Photo du film Pablo Neruda d’Amalia Escriva pour Un siècle d'écrivains
Ricardo Eliecer Neftalí Reyes Basoalto a vu le jour le 12 juillet 1904 à Parral, petite ville au Sud du Chili. Très tôt, il adopte son pseudonyme Pablo Neruda pour cacher à son père cheminot ses aspirations poétiques. On suppose communément que le surnom est emprunté au poète tchèque Jan Neruda (1834-1891). Le poète raconte que, feuilletant un journal, il tomba sur ce nom et fut immédiatement frappé par sa beauté phonétique.
Cependant, il n'a jamais précisé la provenance exacte du surnom et a toujours gardé le secret. Selon le nerudiste Enrique Robertson, le poète serait tombé sur une partition musicale où apparaissent en couverture, les noms de la violoniste Norman Neruda et de Pablo de Sarasate. Le poète aurait donc composé son nom d'après cela. Son enfance est profondément marquée par la découverte et le contact étroit de la nature, dans les forêts profondes du Sud pluvieux.
De 1910 à 1920, il fréquente le lycée pour garçons à Temuco, en Araucanie, et il a comme professeur Gabriela Mistral qui l'encourage à écrire des poèmes. C'est à treize ans déjà qu'il publie ses premiers poèmes et textes en prose. En 1921 il se rend à Santiago où il poursuit ses études orientées vers l'enseignement de la langue et la littérature françaises ainsi que la pédagogie. Pablo Neruda veut devenir professeur de français. Le poète commence dès lors à se faire une renommée grâce à ses publications. Il publie son premier livre Crépusculaire (Crepusculario) à dix-neuf ans, un an avant Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée (Veinte poemas de amor y una canción desesperada).

© Photo - Luis Poirot
En 1927, Neruda entre au service diplomatique et il devient consul à Rangoon, Colombo, Batavia, Calcutta et Buenos Aires. En 1935 il est consul en Espagne où il noue une amitié avec le poète Federico Garcia Lorca, qui aura une influence considérable sur sa vie et sur son œuvre; il côtoie également Rafael Alberti et Jorge Guillén. Après le coup d'Etat fasciste de Franco le 18 juillet 1935 et l'assassinat de son ami Garcia Lorca, la carrière poétique de Neruda prend une autre dimension. En effet, il prend conscience que la poésie peut incarner une arme dans le combat pour la justice. Neruda se fait alors l'avocat de la République espagnole. Le gouvernement chilien de Arturo Alessandri décide de fermer le Consulat du Chili à Madrid, Neruda se voit donc dans l'obligation de quitter la capitale espagnole à la fin de l'année 1936. En 1937 il publie L’Espagne au cœur (España en el corazón). La même année, il fonde le "Comité hispano-américain pour le soutien à l'Espagne" à Paris.
En 1940, Neruda est nommé consul général au Mexique. On voit aisément l'influence exercée par la peinture des grands muralistes tels Orozco, Rivera et Siqueiros sur Le chant général (El canto general) qu'il compose à ce moment.
En 1945, le poète est élu sénateur des provinces minières du Nord du Chili et adhère au Parti communiste.
En 1946, Neruda prend la tête de la campagne électorale de Gabriel Gonzalez Videla qui s'avèrera être, après son élection, un dictateur violemment anti-communiste. Le poète répond par un discours au Sénat portant le célèbre titre J'accuse, d'Emile Zola. Les persécutions du président l'obligent alors à quitter le Chili et à se réfugier à l'étranger. Son exil le mènera en URSS, en Pologne, en Hongrie, en Italie mais aussi en Inde et au Mexique où paraîtra en 1950 son Chant général, œuvre immédiatement interdite au Chili.
En 1949, Neruda devient membre du Conseil mondial de la paix à Paris, et il obtient en 1950 le prix international de la paix avec Pablo Picasso. C'est à cette époque qu'il rencontre Matilde Urrutia, celle qui sera la femme de sa vie et qui lui inspire notamment La centaine d'amour (Cien sonetos de amor).

Photo du film Pablo Neruda d’Amalia Escriva pour Un siècle d'écrivains

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