Citation de Pablo Neruda

mercredi 11 février 2009

LOI DE LA DÉFENSE PERMANENTE DE LA DÉMOCRATIE

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La Loi Nº 8.987, dénommée Loi de la Défense Permanente de la Démocratie fut une loi liberticide chilienne publiée dans le Journal Officiel du 3 septembre 1948, connue aussi comme la «Loi Maudite» (Ley Maldita). Cette loi avait pour but de proscrire la participation politique du Parti communiste du Chili (PCCh) en le déclarant illégal.

Cette loi a permis l'annulation de l'inscription du Parti progressiste national, nom que le PCCh utilisait lors des élections, ainsi que l'annulation du PCCh.

En même temps, les militants et les personnes soupçonnés de participer à cette organisation furent effacés du registre électoral. C’est-à-dire que les dirigeants, les conseillers municipaux, les maires, les députés et les sénateurs élus furent interdits et suspendus de leurs fonctions.

Des sanctions similaires étaient appliquées dans l'administration publique, dans les municipalités et l'enseignement primaire, secondaire et universitaire à travers la désignation et l'engagement des employés. De plus, toute organisation, propagande ou association similaire était interdite.



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CARICATURE POLITIQUE DE RENÉ RÍOS BOETTIGER DIT «PEPO»
POUR LA REVUE DE SATIRE POLITIQUE CHILIENNE « TOPAZE», 1947

CHILI, DÉCLARATION DE L'ÉTAT D'EXCEPTION «LE PETIT CHAPERON ROUGE : LES "FACULTÉS EXTRAORDINAIRES" POUR FRAPPER LE PARTI COMMUNISTE, 1947» 
« ... ET LE PETIT CHAPERON ROUGE [GABRIEL GONZÁLEZ VIDELA], PAS AUTANT, AVEC UN TERRIBLE GOURDIN [FACULTÉS EXTRAORDINAIRES], BRISE LE COU DU GRAND MÉCHANT LOUP [PARTI COMMUNISTE] QUI VOULAIT LA DÉVORER...»
Des centaines de personnes furent arrêtées en vertu de cette loi, et envoyées en prison.

La loi sanctionnait toutes les réunions ou manifestations qui étaient susceptibles d’interrompre le développement normal des activités productives (limitation du droit de grève).

Les militants communistes furent persécutés, chassés des postes publiques et relégués à des zones lointaines. Le premier camp de concentration de l’histoire du Chili fut créé à Pisagua, ville du nord du pays où furent enfermés les communistes.

Cette Loi a été abrogée par la Loi Nº12.927, sur la Sûreté de l'État, du 6 août 1958.

mardi 10 février 2009

Jorge Bellet Bastías










Jorge Bellet Bastías

lundi 9 février 2009

LA FUITE DE PABLO NERUDA

PABLO NERUDA EN 1949, QUAND IL SORT DU CHILI EN CROISANT CLANDESTINEMENT LA CORDILLÈRE DES ANDES. PHOTOGRAPHIE JORGE BELLET 
Il fuyait ainsi la persécution engagée contre lui par le gouvernement de Gabriel González Videla l'année antérieure. González Videla, président du Chili de 1946 à 1952, est arrivé au pouvoir à la tête d'une coalition, l'Alliance Démocratique du Chili (1941 et 1946) composée du Parti radical, du Parti démocrate, du Parti socialiste, du Parti démocratique, du Parti communiste du Chili (PCCh) et du Parti socialiste des Travailleurs (jusqu’en juin 1944, quand ses militants s'incorporent au PCCh). Cette alliance a été aussi appuyée par la Confédération de Travailleurs du Chili.
Reportage aux trois ministres communistes.
Revue Vea Santiago, n ° 396, (13 nov. 1946), p. 2


Le Parti communiste obtint trois ministres dans le gouvernement : Carlos Contreras Labarca, Miguel Concha y Víctor Contreras Tapia. Une fois l'alliance politique rompue, les communistes se retirent du gouvernement en Avril 1947.



PABLO NERUDA DANS LA CLANDESTINITÉ . PHOTO JORGE BELLET

À la fin des années 40 on vivait dans le monde un moment historique particulier : c'est le commencement de ce que Walter Lippmann a nommé The Cold War, "guerre froide". C’est aussi le commencement d'une période singulière de l'histoire américaine, la Red Scare - la Terreur Rouge - ou "maccarthisme", période inquisitoriale dirigée par la commission sénatoriale Joseph McCarthy, qui consistait en un harcèlement systématique des militants ou des sympathisants communistes, ou d’éventuels agents de l'Union soviétique aux États-Unis.

Le maccarthisme a eu son corrélat au Chili, la dénommée "Loi de Défense permanente de la Démocratie" ou "Loi maudite", dont le but était de proscrire la participation politique du PCCh et de l’exclure de la vie civique nationale.



Fausse identité utilisée par le sénateur Neruda durant sa clandestinité


On fête, en effet, les 60 ans de cette expatriation de Neruda par le passage de Lilpela, un raccourci des contrebandiers dans la cordillère. Cette aventure est restée gravée à jamais dans la mémoire du poète, au point qu'à Stockholm, après avoir prononcé en 1971 son discours de remerciement au Prix Nobel de Littérature, il évoqua avec détails cet épisode.

La réapparition publique de Neruda a eu lieu en Europe, durant le premier Congrès international des Partisans de la Paix, à Paris, le 20 avril 1949, dans la salle Pleyel, ainsi qu’à la réunion postérieure dans le stade vélodrome Buffalo, à Montrouge, le 24 avril 1949.

Le voyage a fini par faire partie du patrimoine national chilien et possède aujourd'hui tous les ingrédients d'une légende. Les détails du voyage et les péripéties de la clandestinité ont été consignés par quelques écrivains et par le poète lui même à plusieurs reprises dans son œuvre.
Il existe actuellement, un "itinéraire touristique", nommé Route de Neruda, qui parcourt les principaux lieux dans lesquels le poète a été caché jusqu'à passer la frontière vers l'Argentine.

Il serait cependant lamentable que le message du poète, qu'il s'est obstiné à nous transmettre durant toute sa vie, que ses mots, nous parviennent un siècle plus tard limités à une étroite dimension folklorique, comme une banale attraction touristique ou la simple promotion d'un pays à la recherche de figures triomphalistes.

Ne permettons pas que Neruda soit changé en un produit d'exportation de plus, un produit dépouillé de ses "aspects troubles" et dûment adapté aux normes qui régissent aujourd'hui la circulation des marchandises et des idées.

La vaste dimension politique de son oeuvre, le combat humaniste et social que le poète menait auprès des pauvres de la terre, se heurtent en effet au discours dominant, et apparaissent comme de simples faux pas, comme des erreurs, des zones d’ombre qu'il vaut mieux taire ou dissimuler, pour ne pas gêner la portée universelle de l'oeuvre.

Nous vous invitons à lire ou à relire le Neruda intégral, sans doute intime et familier, mais également immergé dans son contexte historique, et indissociable de son engagement politique inaltérable, qui a caractérisé son œuvre du début à la fin.




samedi 7 février 2009

LA FUGA DE PABLO NERUDA

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PABLO NERUDA EN 1949, QUAND IL SORT DU CHILI EN CROISANT CLANDESTINEMENT LA CORDILLÈRE DES ANDES. PHOTOGRAPHIE JORGE BELLET 
Este mes se conmemoran los 60 años de la mítica fuga de Pablo Neruda. El poeta chileno inició una travesía a caballo por la cordillera de los Andes el 24 de febrero de 1949, para llegar a San Martín de los Andes –en territorio argentino- a comienzos de marzo.

Escapaba así de la persecución lanzada contra él por el gobierno de Gabriel González Videla el año anterior. González Videla, presidente de Chile de 1946 a 1952, llegó al poder a la cabeza de una coalición, la Alianza Democrática de Chile (1941 y 1946) compuesta por el Partido Radical, el Partido Demócrata, el Partido Socialista, el Partido Democrático, el Partido Comunista de Chile (PCCh) y el Partido Socialista de los Trabajadores (hasta junio de 1944, cuando sus militantes se incorporan al PCCh). Esta alianza fue apoyada también por la Confederación de Trabajadores de Chile.

El Partido Comunista tuvo tres ministros de sus filas en el gobierno: Carlos Contreras Labarca, Miguel Concha y Víctor Contreras Tapia. La alianza política se rompe y los comunistas se retiran del gobierno en Abril de 1947.

A fines de los años 40 se vivía en el mundo un momento histórico particular: es el inicio de lo que Walter Lippmann llamó The Cold War, ”la guerra fría“ y también el comienzo de un período especial de la historia americana, el Red Scare –el Terror Rojo- o “macarthysmo” periodo inquisitorial impulsado por la comisión senatorial Joseph McCarthy, que consistía en el acoso sistemático a militantes o simpatizantes comunistas, como eventuales agentes de la Unión soviética en los Estados Unidos.

El macarthysmo tuvo su correlato en Chile, en la denominada “Ley de Defensa permanente de la Democracia” o “Ley maldita”, cuya finalidad era proscribir la participación política del PCCh y su exclusión de la vida cívica nacional.

Se cumplen, en efecto, 60 años de aquella expatriación de Neruda por el paso de Lilpela, un atajo cordillerano de contrabandistas. Este suceso quedó indeleblemente grabado en la memoria del poeta, al punto que en Estocolmo, al pronunciar en 1971 su discurso de agradecimiento al Premio Nóbel de Literatura, rememoró con detalles el episodio.

La reaparición pública de Neruda tuvo lugar en Europa, durante el primer Congreso internacional de los Partidarios de la Paz, en París, el 20 de abril de 1949, en la sala Pleyel, y en la reunión posterior en el estadio velódromo Buffalo, en Montrouge, el 24 de abril de 1949.


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ENTRADA DEL ANTIGUO VELODROMO BUFFALO, EN MONTROUGE
LUGAR DEL 1° CONGRESO MUNDIAL POR LA PAZ EN 1949

El viaje ha pasado a ser parte del patrimonio nacional chileno y tiene hoy todos los ingredientes de una leyenda. Los detalles del viaje y las peripecias de la clandestinidad han sido consignados por varios escritores y por el mismo poeta en distintos momentos de su obra.

Actualmente, existe un “itinerario turístico” denominado Ruta de Neruda, que recorre los principales lugares en los que el poeta estuvo oculto hasta pasar la frontera hacia Argentina.

Sería sin embargo lamentable que el mensaje del poeta, que él se empeñó en transmitirnos durante toda su vida, su palabra, nos llegue un siglo más tarde limitado a una estrecha dimensión folclórica, como banal atracción turística o simple promoción de un país en busca de figuras triunfalistas.

No permitamos que Neruda sea convertido en un producto más de exportación, un producto despojado de sus «aspectos turbulentos» y debidamente adaptado a las normas que rigen hoy la circulación de las mercancías y las ideas.

La vasta dimensión política de su obra, el combate humanista y social que el poeta diera junto a los pobres de la tierra, chocan en efecto al discurso dominante, y se muestran como meros traspiés, como errores, como zonas oscuras que más conviene callar o disimular, para no estorbar el alcance universal de la obra.

Les invitamos a leer o releer al Neruda integral, sin duda íntimo y coloquial, pero inmerso también en su contexto histórico, e indisociable de su inalterable compromiso político, que ha marcado de punta a cabo su obra entera.

M C

jeudi 5 février 2009

A FIDEL CASTRO


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Raúl Castro, Fidel Castro et Camilo Cienfuegos

Fidel, Fidel, los pueblos te agradecen

palabras en acción y hechos que cantan,

por eso desde lejos te he traído

una copa del vino de mi patria:

es la sangre de un pueblo subterráneo

que llega de la sombra a tu garganta,

son mineros que viven hace siglos

sacando fuego de la tierra helada.

Van debajo del mar por los carbones

Y cuando vuelven son como fantasmas:

se acostumbraron a la noche eterna,

les robaron la luz de la jornada

y sin embargo aquí tienes la copa

de tantos sufrimientos y distancias:

la alegría del hombre encarcelado,

poblado por tinieblas y esperanzas

que adentro de la mina sabe cuándo

llegó la primavera y su fragancia

porque sabe que el hombre está luchando

hasta alcanzar la claridad más ancha.

Y a Cuba ven los mineros australes,

los hijos solitarios de la pampa,

los pastores del frío en Patagonia,

los padres del estaño y de la plata,

los que casándose con la cordillera

sacan el cobre de Chuquicamata,

los hombres de autobuses escondidos

en poblaciones puras de nostalgia,

las mujeres de campos y talleres,

los niños que lloraron sus infancias:

ésta es la copa, tómala, Fidel.

Está llena de tantas esperanzas

que al beberla sabrás que tu victoria

es como el viejo vino de mi patria:

no lo hace un hombre sino muchos hombres

y no una uva sino muchas plantas:

no es una gota sino muchos ríos:

no un capitán sino muchas batallas.

Y están contigo porque representas

todo el honor de nuestra lucha larga

y si cayera Cuba caeríamos,

y vendríamos para levantarla,

y si florece con todas sus flores

florecerá con nuestra propia savia.

Y si se atreven a tocar la frente

de Cuba por tus manos libertada

encontrarán los puños de los pueblos,

sacaremos las armas enterradas:

la sangre y el orgullo acudirán

a defender a Cuba bienamada.

Pablo Neruda, Canción de gesta, 1960




À FIDEL CASTRO

Fidel Castro



F
idel, Fidel, les peuples te remercient


paroles en action et faits qui chantent,

c’est pourquoi de loin je t'ai apporté

une coupe du vin de ma patrie:

il est le sang d'un peuple souterrain

qui arrive depuis l'ombre jusqu’à ta gorge,

miniers qui vivent depuis des siècles

en puisant du feu de la terre glacée.

Ils vont sous la mer chercher les charbons

Et quand ils reviennent ce sont des fantômes:

Habitués à la nuit éternelle,

on leur a volé la lumière du jour

et cependant tu as ici la coupe

d’autant de souffrances et de distances:

l’allégresse de l'homme emprisonné,

peuplé par des ténèbres et des espoirs

qui à l’intérieur de la mine sait quand

le printemps arrive et son parfum

parce qu'il sait que l'homme est en lutte

jusqu'à atteindre la clarté la plus large.

C’est Cuba que les mineurs austraux voient,

les enfants solitaires de la pampa,

les bergers du froid en Patagonie,

les parents de l'étain et de l'argent,

ceux qui se marient à la cordillère

tirant le cuivre de Chuquicamata,

des hommes d'autobus dissimulés

dans des multitudes pures de nostalgie,

les femmes de champs et les femmes d'ateliers,

les enfants qui ont pleuré leurs enfances:

c’est cette coupe-ci, prends-la, Fidel.

Elle est pleine de tant et tant d'espoirs

Qu’en buvant tu sauras que ta victoire

est pareille au vieux vin de ma patrie:

il n’est pas fait par un homme mais plusieurs

pas par un seul raisin mais plusieurs plantes:

ce n’est pas une goutte mais plusieurs rivières:

pas un capitaine mais plusieurs batailles.

Ils sont avec toi car tu représentes

tout l'honneur de notre longue lutte

et si Cuba tombait nous tomberions,

et nous viendrions pour la soulever,

et si elle fleurit de toutes ses fleurs

elle fleurira de notre propre sève.

Et s'ils s’aventurent à toucher le front

de Cuba par tes mains libérée

ce sont les poings du peuple qu’ils trouveront,

nous sortirons les armes enterrées:

le sang et l'orgueil arriveront

pour défendre la Cuba la bien aimée.


Ñ

Pablo Neruda dans Canción de gesta, 1960, Traduction de M C

mardi 3 février 2009

DANAI STRATIGOPOULOU, LA VOZ GRIEGA DE NERUDA HA CALLADO

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DANAI STRATIGOPOULOU ET PABLO NERUDA ENTOURÉS DES ÉPOUX INSUNZA
Danai Stratigopoulou (Δανάη Στρατηγοπούλου en griego moderno), cantante y artista griega, traductora de Pablo Neruda, falleció en Atenas el pasado domingo 18 de enero, a la edad de 96 años.


Nacida en Atenas el 8 de febrero de 1913, Danai creció en Francia, entre París y Marsella. Paralelamente al aprendizaje de la música, estudió en la Escuela de Ciencias políticas, y empieza a cantar en 1935. Vivió la segunda guerra mundial en Trikala, (Τρίκαλα) ciudad griega de Tesalia.

DANAI STRATIGOPOULOU

Además de su carrera de cantante, Danai Stratigopoulou enseña el folklore griego en la Universidad de Chile de Santiago de 1967 a 1973. También graba en Chile, en 1969, el disco Istros Danai canta a Neruda, compuesto con poemas de Pablo Neruda.


DANAI STRATIGOPOULOU
A través de sus traducciones al español y al griego, le gustaba decir que su fin era establecer un matrimonio romántico entre Grecia y Chile.



Danai Stratigopoulou estuvo casada con Giorgo Xalkiadaki, con quien tuvo una hija, Lida. Escribió más de 300 canciones; tradujo canciones populares griegas al español y los poemas de Pablo Neruda al griego. Entre otras obras, el famoso «Canto General».


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DANAI STRATIGOPOULOU ET PABLO NERUDA À ISLA NEGRA AU CHILI
El ministro griego de la Cultura, Antonis Samarás, declaró en un comunicado que «Danai era una gran dama de la cultura, las Letras y las Artes. Además de su gran contribución a la canción, Danai se distinguió por su obra literaria y poética, que ha sido recompensada también por la Presidencia de la República de Chile».



Traduit à l'espagnol par Guillaume Paredes


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lundi 2 février 2009

Adiós a París

Qué hermoso el Sena, río abundante
con sus árboles cenicientos,
con sus torres y sus agujas.

Y yo qué vengo a hacer aquí?

Todo es más bello que una rosa,
una rosa descabellada,
una rosa desfalleciente.
Es crepuscular esta tierra,
el atardecer y la aurora
son las dos naves del río,
y pasan y se entrecruzan
sin saludarse, indiferentes,
porque hace mil veces mil años
se conocieron y se amaron.

Hace ya demasiado tiempo.

Se arrugó la piedra y crecieron
las catedrales amarillas,
las usinas extravagantes,
y ahora el otoño devora cielo,
se nutre de nubes y de humo,
se establece como un rey negro
en un litoral vaporoso.

No hay tarde más dulce en el mundo.
Todo se recogió a tiempo,
el color brusco, el vago grito,
se quedó sólo la neblina
y la luz envuelta en los árboles
se puso su vestido verde.

Tengo tanto que hacer en Chile,
me esperan Salinas y Laura,
a todos debo algo en mi patria,
y a esta hora esta la mesa puesta
esperándome en cada casa,
otros me aguardan para herirme,
y además son aquellos árboles
de follaje ferruginoso
los que conocen mis desdichas,
mi felicidad, mis dolores,
aquellas alas son las mías,
ésa es el agua que yo quiero,
el mar pesado como piedra,
más alto que estos edificios,
duro y azul como una estrella.

Y yo qué vengo a hacer aquí?

Cómo llegué por estos lados?

Tengo que estar donde me llaman
para bautizar los cimientos,
para mezclar arena y hombre,
tocar las palas y la tierra
porque tenemos que hacerlo todo
allí en la tierra en que nacimos,
tenemos que fundar la patria,
el canto, el pan y la alegría,
tenemos que limpiar el honor
como las uñas de una reina
y así flotarán en el viento
las banderas purificadas
sobre las torres cristalinas.

Adiós, otoño de París,
navío azul, mar amoroso,
adiós ríos, puentes, adiós
pan crepitante y fragante,
profundo y suave vino, adiós
y adiós, amigos que me amaron,
me voy cantando por los mares
y vuelvo a respirar raíces.
Mi dirección es vaga, vivo
en alta mar y en alta tierra;
mi ciudad es la geografía;
la calle se llama «Me Voy»,
el número «Para No Volver».

Pablo Neruda, Estravagario. Buenos Aires, Losada, 1958.



samedi 31 janvier 2009

ODE AU CHAT


au commencement
les animaux furent imparfaits
longs de queue,
et tristes de tête.

Peu à peu ils évoluèrent

se firent paysage
s’attribuèrent mille choses,
grains de beauté, grâce, vol...
Le chat
seul le chat 
quand il apparut 
était complet, orgueilleux.
parfaitement fini dès la naissance
marchant seul
et sachant ce qu’il voulait.

L’homme se rêve poisson ou oiseau
le serpent voudrait avoir des ailes
le chien est un lion sans orientation
l’ingénieur désire être poète
la mouche étudie pour devenir hirondelle
le poète médite comment imiter la mouche
mais le chat
lui
ne veut qu’être chat
tout chat est chat
de la moustache à la queue
du frémissement à la souris vivante
du fond de la nuit à ses yeux d’or.

Il n’y a pas d’unité

comme lui ni lune ni fleur dans sa texture:
il est une chose en soi
comme le soleil ou la topaze
et la ligne élastique de son contour
ferme et subtil
est comme la ligne de proue d’un navire.
Ses yeux jaunes
laissent une fente
où jeter la monnaie de la nuit.

Ô petit empereur

sans univers
conquistador sans patrie
minuscule tigre de salon,
nuptial sultan du ciel
des tuiles érotiques
tu réclames le vent de l’amour
dans l’intempérie
quand tu passes
tu poses quatre pieds délicats
sur le sol
reniflant 
te méfiant de tout ce qui est terrestre
car tout est immonde
pour le pied immaculé du chat.

Oh fauve altier de la maison,

arrogant vestige de la nuit
paresseux, gymnaste, étranger 
chat
profondissime chat
police secrète de la maison
insigne d’un velours disparu
évidemment 
il n’y a aucune énigme 
en toi:
peut-être que tu n’es pas mystérieux du tout
qu’on te connaît bien
et que tu appartiens à la caste la moins mystérieuse peut-être qu’on se croit 
maîtres, propriétaires, 
oncles de chats,
compagnons, collègues
disciples ou ami
de son chat.

Moi non.

Je ne souscris pas.
Je ne connais pas le chat.
J’ai sais tout de la vie et de son archipel
la mer et la ville incalculable
la botanique 
la luxure des gynécées
le plus et le moins des mathématiques
le monde englouti des volcans
l’écorce irréelle du crocodile
la bonté ignorée du pompier
l’atavisme bleu du sacerdoce
mais je ne peux déchiffrer un chat.

Ma raison glisse sur son indifférence

ses yeux sont en chiffres d’or.

Pablo Neruda dans Navegaciones y regresos. Buenos Aires, Éditoriale Losada, 1959.

ODA AL GATO

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ILUSTRACIÓN BETSY AMPARÁN 
l
os animales fueron
imperfectos,
largos de cola, tristes
de cabeza.
Poco a poco se fueron
componiendo,
haciéndose paisaje,
adquiriendo lunares, gracia, vuelo.
El gato,
sólo el gato
apareció completo
y orgulloso:
nació completamente
terminado,
camina solo y sabe lo que
quiere.

El hombre quiere ser
pescado y pájaro,
la serpiente quisiera tener
alas,
el perro es un león
desorientado,
el ingeniero quiere ser
poeta,
la mosca estudia para
golondrina,
el poeta trata de imitar la
mosca,
pero el gato
quiere ser sólo gato
y todo gato es gato
desde bigote a cola,
desde presentimiento a
rata viva,
desde la noche hasta sus
ojos de oro.

No hay unidad
como él,
no tienen
la luna ni la flor
tal contextura:
es una sola cosa
como el sol o el topacio,
y la elástica línea en su
contorno
firme y sutil es como
la línea de la proa de una
nave.
Sus ojos amarillos
dejaron una sola
ranura
para echar las monedas
de la noche.

Oh pequeño
emperador sin orbe,
conquistador sin patria,
mínimo tigre de salón,
nupcial
sultán del cielo
de las tejas eróticas,
el viento del amor
en la intemperie
reclamas
cuando pasas
y posas
cuatro pies delicados
en el suelo,
oliendo,
desconfiando
de todo lo terrestre,
porque todo
es inmundo
para el inmaculado pie del
gato.

Oh fiera independiente
de la casa, arrogante
vestigio de la noche,
perezoso, gimnástico
y ajeno,
profundísimo gato,
policía secreta
de las habitaciones,
insignia
de un
desaparecido terciopelo,
seguramente no hay
enigma
en tu manera,
tal vez no eres misterio,
todo el mundo te sabe y
perteneces
al habitante menos
misterioso,
tal vez todos lo creen,
todos se creen dueños,
propietarios, tíos
de gatos, compañeros,
colegas,
discípulos o amigos
de su gato.

Yo no.
Yo no suscribo.
Yo no conozco al gato.
Todo lo sé, la vida y su
archipiélago,
el mar y la ciudad
incalculable,
la botánica,
el gineceo con sus
extravíos,
el por y el menos de la
matemática,
los embudos volcánicos
del mundo,
la cáscara irreal del
cocodrilo,
la bondad ignorada del
bombero,
el atavismo azul del
sacerdote,
pero no puedo descifrar un
gato.
Mi razón resbaló en su
indiferencia,
sus ojos tienen números
de oro.

[ PINCHAR LA IMAGEN PARA AMPLIAR ]

ILUSTRACIÓN BETSY AMPARÁN


Pablo Neruda dans Navegaciones y regresos. Buenos Aires, Éditoriale Losada, 1959.

jeudi 29 janvier 2009

CARTA ABIERTA A PABLO NERUDA

La Habana, 25 de julio de 1966
Año de la Solidaridad
Compañero Pablo: 
Creemos deber nuestro darte a conocer la inquietud que ha causado en Cuba el uso que nuestros enemigos han hecho de recientes actividades tuyas. Insistiremos también en determinados aspectos de la política norteamericana que debemos combatir, para lo cual necesitamos contar con tu colaboración de gran poeta y revolucionario.

No se nos ocurriría censurar mecánicamente tu participación en el Congreso del Pen Club, del que podían derivarse conclusiones positivas; ni siquiera tu visita a los Estados Unidos, porque también de esa visita podían derivarse resultados positivos para muestras causas. Pero ¿ha sido así? Antes de responder, convendría interrogarse sobre las razones que pueden haber movido a los Estados Unidos, tras veinte años de rechazo, a concederte visa. Algunos afirman que ello se debe a que se ha iniciado el fin de la llamada «Guerra fría». Sin embargo, ¿en qué otro momento de estos años, desde la guerra de Corea, un país socialista ha estado recibiendo la agresión física sistemática que padece hoy Viet Nam? Los últimos golpes de Estado organizados con participación norteamericana en Indonesia. Ghana, Nigeria, Brasil, Argentina, ¿son la prueba de que hemos entrado en un período de armoniosa convivencia en el planeta? Nadie con decoro puede sostener este criterio. Si a pesar de esa situación los Estados Unidos otorgan ahora visas a determinados izquierdistas, ello tiene, pues, otras explicaciones: en unos casos, porque tales izquierdistas han dejado de serlo, y se han convertido, por el contrario, en diligentes colaboradores de la política norteamericana; en otros, en que sí se trata de hombres de izquierda (como es el caso tuyo, y el de algunos participantes más del congreso), porque los Estados Unidos esperan obtener beneficios de su presencia: por ejemplo, hacer creer, con ella. que la tensión ha aflojado; hacer olvidar los crímenes que perpetran en los tres continentes subdesarrollados (y los que están planeando cometer, como en Cuba) ; y sobre todo, neutralizar la oposición creciente a su política entre estudiantes e intelectuales no sólo latinoamericanos, sino de su propio país. Jean Paul Sartre rechazó, hace algún tiempo, una invitación a visitar los Estados Unidos, para impedir ser utilizado, y dar además una forma concreta a su repudio a la agresión norteamericana a Viet Nam. Aunque sabemos de tus declaraciones políticamente justas y de otras actividades positivas tuyas, existen razones para creer, Pablo, que eso es lo que ha querido hacerse, y se ha hecho, con tu reciente visita a Estados Unidos: utilizarla en favor de su política.

En ese órgano de propaganda imperialista que es Life en Español (título que es toda una definición: un verdadero programa), su colaborador Carlos Fuentes, cuya firma nos ha sorprendido allí, reseña el congreso a que asististe, bajo el título: «EL PEN: entierro de la guerra fría en literatura» (Agosto 1, 1966). Una de las figuras más destacadas de ese supuesto entierro, se dice, eres tú. De paso, nos enteramos también, gracias a ese artículo, de que la mesa redonda del grupo latinoamericano fue presidida por Emir Rodríguez Monegal, a quien Fuentes llama impertérrito «U Thant de la literatura hispanoamericana» y a quien con igual chatura metafórica, pero con más precisión, cabría llamar «Quisling de la literatura hispanoamericana». Como sabes, a Rodríguez Monegal le ha encomendado dirigir su nueva revista en español (después de fallecido Cuadernos) el Congreso por la libertad de la cultura, organismo financiado por la CIA, según informó el propio New York Times (edición internacional, 28 de abril de 1966).

Es inaceptable que entonemos loas a una supuesta coexistencia pacífica y hablemos del fin de la guerra fría en cualquier campo, en el mismo momento en que tropas norteamericanas, que acaban de agredir al Congo y a Santo Domingo, atacan salvajemente a Viet Nam y se preparan para hacerlo de nuevo en Cuba (directamente a través de sus cipayos latinoamericanos). Para nosotros, los latinoamericanos; para nosotros, los hombres del tercer mundo, el camino hacia la verdadera coexistencia y la verdadera liquidación de la guerra (fría y caliente), pasa por las luchas de liberación nacional, pasa por las guerrillas, no por la imposible conciliación. Como la condición primera para coexistir es existir, la única coexistencia pacífica en la que podemos creer es la integral, de que habló en El Cairo el presidente Dorticós: la que garantizara no sólo que no cayeran bombas en New York y Moscú, sino tampoco en Hanoi ni en La Habana; la que permitiera la absoluta liberación de todos nuestros pueblos, los más pobres y numerosos de la tierra. «Aspiramos», como ha dicho Fidel, «a un mundo donde la igualdad de derechos prevalezca lo mismo para los grandes que para los pequeños». No somos demócratas cristianos, no somos reformistas, no somos avestruces. Somos revolucionarios. Creemos, con la Segunda Declaración de La Habana, que «el deber de un revolucionario es hacer la revolución», y que cumpliendo ese deber, y sólo así, nos será dable existir -y coexistir-, dar fin a todas las guerras.

No hasta con denunciar verbalmente las agresiones más obvias: no basta con deplorar, por ejemplo, la criminal guerra de Viet Nam: ésta es sólo una forma, particularmente horrible, de la política yanqui. Otros pasos, previos, la han hecho posible. Hay que negarse también a respaldar esos pasos; y llegado el caso, apoyar a quienes, frente a la violencia opresora, desencadenan la violencia revolucionaria.

La prueba de que los imperialistas norteamericanos entienden que tu viaje les ha sido ampliamente favorable, es el júbilo manifestado en torno a la visita por voceros norteamericanos como Life en Español y La Voz de los Estados Unidos de América. Si ellos sospecharan que tú habías servido con tu visita a la causa de los pueblos, ¿se hubieran regocijado igualmente? Por eso nos preocupa que hayan podido utilizarla de este modo. Que algunos calculadores se presten a ese papel, mediante prebendas directas o indirectas, es entristecedor, pero nada más. Pero que tú, grande de veras en la profunda y original tarea literaria, y grande en la postura política; que un hombre insospechable de cortejar tales prebendas, pueda ser utilizado para esos fines, lo creemos más que entristecedor: lo creemos grave, y consideramos nuestro deber de compañeros el señalártelo.

Pero si tu visita a los Estados Unidos fue utilizada en ese sentido, aunque cabría haber obtenido con ella otros resultados, ¿qué interpretación positiva puede dársele a tu aceptación de una condecoración impuesta por el gobierno peruano, y tu cordial almuerzo con el presidente Belaúnde?

¿Qué habrías pensado tú, Pablo, del escritor de nuestra América, de la figura política de nuestra América, que se hubiera prestado a que Gabriel González Videla lo condecorara, y que departiera cordialmente con él, mientras tú estabas en el exilio? ¿Hubieras creído que ello fortalecía los nexos entre Chile y el país de ese escritor? ¿Le hubieras concedido a Gabriel González Videla el honor de representar a Chile, mientras tú, por ser auténtico representante de tu pueblo, estabas desterrado? Por eso no te costará trabajo imaginar lo qué en estos momentos piensan y sienten no sólo los desterrados, sino los guerrilleros que, en las montañas del Perú, luchan valientemente por la liberación de su país; los numerosos presos políticos que, por pensar como aquéllos, yacen en cárceles peruanas -algunos, como Héctor Béjar, muriendo lentamente; los que viven bajo la amenaza de la pena de muerte impuesta en su tierra a 1os que auxilien a los nuevos libertadores; los seguidores de Javier Heraud, Luis de la Puente, Guillermo Lobatón, cuya sangre se ha sumado a la de los mártires que tú cantaste en grandiosos poemas. ¿Aceptarán ellos que el gobierno de Belaúnde, al imponerte la medalla (a sugerencia de la organización que sea), ha podido hacerlo a nombre del Perú? No son esos gobernantes, con quienes almorzaste amigablemente, sino ellos, quienes ostentan la verdadera representación de Perú. Así como a Chile la representan los mineros asesinados, Recabarren, el Neruda que en el destierro nos dio el admirable Canto General, los grandes líderes populares de ese gran pueblo tuyo y no González Videla y Frei. Este último ha sido escogido por los yanquis como cabeza del reformismo (hasta le dejan mantener relaciones con la URSS), del mismo modo que los gorilas del Brasil, y últimamente de Argentina son cabeza del militarismo: pero unos y otros, con distintos métodos, tienen un mismo fin: frenar o aplastar la lucha de liberación. No son Perú y Chile quienes fortalecen sus vínculos gracias a esos actos tuyos, sino Belaúnde y Frei: el imperialismo yanqui.

Porque es evidente, Pablo, que quienes se benefician con estas últimas actividades tuyas, no son los revolucionarios latinoamericanos; ni tampoco los negros norteamericanos, por ejemplo: sino quienes propugnan la más singular coexistencia, a espaldas de las masas de desposeídos, a espaldas de los luchadores. Es una coexistencia que se reserva para la pequeña burguesía reformista, los que quieren marxismo sin revolución, y los intelectuales y escritores latinoamericanos, negados hasta ahora, humillados, desconocidos y estafados. Los imperialistas han ideado una nueva manera de comprar esa materia prima de nuestro continente que es el intelectual. Transportada espléndidamente a los Estados Unidos, es devuelta a nuestros pueblos en forma de «intelectual-que-cree-en-la-revolución hecha-con-la-buena-voluntad y-el-estímulo-del-State Departrnent». La situación real de su país no ha cambiado: lo que ha cambiado es la ubicación del intelectual en la sociedad, o más bien su ubicación con respecto a la metrópoli.

Existe en América Latina un estado de violencia permanente que se manifiesta en constantes gorilazos, el más reciente de los cuales es el de Argentina, represión en Guatemala y Perú, carnicería sistemática en Colombia, masacre de manifestaciones obreras en Chile, «suicidios» de dirigentes guerrilleros en Venezuela, intervención armada en Santo Domingo, constante estado de amenaza a Cuba.

El intelectual latinoamericano regresa a su tierra y declara engolando la voz: «Ha comenzado la etapa de la coexistencia» ... i No! Lo que ha comenzado es la etapa de la violencia, social y literaria, entre los pueblos y el imperio.

El pueblo sigue hambriento, asfixiado, aspirando a una igualdad social, a una educación, a un bienestar material y a una dignidad que no le dará ninguna declaración en Life. Se puede ir a Nueva York, desde luego, a Washington si es necesario, pero a luchar, a plantear las cosas en nuestros propios términos, porque ésta es nuestra hora y no podemos de ninguna manera renunciar a ella; no hablamos en nombre de un país ni de un círculo literario, hablamos en nombre de todos los pueblos de nuestra América, de todos los pueblos hambreados y humillados del mundo, en nombre de las dos terceras partes de la humanidad. La «nueya izquierda» la «coexistencia literaria» -términos que inventan ahora los imperialistas y reformistas para sus propios intereses, como antes inventaron el de guerra fría para sus campañas de guerra no declarada contra las fuerzas del progreso- son nuevos instrumentos de dominación de nuestros pueblos.

De la misma manera que la Alianza para el Progreso no es más que el intento de neutralizar la revolución latinoamericana, la «nueva política cultural» de Estados Unidos hacia América Latina no es mas que una forma de neutralizar a nuestros estudiantes, profesionales, escritores y artistas en nuestras luchas de liberación. Robert Kennedy lo admitió claramente en su discurso televisado el 12 de mayo pasado: «Se aproxima una revolución (en América Latina)... 

Se trata de una revolución que vendrá, querámoslo o no. Podemos afectar su carácter, pero no podemos alterar su condición de inevitable». ¿Qué lugar van a tomar nuestros estudiantes, profesionales, escritores y artistas en esa revolución cuya inevitabilidad subraya incluso el propio Kennedy? ¿El lugar de freno, de retaguardia acobardada y sumisa? ¿Está eso en la línea de Martí y Mariátegui, Mella y Ponce, Vallejo y Neruda? Kennedy propone, como primer «contraveneno» a esa revolución, a la revolución real y revolucionaria -y citamos textualmente-: «El intercambio de intelectuales y estudiantes entre los Estados Unidos y América Latina».

Es un evidente programa de castración, que ha comenzado ya a realizarse. Pero ese «veneno» nuestro, esa violencia, es una violencia sagrada: tiene una justificación de siglos, la reclaman millones de muertos, de condenados y de desesperados, la amparan la furia y la esperanza de tres continentes; han sabido encarnarla entre nosotros Tupac Amaru y Toussaint Louverture, Bolívar y San Martín, O'Higgins y Sucre, Juárez y Maceo, Zapata y Sandino, Fidel Castro y Che Guevara, Camilo Torres y Fabricio Ojeda, Turcios y los numerosos guerrilleros esparcidos por América cuyos nombres aún no conocemos.

Queremos la revolución total: la que dé el poder al pueblo; la que modifique la estructura económica de nuestros países; la que los haga políticamente soberanos, la que signifique instrucción, alimento y justicia para todos; la que restaure nuestro orgullo de indios, negros y mestizos; la que se exprese en una cultura antiacadémica y perpétuamente inquieta: para realizar esa revolución total, contamos con nuestros mejores hombres de pensamiento y creación, desde México en el norte hasta Chile y Argentina en el sur. 

Después de la Revolución cubana, los Estados Unidos comprenden que no se enfrentan a un continente de «latinos» ni de infrahombres: que se enfrentan a un continente que reclama su lugar con violencia y para ahora, como sus propios negros, los negros norteamericanos. Después de la Revolución cubana, los Estados Unidos, de la misma manera que «descubrieron» que a nuestro continente le hacía falta la reforma agraria, «descubrieron» también que teníamos una literatura de verdad. El último paso a ese descubrimiento lo han dado al proponer comprar (o al menos, neutralizar) a nuestros intelectuales, para que nuestros pueblos se queden, una vez más, sin voz. Y ya eso no se trata de servirse de personajes desacreditados, como Arciniegas y compañía. Quemaron a los liberales-conservadores, a los reaccionarios, a los agentes de la primera hornada. Ahora tienen que hablar en términos de «izquierda» con hombres de «izquierda», porque si no fuera así no serían escuchados más que por los peores círculos reaccionarios. Están a la búsqueda de quienes, pretendiendo hablar a nombre nuestro, presenten la revolución y la violencia como cosa de mal gusto. Y encuentran, pagando su precio, a esos sensatos, a esos colaboracionistas, a esos traidores.

Nuestra misión, Pablo, no puede ser, de ninguna manera, prestarnos a hacerles el juego, sino desenmascararlos y atacarlos.Tenemos que declarar en todo el continente un estado de alerta: alerta contra la nueva penetración imperialista en el campo de la cultura, contra los planes


Algunos de nosotros compartimos contigo los años hermosos y ásperos de España, otros, aprendimos en tus páginas cómo la mejor poesía puede servir a las mejores causas. Todos admiramos tu obra grande, orgullo de nuestra América. Necesitamos saberte inequívocamente a nuestro lado en esta larga batalla que no concluirá sino con la liberación definitiva, con lo que nuestro Che Guevara llamó «la victoria siempre». Fraternalmente;


Alejo Carpentier, Nicolás Guillén, Juan Marinello Félix Pita Rodríguez, Roberto Fernández Retamar, Lisandro Otero, Edmundo Desnoes, Ambrosio Fornet, José Antonio Portuondo, Alfredo Guevara, Onelio Jorge Cardoso, José Lezama Lima, Virgilio Piñera, Samuel Feijoo, Pablo Armando Fernández, Heberto Padilla, Fayad Jamis, Jaime Sarusky, José Soler Puig, Dora Alonso, Regino Pedroso, José Zacarías Tallet, Angel Augier, Carlos Felipe, Abelardo Estorino, José Triana, Mirta Aguirre, Miguel Barnet, Jesús Díaz, Nicolás Dorr, César Leante, Antón Arrufat, Graziella Pogolotti, Rine Leal, José R. Brene, José Rodríguez Feo, Humberto Arenal, Salvador Bueno, Roberto Branly, Luis Suardíaz, César López, Raúl Aparicio, Euclides Vázquez Candela, Luis Marré, Ezequiel Vieta, Rafael Suárez Solís, Loló de la Torriente, Gumersindo Martínez Amengual, Aldo Menéndez, David Fernández, Manuel Díaz Martínez, Armando Álvarez Bravo, Renée Méndez Capote, Jesús Abascal, Gustavo Eguren, Víctor Agostini, Jesús Orta (Naborí), Francisco de Oraá, Noel Navarro, Oscar Hurtado, José Lorenzo Fuentes, Reynaldo González, Joaquín Santana, José Manuel Otero, Rafael Alcides Pérez, Alcides Iznaga, Mariano Rodríguez Herrera.Martha Rojas, José Manuel Valdés Rodríguez, Ernesto García Alzola, Manuel Moreno Fraginals, Nancy Morejón, Santiago Alvarez, Fausto Canel, Roberto Fandiño, Miguel Fleitas, Jorge Fraga, Manuel Octavio Gómez, Sara Gómez, Sergio Giral, Julio García Espinosa, Tomás Gutiérrez Alea, Nicolás Guillén Landrián, Manuel Herrera, José Antonio Jorge, Luis López, José Massip, Eduardo Manet, Raúl Molina, Manuel Pérez, Rogelio París, Enrique Pineda Barnet, Rosina Pérez, Alberto Roldán, Alejandro Saderman, Humberto Solás, Miguel Torres, Harry Tanner, Oscar Valdés, Héctor Veitía, Pastor Vega, Santiago Villafuerte.Juan Blanco, Gilberto Valdés, Manuel Duchesne, Edgardo Martín, Leo Brower, Nilo Rodríguez, Carlos Fariñas, Pablo Ruiz Castellanos, José Ardévol, Harold Gramatges, Ivette Hernández, César Pérez Sentenat, Zenaida Manfugás, Félix Guerrero, Pura Ortiz, Isaac Nicola, Jesús Ortega, Fabio Landa, Arturo Bonachea.Mariano Rodríguez, Tomás Oliva, Antonia Eiriz, Raúl Martínez, Carmelo González, Servando Cabrera Moreno, Sandú Darié, Lesbia Vent Dumois, Eduardo Abela Alonso, Umberto Peña, Salvador Corratgé, José Rosabal, Antonio Díaz Peláez, Rostgaard, Morante, Guerrero, Carruana, Félix Beltrán, Chago, Enrique Moret, Luis Alonso, Adigio Benítez, Orlando Yanes, Frémez, Marta Arjona, José Luis Posada, Nuez.*
en: Casa de las Américas. La Habana, Empresa Consolidada de artes gráficas, número 38, septiembre-octubre, 1966, pp. 131-135.
* Esta carta abierta, suscrita por un grupo de intelectuales se publicó el domingo 31 de julio de 1966 en el periódico Granma, órgano oficial del Comité Central del Partido Comunista de Cuba. De inmediato recibió adhesiones de numerosos escritores y artistas de Cuba. Se publican las dadas a conocer hasta el 4 de agosto.