupéfaite, émerveillée ou furieuse, une énorme alluvion de mots chargés de matière épaisse, de pierres et de lichens, de sperme sidéral, de vents du large et de mouettes de fin du monde, une nomenclature de bois et de métaux, de peignes et de femmes, de falaises et de bourrasques, et tout cela nous arrive, comme tant d'autres fois, de l'autre côté du monde, où un poète regarde par-dessus la mer son lointain Chili et le comprend et le connaît tellement mieux que d'autres qui ont le nez dessus. 

Parce que le Chili des Résidences c'est déjà le monde latino-américain embrassé dans sa totalité par une poésie toute -puissante et c'est aussi la planète entière, la somme des mers et des choses avec, en son centre, un homme solitaire, le vieil homme parmi les ruines d'une histoire qui se dégonfle not with a bang but a whimper, le vieil homme naissant à sa véritable jeunesse, à sa virilité conquise vers après vers, peine après peine, le vieil homme laissant derrière lui le catalogue frénétique des amours et des souffrances, des plongées sans issue dans le magma de l'individu qui réside sur terre comme Robinson sur son île, l'homme Neruda se dresse, enfin libre et nu, il regarde devant lui et il voit un peuple en lutte, il entre dans la guerre d'Espagne comme on entre dans la mer à bout de sueur et de poussière, Pablo peut écrire 

L'Espagne au coeur, Pablo est déjà parmi les hommes, le Chant Général bat dans son sang, il sait déjà, lui, que nous ne sommes pas seuls, que no man is an island, que nous ne serons plus jamais seuls sur l'île Terre.» 

Résidence sur la Terre, préface de Julio Cortazar

SCULPTURES DES MAISONS DE PABLO NERUDA

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FONDATION PABLO NERUDA

jeudi 30 avril 2020

LE POÈTE CHILIEN PABLO NERUDA A-T-IL ÉTÉ ASSASSINÉ ?

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UNE DU JOURNAL L'HUMANITÉ
DU 27 SEPTEMBRE 1973
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«LE POÈTE CHILIEN PABLO NERUDA A-T-IL ÉTÉ ASSASSINÉ ?»
« Rendez-vous avec X » par Patrick PESNOT
REDIFFUSION LE JEUDI 30 AVRIL 2020

Et si Pablo Neruda, le plus grand poète chilien, avait été assassiné ? Si sa mort semblait naturelle et que les preuves d'un meurtre restes minces, nombreux autres faits accréditent le soupçon. 
Neruda était la bête noire des putschistes chiliens qui s'étaient emparés du pouvoir le 11 septembre 1973, à cause de sa popularité. Ce n'est pas un hasard si, aussitôt après le coup d'État, des militaires et des miliciens du parti d'extrême droite "Patrie et Liberté" se sont attaqués à la maison que le poète possédait à Santiago et l'ont saccagée.

jeudi 26 mars 2020

¡MUERA NERUDA!

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PABLO NERUDA,
ESCULTURA DE GALVARINO PONCE
EN WASHINGTON (D C)

« Neruda es venerado y después denigrado. Sus imágenes van desde el héroe al canalla. El antinerudismo se ha convertido en una especie de culto negativo que genera devociones y catecismos», dice Darío Oses. «Me parece que las acusaciones contra el poeta, al ser reducidas a consignas, quedan en una especie de campo abstracto, donde se han omitido el contexto de la época y todas las circunstancias que rodean a los hechos por los que se lo condena».

Por Darío Oses

El antinerudismo y los peligros de la consigna

PORTADA EDICIÓN CHECA 1950 
«QUE DESPIERTE EL LEÑADOR»

¿Quién fue ese tal Neruda? Respuesta provisoria: un poeta que generó tal exceso de información, de referencias, expectativas y exigencias, un personaje que atrajo tantas adhesiones desmedidas como condenas virulentas, que su identidad se hizo migratoria y escurridiza: está en fuga permanente puesto que cada época la borronea para dibujarla nuevamente.

Neruda es venerado y después denigrado. Sus imágenes van desde el héroe al canalla. El antinerudismo se ha convertido en una especie de culto negativo que genera devociones y catecismos, como el libro Neruda y yo, de Pablo de Rokha, que tal vez sea la mayor diatriba literaria de un escritor contra otro.

Disparen contra el poeta

El escritor uruguayo Ricardo Paseyro, tiene otro lugar destacado en el ranking antinerudista. Derivó desde la militancia comunista a la extrema derecha. Autor del panfleto La palabra muerta de Neruda, desde principios de los años 60 hizo de su vida una cruzada para impedir que le dieran el Nobel a Neruda.

Como lo hace notar María Luisa Fischer, “hay polemistas destacados y reflexivos (Octavio Paz, Juan Ramón Jiménez)” y otros que no lo son. Neruda atrae acusaciones que llegan al delirio. Un panfleto de 1941, año en que el avance mundial del nazismo parecía invencible, lo acusa de “judío degenerado”, que “abusando de su cargo como Cónsul chileno en Madrid” consiguió “con su sucia labor atraer las mayores desgracias sobre España. A él le debe la Madre Patria la muerte y masacre de millares de españoles”.

También lo han acusado de “terrateniente millonario, dueño de Isla Negra y de mansiones en Santiago y en Temuco”, etcétera.

Hay antinedurismos para todos los gustos: desde los de derecha hasta los de la extrema izquierda y otros procedentes de muy distintas trincheras literarias. El 16 de junio de 1945, durante una reunión de más de 250 personas que celebraban la investidura senatorial Neruda y su Premio Nacional de Literatura, el poeta subió al estrado para leer su discurso. Frente a él se instaló un extraño enmascarado que interrumpió tres veces al poeta profiriendo una especie de recuento de las invectivas y ataques en su contra. El biógrafo Ernesto Olivares comenta que esas tres interrupciones anticiparon las 300 o 3.000 voces que desde ahí en adelante condenarían a Neruda.

Hoy, en los muros de la ciudad se encuentran escritos que dan cuenta de las últimas tendencias del antinerudismo. Uno de ellos exige: “Más Lemebel menos Neruda”. La condición de ícono que alcanzó Neruda puede motivar esta tendencia, en un tiempo iconoclasta. Otro escrito, hecho sobre un mural con el retrato del poeta, lo acusa de “misógeno” (sic).

«UN MISÓGINO QUE AMABA A LAS MUJERES»
GRAFFITI EN SANTIAGO DE CHILE

Un misógino que amaba a las mujeres

Propongo examinar la misoginia del poeta, contrastándola con algunos de sus textos. Copio aquí algunos extractos del artículo “La madre y la tierra”, que Neruda escribió para un congreso mundial de mujeres. Permaneció inédito por mucho tiempo. Recientemente se publicó en el V y último tomo de la Poesía completa de Pablo Neruda.

Una sola mujer traía el agua en su cántaro. Eran tiempos de guerra, los rayos caían de los montes, eran tiempos de sed; el polvo gris picaba las heridas recién abiertas. Se desangraba el mundo. Pero, bastaba con una sola mujer para que todos bebieran.

(…)

Una sola mujer daba a luz en el tiempo más remoto, en la oscuridad de los orígenes. Daba a luz un solo hijo. Quería amamantar un solo niño. Pero la humanidad estaba naciendo.

Una sola mujer cosía, cocinaba, tejía, plantaba el trigo y el arroz, vendaba las heridas, conducía a sus hijos por el camino largo al que daban sombra grandes árboles en flor. Era una sola mujer. Pero la primavera había llegado.

Cuando la guerra se hizo feroz, cayeron todas las casas, se terminaron los caminos, no hubo luz ni carbón, (…) Todo estaba lleno de cenizas y humo. Todo estaba lleno de sangre.

Pero bajo un árbol quemado una mujer sin rostro ya, con los párpados quemados por el incendio, con el corazón lleno de luto, lloraba con su niño en brazos.

Era la humanidad entera la que lloraba debajo del árbol quemado.

(…)

Una sola mujer puede detener la muerte total. Una sola mujer que es cada mujer. Una sola madre que está en todas partes.

(…)

En el principio y el fin. En el corazón del hombre. En la flor y en el fruto de la vida. En la luz y en la sombra de todas las acciones. (…) En el amor.

Desde su título, “La madre y la tierra” este texto nos conecta con los primeros tiempos de la humanidad, cuando la tierra era sagrada porque, lo mismo que la mujer, alimentaba y protegía. La arqueóloga rumana Marija Gimbutas descubrió la veneración que se tributaba hace miles de años a la Gran Diosa Madre, mixtura de tierra y mujer, que podía recrear incansablemente la vida.

Antes de los descubrimientos de Gimbutas, el niño poeta Pablo Neruda, se había encontrado ya con la Gran Madre cuando descubrió el bosque austral chileno, donde la vida renacía de la descomposición de los organismos muertos. Neruda sintió entonces que el bosque nativo era una gran matriz materna, femenina, generadora de vida y escribió: “De aquellas tierras, de aquel barro, de aquel silencio he salido yo a andar, a cantar por el mundo.

Neruda siempre vivió conectado a ese espacio materno y natural del que nacía y renacía la vida.

Me gustas cuando callas…

«NERUDA, CÁLLATE TÚ»
8M 2021 /
FOTO MILA BELÉN

Se ha acusado a Neruda despreciar a la mujer, cuando escribió: “Me gustas cuando callas porque estás como ausente”. Pero esa es una lectura incompleta que saca al verso aquel del contexto de la totalidad del poema: basta leer los versos siguientes para desvirtuar esa acusación, porque más adelante ese mismo poema dice: “Déjame que me calle con el silencio tuyo”. Y luego, el poeta califica el silencio de su amada: “Déjame que te hable también con tu silencio/ claro como una lámpara, simple como un anillo. / Eres como la noche, callada y constelada. / Tu silencio es de estrella, tan lejano y sencillo.

La mujer llena la poesía de Neruda. Y no solo su poesía amorosa. Neruda les canta también a las madres y en especial a su mamadre, la mujer que lo crio con la más grande y humilde ternura. Les canta a sus compañeras en la lucha social, como Tina Modotti. Les canta a mujeres olvidadas por la historia, como Manuela Saénz, la amante ecuatoriana de Simón Bolívar. Y si para éste escribió solo un poema, “Canto a Bolívar”, a Manuelita Sáenz le dedicó toda una sección llamada: “La insepulta de Paita” de su libro Cantos ceremoniales, y el poema a Manuelita es diez veces más extenso que el canto a Bolívar.

La mujer en la política

PABLO NERUDA Y GLADYS MARÍN
FOTO JULIO BUSTAMANTE / 1971

Neruda siempre apoyó la participación de la mujer en la política, colaboró activamente en las campañas de sus compañeras comunistas, como Julieta Campusano, Mireya Baltra, Gladys Marín y otras en las elecciones municipales y parlamentarias. También apoyó a las poetas, prologando sus libros o promoviendo antologías de poesía femenina.

En la sesión del Senado de 10 de diciembre de 1946, cuando María Marchant fue nombrada Intendenta de Santiago, el poeta le rindió un homenaje, en parte del cual dijo: “ Por primera vez en nuestro país y en el continente, una mujer llega a un cargo de esta naturaleza (…) Permítanme, honorables colegas, que en la persona de esta educadora, que llega a tan alto cargo, rinda fervoroso homenaje a la mujer chilena que se dispone a participar en las grandes batallas del pueblo por el provenir de nuestra patria.

Además, Neruda fue precursor de prácticas feministas, como la de escribir en género en femenino términos que hasta entonces solo se usaban en masculino. Daremos solo un ejemplo, el de los primeros versos del poema III del libro Aún, donde dice:

Invierna, Araucanía, Lonquimaya! /Leviathana, Archipiélaga, Oceana!

Así, en 1968, hace más de 50 años, Neruda ya estaba explorando la posibilidad de establecer equidad de género en la escritura.

¿Por qué entonces se lo califica de misógino?  No lo sabemos.

El violador

Sí está claro el motivo de la acusación de violador. El mismo Neruda lo confesó. En sus memorias relata que cuando vivía en Singapur, en 1930, sintió una fuerte atracción por la deslumbrante belleza de una muchacha que se ocupaba de retirarle sus desechos. Trató inútilmente de entablar algún tipo de comunicación con ella. Finalmente la tomó de la mano y la llevó a su cama. Neruda anota: “El encuentro fue el de un hombre con una estatua. Permaneció todo el tiempo con sus ojos abiertos, impasible. Hacía bien en despreciarme. No se repitió la experiencia”.

Cuarenta años después, Neruda escribió este episodio en sus memorias, como una especie de mea culpa. Por eso acota que ella hizo bien en despreciarlo. El mismo se despreció por lo que había hecho: aprovechar su superioridad social sobre una chica de la casta inferior en ese mundo colonial del oriente y en su sociedad rígidamente estratificada.

Fue un tipo de abuso que se había naturalizado en el mundo entero, donde la superioridad en la jerarquía laboral o social masculina, otorgaba cierto derecho sexual sobre la mujer subalterna.  En América esto comenzó con la llegada del conquistador español, que abusó de las indias de servicio. En tiempos de la República, el terrateniente heredó este de derecho consagrado por el orden patriarcal, sobre la mujer y las hijas del inquilino. Y esta perversa estructura de poder se prolongó en la modernidad urbana, donde la empleada doméstica trabajaba en régimen de puertas adentro, también llamado sugerentemente “cama adentro”.

Varias generaciones de jóvenes de las clases altas y medias se iniciaron sexualmente con la empleada doméstica, práctica perversa que aparece con frecuencia en nuestra narrativa. En Europa ocurría lo mismo: en sus Estudios sobre la histeria, por ejemplo, Freud habla de la iniciación sexual de los jóvenes vieneses con las criadas y sirvientas.

Este código no escrito se replicó en los lugares de trabajo, en las oficinas donde el jefe solía reclamar sus derechos sexuales sobre la secretaria o la subalterna, o el médico jefe sobre las auxiliares. Y ni hablemos del mundo del espectáculo, donde las chicas que aspiraban a un papel debían enfrentarse con la exigencia de pagar peaje sexual.

No se puede negar que a sus 26 años Neruda cometió un abuso, pero lo admitió, lo confesó y se arrepintió. Además, tuvo conciencia de que había perpetrado un acto que, al naturalizarse, no tenía sanción legal ni siquiera sanción moral. Por eso, desde el momento en que publica su confesión, en 1974, pasaron casi cuarenta años sin que nadie reparara en aquel acto, ni mucho menos lo repudiara. Solo cuando nace una nueva conciencia crítica, este acto adquiere la categoría de repudiable, que Neruda ya había aceptado.

En buena hora hoy se está revisando críticamente esa época de dominio patriarcal sin contrapeso. Pero es problemático juzgar con la mentalidad actual conductas de otro tiempo. Para apreciar lo injusto que puede ser esta práctica basta hacer un sencillo ejercicio: pensar por cuál de las conductas aceptadas en nuestro tiempo nos van a condenar las generaciones futuras. Podría ser, por ejemplo, por el uso y abuso del automóvil, no solo como un medio de transporte sino como un emblema de estatus social: hemos envenenado al mundo con una conducta tan inmadura como la de convertir el auto en una extensión del ego. O nuestros ritos culinarios como el asado. Pregunta: ¿De dónde sale la carne que se saborea en este rito social tan frecuente? Respuesta: De criaderos donde al animal se le da un trato brutal, que nadie critica, salvo unos pocos animalistas. O el entregar a los niños juegos electrónicos en los que ganan puntos por “matar”.

Cada época tiene sus pecados que debe reconocer como culpa colectiva. Lo injusto es cargarlo la culpa en una sola persona o solo en unas pocas personas.

¿Solo Neruda?

En los muros de ayer veíamos rayados que decían: ¡Neruda, Neruda, el pueblo te saluda! En los de hoy encontramos otros que sentencian: “Neruda violador”. Preguntamos ¿Por qué solo Neruda? ¿Por qué no está la lista completa? Y si esta se publicara ¿Quién se salvaría? Por ejemplo ¿cuántos hombres de esa época, en la que los jóvenes se iniciaban sexualmente con la empleada doméstica, están libres de culpa?

En Chile, en tiempos de la dictadura, se cometieron actos de violación horrorosas. En el siglo XX los tipos más horrendos de violación se practicaron en forma sistemática en los centros de detención. En la Segunda Guerra Mundial los japoneses usaban a las prisioneras chinas para que sirvieran en los burdeles de su ejército. Los nazis violaron mujeres en la URSS, luego el Ejército Rojo violó a las mujeres alemanas. Al consagrar el nombre de Neruda como el emblema del violador, se lo convierte en una especie de chivo expiatorio, con el peligro de olvidar las atrocidades que cometieron los verdaderos violadores.

Neruda fue un hombre de su época. No fue el mejor ni el peor. Protagonizó una de las más grandes hazañas civiles de la historia de Chile, cuando salvó de caer en manos del fascismo a más de dos mil españoles. Su lucha por la libertad le acarreó persecuciones que lo obligaron a salir al exilio. Pero sí, tiene su lado oscuro, y como todos los hombres y mujeres debe cargar con su sombra.

El hombre y la mujer son seres complejos, hechos de claroscuros, y matices. Reducirlos a una consigna como la de “Neruda violador”, es una práctica propia del patriarcado autoritario que no tolera la ambigüedad del ser humano, que no soporta la multiplicidad de personas que puede haber en una persona.

Malva Marina

Se dice también que Neruda abandonó a su hija. Los hechos fueron los siguientes: a causa de la guerra civil española, el 7 de diciembre de 1936 se cerraron los consulados de Madrid y de Barcelona, donde Neruda trabajaba, y no recibió ninguna otra destinación, por lo que quedó cesante. Entonces viajó con su mujer, María Hagenaar, y su hija, Malva Marina a Marsella y desde ahí a Montecarlo. Luego, de acuerdo con su esposa, él partió a París, donde consiguió un trabajo en la organización de un congreso cultural antifascista, en tanto ella y la niña se iban a Holanda, donde María tenía posibilidades de trabajar. Terminado el Congreso Neruda volvió a Chile, desde donde siguió apoyando la causa de la España republicana. A principios de 1939 obtuvo el cargo de cónsul especial para la inmigración española, en París. Ese mismo año viajó a Holanda para ver a su hija. Después Holanda fue ocupada por los nazis.  Neruda siguió enviando el dinero para su hija, a través de consulados donde ha quedado constancia documental de estos envíos.

Así, el caso de Neruda no fue muy distinto al de la mayor parte de las parejas que se separan, y los hijos se quedan con la madre, mientras el padre aporta el dinero para su manutención. Solo que en este caso toda una guerra mundial separaba al padre de la hija. Malva Marina muere en 1943, en Gauda, en la Holanda ocupada. El poeta estaba entonces sirviendo un cargo consular en México, era un reconocido antifascista, de modo que, sin contar las dificultades de atravesar el océano infestado de submarinos alemanes, no podría haber puesto un pie en Europa sin ir a dar a un campo de concentración.

Por eso sorprende que un escritor de amplia cultura, como Enrique Lafourcade, el año 2004 en la colaboración semanal que escribía para El Mercurio de Santiago, haya acusado a Neruda de negarse a asistir a los funerales de su hija.

Sorprende también que otra persona culta, como la dramaturga Flavia Radrigán, en entrevista al diario La Segunda, publicada el 11 de julio de 2018, haya declarado que Neruda “abandona (a su hija) en plena Segunda Guerra Mundial” y que la fue a dejar a Holanda, donde “los alemanes mataban deformes”.

Si Neruda hubiese ido a dejar a su hija a Holanda “en plena Segunda Guerra Mundial”, desde luego, al primero que habrían matado los nazis habría sido al mismo Neruda. Además, Maruca Hagenaar y Malva Marina llegaron a Holanda a fines de 1936 o a principios de 1937. La Segunda Guerra Mundial empieza en septiembre de 1939. La ocupación de Holanda por los alemanes se produce hacia mediados de 1940. De manera que Malva Marina vivió por más de tres años en Holanda sin alemanes.

Me parece que las acusaciones contra el poeta, al ser reducidas a consignas, quedan en una especie de campo abstracto, donde se han omitido el contexto de la época y todas las circunstancias que rodean a los hechos por los que se lo condena.

Por último, creo que por alguna razón que desconozco, Neruda se ha convertido en una especie de receptor de las sombras de la sociedad chilena. Así, por ejemplo, en el caso de Malva Marina, se proyecta en el poeta la figura traumática del padre abandonador, tan arraigada en este país de “madres y huachos”, según la expresión de la antropóloga Sonia Montecino.

El escritor Hernán Valdés hace notar “la exigencia aberrante de que las personas sean una cosa distinta de lo que objetivamente son”, agregando que esta exigencia “se hace más extrema en los casos en que algunas personas ocupan situaciones intelectuales privilegiadas”, como era el caso de Neruda. Valdés señala que esto conduce “a que uno exija de su conducta una coherencia y una lucidez superiores. Debido a esta situación, subjetivamente, uno hace a Neruda responsable de representarnos en sus actos. Uno exige que Neruda actúe exactamente como lo hubiera hecho uno si ocupara su lugar. De ahí el conflicto y sus reproches”.

Luego Valdés advierte que “Neruda tendría que haber sido un prodigio para responder afortunadamente a tantas exigencias morales, literarias, políticas, intelectuales, en general, como individuos se las han planteado.” Por lo tanto —y esto lo agrego yo— el antinerudismo tiene su existencia asegurada por mucho tiempo.


samedi 29 février 2020

LA PLUS GRANDE COLLECTION PRIVÉE DE PABLO NERUDA MISE AUX ENCHÈRES

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COLLECTION PRIVÉE DE PABLO NERUDA MISE AUX ENCHÈRES
PHOTO ANDREU DALMAU / EFE
La plus grande collection privée du poète chilien Pablo Neruda, va bientôt changer de propriétaire. Composée de 603 œuvres, elle sera vendue aux enchères, en un seul lot. Dans cette collection, 23 poèmes, 164 documents (manuscrits et dactylographiés), 91 premières éditions et 48 éditions ultérieurs avec dédicace et/ou autographe, 100 photographies, 89 lettres, 12 cartes postales et cinq livres d'autres auteurs avec une dédicace à Neruda. Elle comprend également trois livres d'artistes, deux manuscrits d'autres auteurs, 14 brochures et 42 vinyles.
EXEMPLAIRE UNIQUE. DE « 20 POÈMES
D’AMOUR ET UNE CHANSON DÉSESPÉRÉE »,
QUE LE CHILIEN DÉDIE À
GARCIA MARQUEZ EN 1971
PHOTO LLUIS GENE / AFP
Cette collection est le fruit d'une recherche passionnée de 25 ans, celle de Santiago Vivanco, principalement en Europe et en Amérique du Sud.
« Je pense que le plus spécial dans cette collection, ce sont toutes ses correspondances avec ses amis, dédicacées à ses amis, les photos de son environnement familial. Toutes ces choses racontent l'histoire de Pablo Neruda, lorsqu'il était malade, lorsqu'il avait des problèmes avec sa sœur, avec ses femmes. Tout cela se reflète ici.  »
Santiago Vivanco 

Propriétaire
COLLECTION PABLO NERUDA
MISE AUX ENCHÈRES

PHOTO LLUIS GENE / AFP
Santiago Vivanco a d'abord pensé donner cette collection à une institution publique, telle que la Bibliothèque National d'Espagne. Avant de se rétracter et de finalement décider de la vendre aux enchères « pour l'effort sentimental et financier  » réalisé depuis des années. L'argent récolté lui permettra de continuer à travailler sur ses autres collections, notamment celle dédiée à Jorge Luis Borges, écrivain argentin. Pour le moment, « Elle n'est pas aussi conséquente que celle de Neruda  » explique Santiago Vivanco.

La collection sera vendue aux enchères le 19 mars prochain à Barcelone. Mise à prix : 650 000 euros.

dimanche 6 octobre 2019

CLUIS. BÉATRICE BARNES ÉDITE SON PREMIER LIVRE

BÉATRICE BARNES
PHOTO NR
Cluis. Dans « Le Voyage de Winnipeg », Béatrice Barnes donne une voix aux milliers d’Espagnols ayant fui le franquisme, pour se réfugier au Chili.
par François DUNAND
« LE VOYAGE DE WINNIPEG »
BBéatrice Barnes, auteure et metteure en scène de théâtre, bien connue à Cluis grâce aux ateliers théâtre et aux derniers spectacles présentés dans la forteresse de Cluis-dessous, vient de cosigner son premier ouvrage ; le fruit de plusieurs années de recherches et de multiples rencontres. « Après avoir enseigné à Paris, je suis arrivée dans le département de l’Aude, où je m’occupais d’enfants dans un centre d’éveil artistique. Continuellement à la recherche de sujet pouvant être prétexte à des créations théâtrales, j’ai tout de suite pensé au poète chilien, Pablo Neruda, que j’ai découvert lors d’un séjour en ce pays. »

Un livre enrichi de nombreux témoignages


En 1939, Pablo Neruda, qui était aussi consul du Chili en Espagne, a été missionné par son gouvernement afin d’affréter un bateau où 2.800 réfugiés espagnols, fuyant le franquisme, ont été embarqués. Ils devaient pallier la pénurie de main-d’œuvre ouvrière que le Chili connaissait à cette époque. Le Winnipeg, un cargo qui battait pavillon français, avait été aménagé à cet effet. Il était à quai à Pauillac, près de Bordeaux, ce qui obligea des milliers de migrants et leurs familles à passer la frontière pyrénéenne pour embarquer. « Il ne m’en fallait pas plus pour écrire l’histoire de cette traversée. Je suis allée plusieurs fois au Chili pour recueillir de nombreux témoignages de personnes qui, à cette époque, étaient pour la plupart très jeunes ; à l’image de José Calvet qui, par la richesse de ses souvenirs d’adolescent, est devenu le fil conducteur de ce livre », précise Béatrice. Puis vient la rencontre avec Madeleine Tirtiaux, illustratrice belge. Ayant déjà publié des ouvrages en ce sens, l’artiste a été séduite par cette histoire et a accepté de la mettre en image. Les illustrations représentées au fil des pages sont d’un tel réalisme qu’elles donnent à penser que le jeune José en est lui-même l’auteur. Le texte de Béatrice Barnes et les aquarelles de Madeleine Tirtiaux font de cet ouvrage un livre superbe s’adressant à un large public. Donnant un nouvel écho au travail du poète, prix Nobel de littérature : « Que la critique efface toute ma poésie si ça lui chante. Mais ce poème, Le Winnipeg, personne ne pourra l’effacer. »

« Le voyage de Winnipeg, un exil différent », aux éditions L’autre Reg’Art, en librairie. Béatrice Barnes dédicacera son livre à Cultura Saint-Maur, samedi 9 novembre, de 14 à 18 h.